
Quel avenir pour le Christianisme ? Et quel avenir pour la religion ?1 - La désaffection vis-à-vis du christianisme, ce n’est pas la faute à Voltaire, c’est la faute aux clercs !
2 - Le Christianisme est-il vraiment inconciliable avec la religiosité naturelle ?Alain HOUZIAUX
1 - Diable, Dieu perdrait-il l’une de ses places fortes ?
2 - Décider en fonction de l’intérêt de l’enfant à naître
3 - L’apprenti sorcier et le vrai dictateur
4 - Le miracle et le diableAlain HOUZIAUX
LE
RETOUR DU RELIGIEUX :
UN MEA
CULPA ET UNE QUESTION
Alain
HOUZIAUX
Quel avenir pour le Christianisme ? Et quel avenir pour la religion ?Il faut le dire tout de suite, ce sont là deux questions différentes. Il peut très bien y avoir un avenir pour la religion sans qu’il y en ait un pour le christianisme.
Il n’y a pas si longtemps, on parlait de la mort du Christianisme, des Eglises chrétiennes et Dieu lui-même.Mais maintenant, on parle du “retour du religieux” ! Ces deux thèses sont-elles incompatibles ? je ne le pense pas.Essayons de dire pourquoi.Mais d’abord, qu’est-ce que ce “religieux” que l’on dit être de retour ? Le “religieux”, c’est la “religion naturelle”, la religiosité, le “sentiment religieux”, et aussi la spiritualité.Ce n’est pas à proprement parler une confession de foi, c’est-à-dire un “credo” s’inscrivant dans des normes traditionnelles.C’est plutôt une quête et une pulsion vers le sacré, le surnaturel et le mystère.Cette religiosité s’exprime souvent sous forme de superstitions et de craintes, par un goût de fantastique, de l’irrationnel, du sacrifice et de l’exaltation.Mais elle s’exprime aussi par des recherches ésotériques, cabalistiques, astrologiques, initiatiques héritées de vieilles traditions païennes.C’est ce “religieux” qui s’exprime par le New Age, l’astrologie, l’ésotérisme et aussi par l’attirance que suscitent les religions orientales.Et c’est aussi lui qui s’exprime dans les mouvements charismatiques et aussi quelquefois dans les courants intégristes.
On dira que nous mettons “dans le même sac” des phénomènes très différents ! Certes, mais ils ont cependant tous en commun d’être des manifestations “post-modernes” c’est-à-dire revendiquant une forme d’irrationalité et contestant ce que l’on a appelé “la pensée des Lumières” déiste, tolérante et rationnelle.
1 - La désaffection vis-à-vis du christianisme, ce n’est pas la faute à Voltaire, c’est la faute aux clercs !Pourquoi le retour du “religieux” se manifeste-t-il en dehors des Eglises chrétiennes officielles ?A mon avis, parce que celles-ci ont cherché à exclure ce “religieux” et la religiosité naturelle.Certes, le Christianisme est une “religion”, mais il est une religion dans laquelle le “religieux” a été rééduqué et peut-être même “mâté” par des catéchismes et des rituels réglés pas les Eglises.Et ce “religieux”, parce qu’il a été contrecarré par les Eglises, s’exprime maintenant hors des Eglises.
On conçoit donc qu’il puisse y avoir une désaffection vis-à-vis du Christianisme officiel et corollairement un retour du religieux hors de ces Eglises.En effet, maintenant, lorsque l’on se sent animé d’aspirations religieuses, on ne va plus dans les Eglises traditionnelles, on achète des livres d’ésotérisme et on suit des séminaires avec les lamas tibétains.• Ce déni du “religieux” par les Eglises officielles existe depuis fort longtemps. Déjà, il y a près de trente siècles, le Judaïsme biblique s’est employé à canaliser et à “mater” la religion naturelle de ses fidèles.En effet, dès ses origines, le Judaïsme a interdit l’astrologie, la sorcellerie et la divination.Il a récusé les manifestations plus ou moins extatiques du paganisme.Certes, il est vrai que les fêtes juives et les sacrifices ordonnés par le Judaïsme ont constitué l’héritage des fêtes et des sacrifices païens, mais le Judaïsme les a repris en les dénaturant et en les purifiant. Pour le Judaïsme, les rites et l’obéissance à la Loi ont pris le relais de la magie.
Le Christianisme, tout au long de son histoire, a poursuivi ce travail d’éducation et de purification.En effet, à l’époque de l’apparition du Christianisme, le “religieux” avait repris du poil de la bête.Il y avait, au premier siècle de notre ère, beaucoup plus de magie, de démons et de craintes superstitieuses que dans le Judaïsme ancien.Mais le Christianisme a contenu ce “retour du religieux” par son dogmatisme théologique, par la force de ses institutions et de son magistère, et aussi par l’importance donnée aux sacrements qui, tout en satisfaisant la demande de magie, en constituait cependant une forme d’épurement.Ainsi, jusqu’au XXème siècle, le Christianisme a pu satisfaire les demandes de la “religion naturelle” des fidèles tout en les éduquant et en les épurant.Ce travail de “sortie de la religion” opéré par le Judaïsme et le Christianisme était, à mon avis, utile et souhaitable.Et il a réussi.• Mais, depuis le milieu du vingtième siècle, les Eglises institutionnelles ont peut-être un peu trop forcé la dose des antibiotiques et des anti-inflammatoires à l’encontre du “religieux”, et celui-ci, du coup, s’est lassé d’être contenu et rééduqué par les Eglises officielles. Et il s’est échappé, de manière explosive, hors des Eglises.
Depuis l’apparition du protestantisme libéral (au sein du protestantisme) et depuis Vatican II (au sein du catholicisme), les Eglises, bien plus que l’agnosticisme et l’athéisme, ont été les maîtres d’œuvre de la désacralisation du monde et de la dédivination de Dieu. Elles ont été les premières à pourfendre le sentiment religieux, c’est à dire les demandes de salut, les demandes de sacré, l’expérience de la culpabilité et la crainte d’un jugement divin. Aujourd’hui, le Christianisme des Eglises historiques est devenu le lieu du “désenchantement du monde” et de la sécularisation du “religieux”.En prêchant que “Dieu s’est fait homme”, le Christianisme a plus ou moins adopté, avec deux siècles de retard, l’esprit des Lumières, son rationnalisme et son demi-agnosticisme.
Et ce qui a été catastrophique, en termes d’étude de marché, c’est que le tournant du Christianisme vers ce que l’on peut appeler l’esprit de la “modernité” (qui est en fait l’héritage de la Renaissance, de la Réforme et des Lumières) s’est effectué au moment même où les mentalités, de leur côté, opéraient leur “sortie de l’ére des Lumières” pour rentrer dans la “post-modernité”. En effet, aujourd’hui, les scientifiques, les philosophes et bien d’autres retrouvent le goût de l’irrationnel, de l’imaginaire et du sacré.Dans la société civile, c’est le retour de Dionysios et du spiritisme, des médecines douces et de l’astrologie, du communautarisme et des sectes millénaristes. Et pendant ce temps, les Eglises, de leur côté, prêchent, devant des auditoires de plus en plus maigres, le refus de la foi du charbonnier, la chasse à tout ce qui pourrait rapprocher la foi d’une consolation ou d’un opium, la méfiance vis-à-vis des miracles et même vis-à-vis de l’efficacité pratique de la prière.
Ce qui explique aussi le fait que le retour du religieux se soit effectué hors des Eglises, c’est l’effondrement de la culture religieuse et théologique du peuple chrétien.Et du coup les fidèles des Eglises traditionnelles sont devenus, eux aussi, tout à fait perméables au fantastique et à l’irrationnel.
Ajoutons encore que, aujourd’hui, l’individualisme est devenu un fait de société fondamental.Et en conséquence, les démarches spirituelles et religieuses des uns et des autres s’effectuent maintenant individuellement et même solitairement, hors du cadre des Eglises constituées, et échappent donc à leur contrôle et à leur pouvoir de régulation.
Un point encore.Aujourd’hui, la vérité professée par le Christianisme n’est plus considérée comme la seule forme d’accès à Dieu.Elle est devenue une forme religieuse parmi les autres.Et ce qui faisait la force du Christianisme, à savoir le fait qu’il était une tradition quasiment immuable, est devenu, maintenant, un handicap.Le public préfère exprimer sa soif de spiritualité dans des formes religieuses moins connues et usées par le conformisme et l’habitude.• Que se passe-t-il maintenant ?
D’une part, le Christianisme officiel est devenu laïc, rationnel, démocratique, intelligent et tolérant. Hélas et Alléluia tout à la fois.Les chrétiens des Eglises officielles ne sont plus superstitieux, ils n’ont plus peur de l’enfer, ils n’ont plus une conception magique des sacrements. Beaucoup sont, en fait, de vagues déistes et des humanistes bon ton.Et d’autre part, le “religieux” s’exprime maintenant hors des Eglises traditionnelles, dans les courants charismatiques, les sectes, l’ésotérisme, l’intégrisme...
Certes, ce phénomène du “retour du religieux” et le fait qu’il se fasse en dehors des Eglises traditionnelles inquiète et surprend ces Eglises.Mais il faut reconnaître qu’elles ont bien cherché ce qui leur arrive !
Il est cependant exact que, depuis peu, les Eglises essaient, un peu tardivement, de réparer les pots cassés en tentant de faire une place à la “religion” et à la religiosité.Elles tentent de faire un travail de “récupération”.On joue de la guitare dans les offices, on pratique de nouveau des pèlerinages à la Vierge et les exorcistes de l’Eglise catholique sont de nouveau en fonction. Mais, bien souvent les clercs n’acceptent qu’à contrecœur de faire ce travail de réconciliation avec le “religieux”.En fait, ils écartent bien souvent les “nouveaux religieux”. Et les Eglises laissent à la société civile le soin d’endiguer l’astrologie, les sectes et les déviations religieuses. Le Christianisme officiel doit battre sa coulpe.Il a trop prêché que l’homme était adulte, libre et majeur.Il a trop insisté sur le fait que la foi n’était ni une thérapie ni une école de bonheur alors que le besoin d’être guéri a presque toujours été à l’origine des démarches et des conversions religieuses.Il a trop sécularisé et désacralisé son clergé alors que beaucoup ont besoin de l’exemple de saints, de prophètes et de maîtres spirituels.2 - Le Christianisme est-il vraiment inconciliable avec la religiosité naturelle ?Mais, une fois faite cette analyse sociologique, la question de fond, c’est quand même celle-ci : les nouvelles formes de la religion sont-elles vraiment incompatibles avec la prédication évangélique ? Faut-il vraiment accepter comme irrévocable le divorce entre le Christianisme et la religion populaire ?
Si l’on veut tenter de répondre à cette question, il faut se demander quel est l’objectif fondamental de cette prédication évangélique, c’est-à-dire, en fait, quelle est l’essence du Christianisme ? C’est ainsi que l’on pourra voir si le Christianisme est vraiment incompatible avec la religiosité d’aujourd’hui.A mon sens, le propre du Christianisme, c’est la prédication de la libération de tous les faux dieux, de tous les esclavages, de toutes les superstitions.Et certes, les nouvelles religiosités peuvent être souvent considérées comme des formes d’aliénation librement consenties.Mais cela ne peut qu’être un argument favorable à l’accueil des “nouveaux religieux” au sein de l’Eglise puisque la prédication chrétienne a justement pour objectif de prêcher la liberté à tous ceux qui sont les esclaves de leurs hantises et de leurs superstitions.
On peut aussi considérer que le propre du Christianisme, c’est la mise en exergue de notre dépendance (cf. le “sentiment de dépendance” 1 de Schleiermacher) vis-à-vis d’un Père de mystère et d’amour et du fait que nous sommes tous au bénéfice de sa grâce.S’il en est ainsi, le Christianisme, bien loin d’excommunier les “nouveaux religieux”, devrait les accueillir.En effet, les nouvelles religiosités expriment fort bien ce “sentiment de dépendance” et cet appel de la grâce, et ce de façon souvent bien plus convaincante que le Christianisme officiel où, à force d’insister sur la liberté adulte de l’homme, on a oublié que la foi était d’abord de l’ordre de l’esprit d’enfance.
Ainsi, si l’on s’en tient à cette rapide analyse de ce qui constitue l’essence du Christianisme et de la prédication chrétienne, on peut constater qu’il n’y a aucune raison de considérer qu’elle n’a rien à dire aux “nouveaux religieux” d’aujourd’hui et qu’il doit les rejeter.
• Mais, en fait, je ne pense pas que le divorce entre Christianisme et “nouvelle spiritualité” se pose d’abord en termes théologiques. Ce ne sont pas les convictions sous-jacentes au “retour du religieux” qui sont récusées par les Eglises officielles.Il me semble au contraire que nos Eglises pourraient s’accommoder assez facilement de toutes ces croyances fantasmatiques et ésotériques d’aujourd’hui.Les Eglises sont en effet très tolérantes et même laxistes pour ce qui est de la consistance du credo à confesser !
Le problème n’est pas dans le champ des doctrines.Il est plutôt au niveau des rituels.Les Eglises officielles sont sans doute quelquefois prêtes à introduire dans leurs offices des guitares et même des danses liturgiques, mais elles ne sont pas prêtes à renouveler le sacrement de l’eucharistie par des symboles New Age ni à introduire dans la liturgie de Pâques un rituel de communication avec les morts.• La véritable question est donc celle-ci : jusqu’où les Eglises peuvent-elles et doivent-elles aller, dans la transformation de leurs rituels, pour pouvoir accueillir en leur sein les “nouveaux religieux”, si tant est que ceux-ci aient le désir de réintégrer le giron ecclésial ?
Au premier siècle de notre ère, les Eglises chrétiennes, qui restaient fidèles aux rituels du Judaïsme (circoncision, règles alimentaires), ont, pour pouvoir accueillir des pagano-chrétiens, renoncé à exiger d’eux qu’ils se plient à ses rituels traditionnels.Elles ont accepté une forme de “paganisation” de leurs usages et de leurs règles liturgiques pour mieux accueillir et convertir les païens. Les Eglises d’aujourd’hui devraient-elles faire de même ? Devrions-nous accueillir les “nouveaux religieux” tels qui sont et même transformer nos usages et nos confessions de foi pour qu’ils leur conviennent ?C’est une question que l’on peut se poser.
• Mais il faut cependant être conscient des enjeux.
Nous sommes à la fin des “temps modernes”, c’est-à-dire à la fin de l’ère des Lumières, des droits de l’homme, de la laïcité, de l’universalisme et de la tolérance.Certes, les religions traditionnelles ne sont entrées dans les “temps modernes” que très récemment, avec deux siècles de retard, mais, maintenant, ce sont elles, plus peut-être que ce qu’il reste de la Libre Pensée, qui sont responsables de cet héritage.
Mais si les religions monothéistes sont peu à peu conquises par les intégristes, les charismatiques et les superstitieux, cela sonnera le glas non seulement de la prédication de l’Evangile libérateur et universaliste, mais aussi de cette vocation des Eglises d’aujourd’hui à défendre l’esprit des Lumières, de l’intelligence et d’une certaine forme de rationalité.Et cela handicapera aussi la vocation des Eglises à être un lieu de formation et d’éducation à la réflexion, au partage, à la conscience individuelle et à l’implication responsable dans la vie civique.Et, de plus, cela sonnera le glas d’une certaine conception de Dieu, celle d’un Dieu totalement transcendant, étranger aux superstitions, aux astres et aux “électrons pensants”, celle d’un Dieu qui est l’instaurateur et le garant du principe de l’égalité de tous les hommes devant la vie et la mort, devant le péché et la grâce, devant la justice et la liberté.
Alain HOUZIAUX

FABRIQUER
LA VIE, JUSQU’OÙ ?
Alain
HOUZIAUX
Demain, pourrons-nous fabriquer la vie ? Je vois trois manières d’aborder cette question et les problèmes qu’elle pose.1 - Diable, Dieu perdrait-il l’une de ses places fortes ?Premier registre pour étudier cette question : celui de la théologie.Si l’homme peut fabriquer et créer la vie, on peut penser que Dieu perd l’un de ses trois privilèges exclusifs : la création de la vie (les deux autres étant la création de l’univers et le don de la conscience à l’homme 2) et donc l’une des trois preuves de son existence.
En effet, on pourrait supposer que, si la vie reste une énigme pour les hommes, si ceux-ci ne peuvent parvenir à la “fabriquer”, c’est que seul Dieu a pu la créer.Et donc, dit-on, cela constitue une preuve de Dieu.En revanche, on pourrait supposer que, si l’homme, par sa science peut créer et fabriquer la vie, la science rend la foi caduque : Dieu perd sa raison d’être.
C’est pourquoi, depuis que la science progresse, les croyants ont battu en retraite par rapport à cette manière de justifier leur foi et de prouver Dieu par les énigmes de ce monde.
Ils ont peut-être raison.C’est vrai, que la science progresse ou non, qu’elle parvienne ou non à découvrir le secret de la vie, peu importe, car la foi ne rentre pas en concurrence avec la science. Mais ils ont aussi peut-être tort.Car, à mon sens, si l’homme parvient à fabriquer la vie, cela a une implication certaine sur ma foi.La foi, c’est une forme d’émerveillement.Et je peux m’émerveiller que la science puisse aussi parvenir à comprendre le mystère de la vie et aussi que l’homme, par ses techniques, puisse parvenir à fabriquer ce miracle. Ainsi la foi ajoute une qualité d’enchantement à la découverte scientifique et aux possibilités techniques que possède l’homme.
Je peux louer Dieu parce que la vie m’apparaît comme un mystère insondable.Mais je peux ausi louer Dieu de m’avoir donné l’aptitude de créer la vie.
Une procréation artificielle me paraît aussi miraculeuse qu’une procréation naturelle. Et même davantage.
Quand le prophète Elie redonne souffle au fils d’une vieille femme (I Rois 17, 17-24), il utilise le pouvoir que Dieu lui a donné.Il ne concurrence pas Dieu 3.Il rend grâce à Dieu pour le pouvoir de “fabriquer de la vie” que Dieu lui a donné.2 - Décider en fonction de l’intérêt de l’enfant à naîtreDeuxième registre pour étudier la question “demain, pourrons-nous fabriquer la vie ?” : celui de l’éthique ou de la morale.Il faut distinguer trois formes de techniques 4 qui peuvent ou pourraient (à plus ou moins long terme) s’appliquer aux plantes, aux animaux et aussi à l’homme.Chacune d’elles pose des problèmes éthiques différents.
• Les techniques de procréation artificielle (insémination artificielle, fécondation in vitro...). Dans ce cas, il n’y a pas d’intervention sur le patrimoine génétique. Il n’y a pas, à proprement parler, “fabrication” de la vie.Même le clonage qui s’effectue par division des cellules (ce qui permet d’obtenir plusieurs embryons ayant un patrimoine génétique identique) n’est pas à proprement parler une intervention dans le patrimoine génétique.Mais ces distinctions sont-elles absolument étanches ? La thérapie génétique, par exemple, est-ce une manière de guérir ou une manière d’améliorer ? C’est guérir les maladies avant qu’elles ne se soient déclarées.Et quel mal y a-t-il à cela ?• La sélection en vue de l’amélioration de l’espèce. La sélection consiste à utiliser le fait que l’évolution des espèces se fait naturellement de manière capricieuse. Et elle dirige artificiellement cette spontanéité. Dans ce cas, c’est la Nature qui donne et continue à donner la vie et les caractéristiques de l’espèce.Ce ne sont que les variations et les mutations naturelles qui sont sélectionnées 5. Là aussi, il n’y a pas à proprement parler “fabrication”, mais il y a eugénisme.
• La seule technique qui soit réellement de l’ordre du “génie génétique” 6, et que l’on puisse considérer comme une forme de “fabrication” de la vie, c’est la création programmée de nouvelles espèces vivantes, ou la transformation du patrimoine génétique d’un individu par intervention directe dans le plan de sa construction génétique.C’est ici que l’on peut parler de manipulation génétique.Ici il y a réorganisation de l’ADN (le “noyau “ de la cellule initiale de l’organisme qui contient l’information qui sera transmise à la descendance).
La thérapie génétique relève de cette troisième technique.Elle vise à enrayer un défaut génétique non seulement sur la personne concernée mais aussi sur tous les descendants 7. Certains contestent en soi le droit d’opérer cette chirurgie génétique.Mais la plupart l’acceptent si elle a un but thérapeutique (soigner un défaut) et si elle ne vise pas à l’amélioration de l’équipement génétique.Mais la limite entre l’eugénisme négatif (suppression d’un défaut) et l’eugénisme positif (amélioration de l’équipement génétique) est imprécise, tout autant que celle entre anormal et normal ou celle entre médicament thérapeutique et médicament de confort. Tout le problème est de définir quelles sont les améliorations non admissibles ! Même si cela peut surprendre, c’est le progrès qui est considéré comme une faute.
Autre problème corollaire : on pourrait toucher à la périphérie de l’homme, mais non pas à son “noyau”. Mais ceci aussi pose des problèmes. A partir de quand y a-t-il “homme” 8 ? Et qu’est-ce qui définit le “cœur” de l’homme et de son identité 9 ?• La distinction entre les trois techniques (procréation artificielle, sélection-amélioration de l’espèce, manipulation génétique) est importante. Dans le premier cas on transplante la vie (et on soigne une stérilité ou plutôt on remédie à ses effets), dans le deuxième on améliore la vie, dans le troisième on transforme la vie.
On peut aborder de plusieurs manières le problème moral que posent ces techniques.• Y a-t-il un devoir de respecter la Nature, c’est-à-dire l’ordre naturel ?On peut considérer que l’ordre de la Nature (les caractéristiques des espèces, leurs mutations et leurs hybridations) est voulu par Dieu, ou du moins voulu par la Nature elle-même, et qu’il a un caractère sacré.Et ce problème du respect de la Nature et du sacré se pose de manière encore plus aigüe quand on veut toucher à l’identité de l’homme.Ce qui me frappe à propos des “cas de conscience” que pose la bioéthique, c’est que l’on n’est pas cohérent.
Ce qui est curieux et un peu paradoxal, c’est que, au nom du respect de la nature et de la dignité de l’homme, on refuse ce que l’on pourrait appeler une amélioration de cette dignité.Au nom de cette dignité, on veut maintenir l’homme en dehors du champ du progrès.• Parallèlement au problème du respect de l’ordre de la Nature, se pose aussi celui du respect du Hasard.Dans le second Faust de Gœthe, le héros crée, grâce à l’alchimie, un petit homme artificiel et sur mesure, et il s’écrie : “Nous pouvons désormais nous rire du hasard”. Cette main mise sur le hasard, c’est le problème du clonage.En effet, le clonage ne consiste pas en une modification de l’ADN mais en une fixation des caractères acquis pour empêcher ainsi la loterie de la reproduction.
• Le troisième problème, c’est celui de la finalité de l’utilisation des nouvelles techniques médicales et en particulier des manipulations génétiques. Faut-il les refuser quand elles visent à une amélioration des capacités, de l’équilibre et du plaisir ? Mais dans ce cas ne faudrait-il pas refuser aussi tous les psychotropes et les médicaments de confort ? Et ne faudrait-il pas refuser aussi la chirurgie esthétique et le sport, bref tout ce qui nous “améliore” ?
• Le quatrième problème, c’est celui du droit à la liberté et au bonheur et des limites de ce droit. Jusqu’où a-t-on le droit de se créer une santé sur mesure, des états d’âme à la commande (grâce aux psychotropes) et des enfants sur mesure et à la carte ?
C’est vrai qu’il doit y avoir quelque part une limite, et ce parce que 10 l’on peut devenir esclave de sa liberté. Mais ces limites, où les fixer ? Et qui a le droit de les instaurer ?- Ainsi, par exemple, on se lance avec passion dans des querelles byzantines sur l’identité de l’embryon et sur les devoirs que l’on a à son égard, mais on néglige des millions d’enfants qui meurent d’abandon.La vérité, c’est que je ne comprends pas qu’il y ait besoin d’une éthique particulière pour des problèmes tels que la procréation artificielle, les greffes, et même l’utilisation du génie génétique pour l’homme.On a l’impression que les “bio-éthiciens” se délectent dans une sorte de nouvelle casuistique technico-éthique élaborée au coup par coup sous forme de prescriptions et d’interdits formulés sur les nouvelles modalités scientifiques possibles de la conception. Il me semble que, s’il faut légiférer, il vaudrait mieux le faire à partir de ce seul critère : la qualité de vie qui est prévisible pour l’enfant à naître.
- Ainsi encore, on refuse 11 (sauf cas très précis) la technique du diagnostic pré-implantatoire qui permet de sélectionner des embryons sains parce que l’on voit là une forme d’eugénisme 12. Mais, par ailleurs, on fonde le fonctionnement de notre société quasi exclusivement sur la sélection sociale et l’exclusion des sujets à risque.C’est pourquoi, à mon avis, la naissance des “bébés éprouvette” dans un milieu familial fiable ne pose pas plus de problème que l’adoption et même plutôt moins : ces enfants auront un père, une mère, des frères et des sœurs. Ils ne seront pas plus traumatisés que les enfants nés selon la procédure habituelle et naturelle 13.
En revanche, ce qui, à mon sens, pose un problème éthique, c’est le fait que des parents alcooliques, intoxiqués ou atteints de maladies héréditaires, impossibles ou difficiles à soigner, puissent, en connaissance de cause, engendrer des enfants que l’on sait malades d’avance 14.
Je situerai ma “morale” par trois remarques.- Au lieu de brandir la menace de catastrophes techniques, morales ou théologiques, il serait plus honnête de se réjouir des découvertes dans le domaine de la procréation et de la génétique et de penser aux souffrances qu’elles peuvent résorber.La morale, ce n’est pas seulement avertir, c’est aussi se réjouir et louer 15.Troisième registre pour étudier notre question : c’est celui du danger des manipulations génétiques.A partir de quand devient-on un apprenti sorcier ? A partir de quand donne-t-on prise à un vrai dictateur ?- S’il faut légiférer dans le domaine de la fécondation artificielle et de la génétique, ce n’est pas rapport aux méthodes qui président à la conception, mais c’est, je l’ai dit, par rapport au projet de vie qui est en puissance dans cette conception.Ce qui doit nous guider, dans nos choix et dans le choix des limites à ne pas franchir, ce n’est donc pas tant le respect de la “Nature” puisque celle-ci peut engendrer le mauvais comme le bon, ce n’est pas tant non plus le respect du “Hasard” puisqu’il peut imposer à une personne une vie insupportable pour elle et pour les autres, mais c’est le critère de la vie à venir et de ce qui la fera vivre 16.
Engendrer la vie de manière responsable et morale, c’est en faire une promesse 17.- Ce qui est inadmissible, c’est d’utiliser ces techniques pour fabriquer des enfants-victimes.Et c’est aussi de prendre le risque que certains progrès thérapeutiques puissent déclencher de nouvelles pathologies 18.
A mon sens, il faut craindre plus encore le vrai dictateur que l’apprenti sorcier.La raison de l’hostilité que suscitent les techniques médicales nouvelles, et en particulier l’eugénisme, c’est qu’on les associe au nazisme et au bolchevisme 19.Ce qui inquiète, dans ces techniques, ce n’est peut-être pas tant le fait qu’elles enfreignent les lois de la Nature et du Hasard, mais c’est bien plutôt le fait qu’elles puissent être mises au service de la volonté de puissance de l’homme 20.
• Mais, bien sûr, il se pose aussi un second problème : celui de l’apprenti sorcier.La technique (y compris la technique génétique) émancipe l’homme, mais elle s’émancipe aussi de l’homme.Les créations de l’homme lui échappent.Il n’en n’est plus maître.Revenons au registre théologique et biblique, et ce sera notre conclusion.
Pour le scientifique et pour le médecin qui se sentent devenir des apprentis sorciers, trois options sont possibles :Celle de Jacques Testard, qui a arrêté volontairement de faire de la recherche dans le domaine génétique.Comme le dit Hannah Arendt, lorsque l’on acquiert un pouvoir, on tend à le rendre illimité.Il faut donc renoncer au pouvoir.4 - Le miracle et le diableCelle de Pierre-André Taguieff 21 qui fait l’apologie de la suppression des interdits et des tabous quels qu’ils soient et qui considère que l’on peut et que l’on doit tout tenter pour offrir aux générations futures la possibilité d’avoir un patrimoine génétique non dégradé.
Et celle de Jean Bernard qui énonce que “le progrès est seul en mesure de corriger le progrès et de rectifier les défauts et les erreurs engendrés par le progrès”.
• Une question se pose : les lois de la nature sont-elles les lois de Dieu ? Ce qui est en cause dans les problèmes de la bioéthique, c’est le droit de l’homme à transgresser les règles de la nature et du hasard, c’est-à-dire, semble-t-il, les règles d’un monde créé par Dieu. Mais cette transgression ne devient un problème théologique que si l’on considère Dieu comme le Créateur des lois de la nature.Et ce n’est pas là la conviction de tous les théologiens. En effet il y a deux manières différentes de définir Dieu, et l’une des deux seulement en fait le Créateur des lois de la nature.Dieu peut être défini comme le Créateur du monde (auquel cas le monde, la nature et le hasard doivent être considérés comme naturellement bons). Mais Dieu peut aussi être défini comme le Rédempteur du monde (auquel cas le monde, la nature et le hasard ne peuvent pas être considérés comme naturellement bons puisque Dieu veut nous sauver en nous arrachant à l’empire de ce monde).
- Si Dieu est d’abord Créateur, les lois de la nature sont les lois de Dieu puisqu’elles sont créées par Dieu. Et en conséquence, il ne saurait être licite de les transgresser.Ainsi, dans cette optique, l’engendrement ne peut donc se faire que par la voie de la sexualité naturelle.• On peut aborder ce même problème par un autre biais : celui des miracles.Si Dieu fait des miracles, il le fait en contredisant les lois de la nature 22.C’est donc que celles-ci peuvent aller à l’encontre de sa volonté. Et la transgression de ces lois pourraient aller dans le sens du projet de Dieu 23. Ainsi, la procréation artificielle et les techniques de génie génétique pourraient être considérées comme des “miracles” de la science allant dans le sens du projet de Dieu.Cette manière de voir serait d’autant plus acceptable que les miracles, dans la Bible, vont souvent à l’encontre de la stérilité et des maladies, qu’ils sont presque systématiquement effectués par l’intermédiaire des hommes, qu’ils peuvent être effectués par l’intervention de techniques 24 et qu’ils apparaissent souvent en contradiction avec les lois religieuses et légales des autorités religieuses en place 25.- Si Dieu est d’abord le Rédempteur du monde, c’est que la nature et ces lois ne correspondent pas au projet de Dieu, puisque Dieu veut nous “délivrer du mal” et de ce monde.Et en conséquence, il serait licite et même salutaire d’aller à l’encontre des lois du monde, de la nature et du hasard, si c’est pour aller dans le sens du salut et de la libération qui nous sont promis par le Dieu Rédempteur.
• Mais il n’en reste pas moins que les miracles, dans la Bible, apparaissent souvent ambigus et qu’il est quelque fois difficile de distinguer les miracles de Dieu des miracles du Diable 26. Le propre du Diable, c’est de susciter la confusion entre le bien et le mal, entre le miracle et le sortilège.
(Extrait de 7 questions pour le 21ème siècle)
Conférences de l’Etoile Nov. Décembre 2000,
54 av. de la grande Armée 75017 Paris1 Schleiermacher, Discours sur la religion, Aubier-Montaigne, 1944
2 Dans le récit de Genèse 1, le verbe “barar”, qui caractérise de manière spécifique une création effectuée par Dieu seul, est employé pour la création du ciel et de la terre (Genèse 1,1), pour la création de la vie, (Genèse 1,21) et pour la création de l’homme (Genèse 1,27).
3 Cf. Ambroise Paré : “Je le pansais, Dieu le guérit”.
4 Cf. Hans Jonas, Technique, Morale et génie génétique, in Biologie et Morale, Revue Communio, Novembre-Décembre 1984.
5 Cette sélection, en ce qui concerne l’espèce humaine a été appelée l’”eugénique”.Elle consiste à améliorer l’espèce humaine en limitant le droit à la reproduction aux meilleurs sujets.Cette doctrine est non seulement dangereuse (cf. l’exemple de l’Allemagne nazie), mais elle est aussi éronnée car on constate que c’est souvent le métissage qui est fructueux.
6 “On entend par génie génétique une intervention ciblée dans le patrimoine génétique d’un être vivant par le biais d’un échange, d’un prélèvement ou de l’introduction d’un ou plusieurs gènes”. Commission Nationale Suisse Justice et Paix, Ethique chrétienne et médecine moderne, Labor et Fides 1999, page 37.
7 Ceci s’effectue et ce en supprimant le défaut génétique sur ses ovules non fécondés ou sur ses spermatozoïdes ou encore sur l’ovule fécondé.Ainsi on supprime le défaut par une intervention relevant du “génie génétique” soit sur l’ovule fécondé in vitro, soit sur les testicules produisant les spermatozoïdes.
8 C’est tout le problème de l’embryon, mais aussi celui de l’utilisation des cadavres.
9 C’est le problème des greffes.
10 Et je n’oublie pas que la désobéissance d’Adam et Eve a été justement de vouloir se nourrir du fruit de l’Arbre de la Connaissance, ce qui devait leur donner la possibilité d’être “comme des dieux”.Ainsi, la désobéissance, c’est de vouloir méconnaître les limites.
11 Loi du 29 juillet 1994.Le Diagnostic pré-implantatoire (D.P.I.) est réservé aujourd’hui aux maladies génétiques “d’une particulière gravité” et “reconnues comme incurables” : La mucoviscidose, certains myopathies et certaines formes de retard mental.Cf. Le Monde du 5 octobre 2000 à propos du D.P.I. effectué aux Etats-Unis (et qui ne l’aurait pas été en France) ayant permis de sélectionner un embryon pour “créer” un enfant apte à soigner sa sœur leucémique.
12 Cf. Le Monde du 5 octobre 2000.
13 Et si les bébés éprouvette devenus grands ont des questions sur leurs origines, ce sont eux qui inventeront la réponse et non pas les bio-éthiciens.Cf. O.Abel, Contre la bioéthique, Autres Temps, Eté 1987.
14 Je sais que ce propos suscitera des réactions.Nous trouvons normal que l’on interdise à une personne “en état d’ivresse” de conduire parce qu’elle risque d’attenter à la vie d’autrui.Mais par contre le droit d’engendrer “en état de maladie transmissible” et quels que soient les risques pour l’enfant à naître, n’est jamais remis en cause.Et ce parce qu’il relève d’un droit que l’on dit “naturel”, celui d’engendrer.Mais à côté de ce droit, il y a aussi le droit de l’enfant à naître.L’enfant à naître a “droit” à une vie normale.
Et ce que l’on peut constater, c’est que, dans certains cas, on accepte que ce “droit de l’enfant” prime sur celui des parents, et que, dans d’autres cas, on est beaucoup plus réservé.Ainsi, par exemple ce “droit de l’enfant” (qui doit primer sur celui des parents) est reconnu dans les procédures de divorce où la garde est décidée “dans l’intérêt de l’enfant”, et ce au détriment du droit du père ou de la mère à exercer sa paternité ou sa maternité. De même, c’est aussi, semble-t-il, ce droit de l’enfant que l’on prend en considération lorsque l’on refuse à un couple d’homosexuels d’avoir des enfants (l’enfant de ce couple serait, dit-on, handicapé par rapport à un enfant ayant deux parents de sexe différent).
Pourquoi donc accepte-t-on de mettre en avant le droit de l’enfant, c’est-à-dire l’intérêt de l’enfant, dans certains cas et pas dans tous les cas ?Je soupçonne que l’on n’avance l’intérêt de l’enfant (et en particulier de l’enfant à naître) que lorsque cela nous arrange.Mais, en fait, ce que l’on défend et continue à défendre, c’est le droit naturel.On a tendance à toujours accepter les conceptions “naturelles” quel que soit leur risque.Et on a tendance à toujours refuser les conceptions hors norme mêmesi elles ne présentent que peu de risques.
15 André Dumas, Morale et Procréation, Autres Temps, Eté 1987
16 Deutéronome 30 : “J’ai placé devant toi et la vie et la mort, et ce qui est en bénédiction et ce qui est en malédiction. Choisis la vie afin que tu vives toi et ta postérité”.
17 Cf. Actes 2,39 : “La promesse est pour vous et pour vos enfants”.
Dans la Bible, la loi n’est pas au service de la Nature, mais au service de l’accomplissement d’une promesse et d’une espérance.Et c’est pourquoi elle s’exprime au futur en disant, par exemple, dans le Décalogue, “tu ne tueras pas”, et on pourrait ajouter “tu n’engendreras pas une vie qui sera une malédiction pour celui qui la vivra”.
Cf. également chez Luther (Traité de la liberté chrétienne) : la distinction entre les préceptes et les promesses recoupe celle entre Loi et Evangile.
18 Un peu comme dans l’affaire du sang contaminé.
19 C’est ailleurs à propos du procès de Nuremberg que fut édicté le Code dit de Nuremberg qui comporte dix règles visant à protéger l’individu en tant qu’objet d’expérimentation.
20 Modification des gènes humains à des fins de domination, fabrication artificielle de “sous-humains”, fabrication de souches de bactéries hautement pathogènes...
21 Retour sur l’eugénisme, Esprit, Mars-avril 1994.
22 Bien que M. X ait été déclaré inguérissable, il est guéri à Lourdes ; bien que Sarah, la femme d’Abraham soit stérile, elle donne naissance à un enfant.
23 Dieu souhaite la guérison de tous ; le fait d’enfanter un enfant bien portant est une bénédiction.
24 Jean 9,6 ; Marc 8,23
25 Cf. Jésus guérissant le jour du Sabbat.
26 Les miracles sont aussi considérés comme des tentations (Exode 17,1-7, Matthieu 12,38-40), ils peuvent être réclamés par le diable (Matthieu 4,1-11) et imputés au diable (Marc 3,22).
Biologiste, Jacques Testart est directeur de recherches à l'INSERM et président de la Commission française de développement durable. Lire de Jacques Testard: Une carte "biseautée", la carte génétique humaine, Des grenouilles et des hommes, conversations avec Jean Rostand, Seuil, 2000 et Au bazar du vivant - biologie, médecine et bioéthique sous la coupe du libéralisme.