
les articles
L’An
2000, un non-événement, Vincent SCHMID
(“Le Protestant”
Nov. 99)
SECRET DE FAMILLE, J.P. Sauzède
A L’AUBE DU 3° MILLENAIRE, CROIRE, John H. SPONG
Enquête sur CROIRE au DIABLE ? Jamais de la vie !, Yves Bernard
PRELUDE A L'ANNEE BACH, UN PHENOMENE DE DYNASTIE, Édith WEBER, Professeur émérite d'Histoire de la Musique à l'Université de Paris-Sorbonne
LE REFUGE HUGUENOT, Michelle Magdelaine
INVITATIONS
AMICALES THEATRE DE LA MARELLE
LE ROI, LE
SAGE et LE BOUFFON
A
l’aube de l’an 2000, Yves Bonnet
Au
fond de mon silence Sœur Myriam
Là
où l’esprit est sans crainte R. Tagore
le dossier
Le libéralisme en politiqueLibéralisme théologique et libéralisme économique, Philippe Vassaux
Le libéralisme en religion
Le libéralisme en religion conduit-il au libéralisme en politique?
Non!
Douze propositionLe retour de Jésus (ce qu'en dit le Nouveau Testament), François Vouga
Quel est le rôle de l'État dans une économie libérale?
Quelle est la place de la responsabilité personnelle?
La place de l'éthique dans le libéralisme économique
Le dernier mot
La parousie
La venue du Fils de l'homme dans l'évangile de Marc
la parousie et le jugement dernier
La parousie du Christ et la résurrection des morts
La vie éternelle dans les demeures du Pèe: la promesse de l'évangile de Jean
EDITORIAL
LE JUBILÉ DE L’AN 2000 ET LA BIBLE
L’An 2000, un non-événementTextes bibliques
Quand les captifs israélites libérés par l’Edit de Cyrus (538 av. J-C) revinrent de Babylone sur la terre de leurs ancêtres, ils publièrent une série de lois qui imaginent une société idéale. Cette vision prophétique fut présentée comme inspirée par Moïse, le grand Libérateur et législateur.Nous trouvons ces visions dans le livre du Lévitique (manuel des prêtres et lévites).
“Tu compteras 7 semaines d’années (cad. 7 fois 7 ans)… tu feras retentir le shophar (cor fait d’une corne de bélier)… vous déclarerez sainte cette année, … vous proclamerez la liberté aux esclaves” (Lév. 25/8-54)
Ce Jubilé sera marqué par 3 libérations : repos total de la terre (ni semailles, ni récoltes. Notre vie dépend de la fidélité de Dieu), récupération du patrimoine familial (Dieu seul est propriétaire), libération des esclaves (comme lors de la “sortie d’Egypte”). Les aléas de l’histoire sont ainsi corrigés.* Difficultés d’application
Comment ajouter à “l’année sabbatique” (49ème) “l’année du Jubilé” (50ème) sans récoltes ?Comment après un demi-siècle de modifications familiales, de constructions domestiques et de mises en valeur des champs, rendre terres et maisons à quel propriétaire ? Pourquoi seuls les esclaves juifs (les autres restent esclaves) ? Acte raciste dans une période de reconquête politique et de repliement religieux et ethnique ? En tous cas, souci identitaire intransigeant (1). Ces règles du Jubilé ne furent jamais appliquées.* Jésus et l’année de Grâce.
Dans la synagogue de Nazareth, Jésus lit le texte d’Esaïe 61/1-2. “L’esprit du Seigneur m’a choisi pour apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé pour proclamer la délivrance aux prisonniers… pour annoncer l’année où se manifestera la faveur du Seigneur” (Luc 4, Marc 1, Mat. 13). C’est aussi la réponse qu’il fait aux envoyés de Jean-Baptiste. Un temps tout neuf s’ouvre avec lui. Continu.
Le Jubilé introduit par Jésus donne sens à toute l’existence des chrétiens et à toute leur histoire, qui sont devenues “jubilaires” en chaque journée, chaque semaine, chaque mois. Le dimanche célèbre cette nouveauté.* Paul et la libération
“Quand le moment fut arrivé, Dieu envoya son fils : il naquit d’une femme et fut soumis à la Loi juive, afin de délivrer ceux qui sont soumis à la Loi, pour que nous puissions devenir fils de Dieu” (Galates 4/4). L’apôtre affirme dans ses écrits la liberté que donne Dieu : “Il n’y a plus ni esclave ni libre, ni homme ni femme, ni juif ni non-juif” (Gal. 3/28). L’Evangile crée une nouvelle société. Les Eglises doivent être des familles selon l’Esprit de Jésus. Sa famille.* Jubilé aujourd’hui
Avec l’an 2000, des voix revendiquent le Jubilé. Lors de l’assemblée mondiale à Harare (Zimbabwé, déc. 98) le conseil œcuménique des Eglises marquait les 50 ans de son existence et de ses activités : un jubilé.
Une campagne pour la remise de la dette aux pays les plus pauvres de la planète est lancée par de nombreuses associations et Eglises, associant situation économique et démarche religieuse.
L’Eglise Catholique fête ce Jubilé par une célébration qui durera du 24 décembre 1999 jusqu’au 6 janvier 2001(2). Selon le Manuel publié récemment, des indulgences spéciales sont dispensées(3). La nuit de Noël, le Pape ouvre “la porte Sainte” et organise à la Basilique St Pierre et partout dans le monde, des manifestations grandioses.* Symbolique du Jubilé et nous(4)
Les textes cités font retentir la proclamation : Dieu est le seul Seigneur sur toutes choses et sur tous les êtres. Comme lors du sabbat hebdomadaire, le croyant se libère des contraintes quotidiennes par des célébrations et des actes, par des fêtes. Dans cette prédication prophétique, la Grâce de Dieu se manifeste par d’incessantes “mises-à-plat”, des recommencements, des créations, des guérisons, des pardons.
Nous trouvons dans le Cantique de Marie cette jubilation : “Il a accompli des œuvres puissantes. Il a mis en déroute les hommes au cœur orgueilleux. Il a renversé les rois de leur trône. Et il a donné une place élevée à d’humbles personnes. Il a accordé des biens en abondance à ceux qui avaient faim. Il a renvoyé les riches les mains vides” (Luc 1/51-53).
C’est ainsi que nous fêterons l’“An 2000” et le nouveau millénaire. Nous nous souvenons que le calendrier grégorien ne concerne qu’une minorité d’habitants de la Terre. Et que Denys-le-Petit s’est trompé dans ses calculs de la date de Jésus.
Jubilons d’un nouvel espace de temps donné, d’une nouvelle création et de l’Evangile, une Nouvelle qui ne cesse de se renouveler, et de nous renouveler. Toutes les occasions sont bonnes !
Christian Mazel(1) Ce sont sur ces textes rédigés par “l’école sacerdotale” lors du retour en terre d’Israël (Jérusalem) que s’appuient les fondamentalistes juifs et chrétiens. Ils prennent ces textes comme ordre de Dieu et leur donnent une valeur intemporelle et permanente.
(2) Pendant 13 siècles il n’y a pas eu de Jubilés. Le Pape Boniface VIII institue en 1300 le premier Jubilé en régime chrétien. Ces années appelées aussi bien “saintes” devaient être célébrées tous les 100 ans. Mais en 1343, Clément VI réduisait ce délai à 50 ans. Puis en 1389 Urbain VI réduit à 33 ans. Enfin en 1470 Paul II fixait le rythme à 25 ans, respecté jusqu’à aujourd’hui.
(3) Cf Le Manuel des Indulgences (Vatican) dans “Evangile et Liberté” novembre 99 (n° 127) page 7.
(4) Le mot “Jubilé” (de l’hébreu yobel = sonnerie de cor) s’emploie aussi pour “un anniversaire important à l’occasion d’une entrée en fonction, d’un mariage, du début d’un règne, de la création d’un club”. Le verbe (du latin jubilare) signifie “se réjouir vivement de quelque chose” (Robert).
SECRET DE FAMILLEIndéniablement, la date de l’an 2000 exerce une fascination sur les esprits. Elle sert de prétexte à un étonnant marketing eschatologique, alimenté avec assiduité par les médias qui trouvent là une occasion de vendre des images et du papier.
Les pessimistes, faisant écho à la surabondante et récente production hollywoodienne de films dit “catastrophe” (Armageddon, Deep Impact, Virus, Le Pic de Dante, etc.), nous prédisent d’effrayantes perspectives : accidents nucléaires, trou dans la couche d’ozone, effet de serre, collision avec une météorite, surpopulation, épidémies inconnues, conflits armés entre le Nord et Sud, sans parler du fameux bug informatique. Devançant la date fatidique de quelques mois, on a même entendu un couturier célèbre braver le ridicule en annonçant la destruction de Paris par la chute de la station Mir, quitte à bredouiller des explications confuses devant les caméras, l’accident ne s’étant heureusement pas produit.Les optimistes, au contraire, parlent du grand tournant. Selon eux l’an 2000 marquera la transition entre l’ère zodiacale des Poissons et l’ère du Verseau. Ils prévoient un épanouissement de la conscience collective menant à l’établissement d’une paix durable entre les peuples. Nous serions au seuil d’une ère nouvelle, qui devrait connaître une conflagration de l’esprit marquant la fin des religions constituées…
Le piquant de l’affaire est que ces diverses spéculations reposent sur des calculs entièrement arbitraires.
Rappelons d’abord que la barre de l’an 2000 ne revêt en principe de signification que pour les chrétiens. Les juifs, les musulmans et les bouddhistes - ce qui fait beaucoup de monde - suivent chacun des calendriers différents.
Ensuite il y a le vieux débat dû à la chronologie établie par le moine Denys le Petit, qui ignorait l’usage du zéro : le nouveau siècle commence-t-il en 00 ou en 01 ?
Enfin et surtout nous sommes dans l’absolue incertitude concernant la date exacte de la naissance de Jésus !
Ce sont finalement les peurs et les obsessions d’une époque troublée qui s’expriment à cette occasion. Ce qui frappe est la coexistence de l'hyperdéveloppement technologique et de l’irrationnel. le progrès n’empêche pas - et même alimente - la faiblesse psychique et son exploitation à grande échelle. Ce sera sans nul doute l’un des principaux défis du prochain siècle : comment prévenir les manipulations mentales, d’autant plus dangereuses que les moyens sont puissants?
Peut-être verra-t-on les Eglises amenées à revisiter l’esprit des Lumières, si injustement décrié aujourd’hui. Telle est la force de la raison, alliée de la foi. Elle nous dit : en l’an 2000, il ne passera rien de spécial. Le monde continuera, c’est tout.
Vincent SCHMID
(“Le Protestant” Nov. 99)
A L’AUBE DU 3° MILLENAIRE, CROIRELe décès de leur mère était maintenant achevé. Après bien des hésitations, par pudeur, ou parce qu’ils savaient, sans se le dire, qu’ils trouveraient quelque chose d’embarrassant, les enfants ont rangé les affaires, nettoyé les placards, vidé le grenier. C’est là qu’ils l’ont trouvée. Posée négligemment entre le vieux mannequin démantibulé et des portes d’armoire vermoulues. Elle gisait, triste valise empoussiérée, avec cette épitaphe : “A ne pas lire. Documents confidentiels et personnels”. Paradoxalement, cela les descendants devaient le lire !Que vont faire les enfants de cette valise ? Soit ils la jettent et respectent le désir du défunt. Mais toute leur vie, ils peuvent se poser la question “qu’avaient-ils donc à nous cacher ?” Alors ils continuent à entretenir le secret.
Soit ils l’ouvrent et lisent au risque de découvrir l’inattendu. Mais la santé de la famille peut être à ce prix.Secrets de famille ! Le secret souvent est nommé, mais il doit être oublié. dans des familles, on se rappelle, par exemple qu’il ne faut pas souhaiter un anniversaire parce qu’il y a une date à ne pas découvrir.On parle de cet acte commis par le petit cousin dont personne ne parle, mais dont chacun sait et dit qu’il ne faut pas en parler. On se rappelle des clés de la malle qui sont dans le tiroir mais que personne ne doit toucher. Un secret de famille c’est : “Je sais que je ne dois pas savoir”.
Le secret de famille n’est pas un non-dit, ça n’est pas qu’une information oubliée. C’est une information cachée parce que sa charge émotionnelle est tellement forte qu’elle pourrait déstabiliser l’équilibre familial.Mieux vaut taire que nuire.
Au lieu de se perdre, le secret de famille se répand. Son silence qui est nommé ou connu lui sert de haut-parleur. Moins il se dit ouvertement et plus il se propage. Plus je sais qu’il ne faut pas dire et plus le secret se charge d’émotion, de mystère, d’insécurité, plus il se répand au sein du groupe familial. Il peut se créer alors une mémoire inconsciente, avec des syndromes de répétition, des “c’est comme son grand-père” ou “dans la famille c’est toujours comme ça”. Comme s’il y avait là une sorte de nécessité mais dont la logique échappe à toute la famille.
J’en finis par accepter, à regrets parfois, que l’annonce de l’amour de Dieu, de la grâce ou du pardon ne sont que vent et vanité lorsqu’ils ne sont pas assortis de l’effort de nommer ce qui est caché, d’oser ouvrir les valises de nos greniers familiaux, et du courage de la parole vécue dans la relation à l’autre.
J.P. Sauzède
Enquête sur CROIRE au DIABLE ?Nous avons publié dans le n° 128 (décembre 1999) un compte-rendu de la brochure du pasteur Gilles Castelnau sur l’évêque anglican américain John Helby Spong. On peut s’y reporter (page12).
L’évêque Spong a été appelé à enseigner à partir de février 2000 à la prestigieuse Université d’Harvard.
Nous présentons ici les fameuses 12 thèses de l’évêque.
Pour comprendre la première thèse, il faut savoir qu’on nomme “théiste” la conception de Dieu qui en fait un être tout-puissant, omniscient, résidant au Ciel (ou en quelque lieu extérieur à la terre). Théisme ne désigne donc pas l’affirmation qu’il y a un Dieu, mais une certaine manière de se le représenter.NDLR1. La conception théiste de Dieu est périmée. Le langage théologique qu’elle induit perd aujourd’hui tout sens. Il faut élaborer une nouvelle façon de parler de Dieu.
2. La compréhension de la personne de Jésus comme incarnation de la divinité théiste doit être également abandonnée.La christologie traditionnelle n’est plus crédible.
3. Le récit biblique d’une création parfaite et achevée, d’où l’humanité est déchue dans le péché, est un mythe pré-darwinien et un non-sens post-darwinien.
4. Interpréter le dogme de la naissance virginale du Christ comme une vérité biologique, rend incompréhensible l’affirmation de sa divinité.
5. Dans notre mentalité post-newtonienne, on ne peut plus interpréter les miracles du Nouveau Testament comme des événements surnaturels accomplis par une divinité incarnée.
6. L’interprétation sacrificielle de la croix expiant les péchés du monde est une idée barbare et primitive provenant d’une compréhension de Dieu qui doit être abandonnée.
7. La Résurrection est un acte de Dieu faisant passer Jésus dans le monde céleste. Il ne s’agit pas d’une réanimation physique prenant place dans le monde humain.
8. Le récit de l’Ascension, qui suppose un univers à trois niveaux, ne peut pas être transposé dans les concepts spatiaux de l’ère post-copernicienne.
9. Il n’existe aucun principe éthique objectif, extérieur à nous, révélé par Dieu et formulé dans une écriture ou sur des tablettes de pierre et qui devrait régler à jamais notre conduite morale.
10. La prière ne peut pas être une série de requêtes adressées à une divinité céleste, pour lui demander d’intervenir de l’extérieur dans notre histoire humaine.
11. La résurrection ne doit pas être une récompense ou entraîner une punition. l’Eglise ne doit plus chercher à culpabiliser les fidèles.
12. Tous les humains sont à l’image de Dieu, et chacun doit être respecté pour ce qu’il est. C’est pourquoi aucune discrimination n’est admissible selon des critères de race ou d’orientation sexuelle.
John H. SPONG
PRELUDE A L'ANNEE BACHPar contre, je crois que l’être humain, dès ses origines, apparaît comme un être divisé au plus profond de lui-même. Il est donc fragile et susceptible de dérapages divers, dont les effets peuvent nuire aussi bien à son propre bien-être qu’à celui des autres.A cette particularité la bible ne donne aucune explication. Elle prend acte de la situation, sans plus. En gen. 2, elle nous décrit “l’Adam” entre deux arbres, en situation de tentation.Mais elle nous assure de mille façons, que par amour Dieu nous accepte tels que nous sommes, bien que ce caractère complique singulièrement ses rapports avec nous et contrarie son projet pour nous. Par ailleurs, il n’échappe pas à Dieu qu’une telle situation a son côté positif. Elle fait de l’être humain un être libre et responsable, qui, généralement, apprécie cet état. Ainsi, Dieu a-t-il un vis-à-vis authentique en même temps qu’un partenaire, certes inconstant et imprévisible, mais un partenaire quand même.
Pourquoi inventerions-nous un diviseur, extérieur à l’être humain, alors que c’est dans sa nature même d’osciller entre bien et mal. Quel besoin d’un anti-Dieu ? Tout au plus cette création peut nous servir d’excuse et nous permettre de fuir nos responsabilités.
Je sais, dans le texte biblique il est parlé de serpent, mais ce n’est qu’une image du désir rampant, qui est en nous, de nous affranchir de toute dépendance à l’égard de Dieu. Il est vrai que la bible parle de satan ou de diable et Jésus, lui-même, fait usage de ces termes.Mais il n’est pas interdit de poser ici plusieurs questions :
- A quel langage religieux de la nuit des temps nous renvoient-ils ?
- Quant à Jésus, il a parlé le langage de son temps. Pourquoi ne l’aurait-il pas fait ?
- Si nous avions dans ces mots le nom ou les noms de notre désir existentiel d’indépendance, sans intention toutefois de personnalisation. Pourquoi pas ?Yves BernardENQUÊTE SUR LE DIABLE
Rituel de l’exorcisme romain (04)
Freud et le Diable, Michel Baron (cahier 05)
Croire au diable, Jean-Paul Sauzède (6)
Je ne crois pas au diable, Henri Persoz (07)
Croyez-vous au diable, Laurent Schlumberger (10)
Le diable, une façon de parler, Bernard Félix (12).
LE REFUGE HUGUENOTL'œuvre de Jean-Sébastien Bach (1685-1750) et de ses fils est généralement bien connue, même si elle avait subi une éclipse jusqu'à sa "relance" par Félix Mendelssohn Bartholdi aux alentours de 1830. En revanche, l'apport musical de ses ancêtres est moins familier au grand public. En fait, de nombreux musiciens, célèbres ou non, ayant le patronyme Bach, se rattachent à un phénomène de dynastie qui, de nos jours où la généalogie protestante représente une discipline de pointe, revêt un intérêt croissant.ÉTYMOLOGIE ET GENEALOGIE
Le patronyme Bach a connu plusieurs variantes : Bac, Bach/Pach, Bachen/Pachen, Baach, Baachen. L'expression «die sogenannten Baachen» est utilisée pour désigner les "musiciens" de la ville (Stadtpfeifer). C'est dire à quel point les Bach symbolisent la pratique musicale locale. En fait, le dénombrement des ancêtres et la filiation de la famille Bach sont d'une importance insoupçonnée : quatre vingt dix Bach-musiciens -dont le petit-fils de Jean-Sébastien, Wilhelm-Friedrich Ernst Bach (1759-1845)- ont été très actifs jusqu'au milieu du XIXe siècle (et moins par la suite). La dynastie s'éteint en 1968, avec un Bach musicien-amateur, employé à la Poste. Tous les Bach ont largement contribué d'une part, au développement des formes musicales vocales (cantates, motets, chorals), instrumentales (préludes de choral pour orgue, fugues, toccatas, variations...), d'autre part, à l'évolution de l'esthétique selon les fluctuations du goût et de la mode et, d'une manière générale, à l'histoire des sensibilités et des mentalités religieuses en leur temps.STATUT SOCIAL
Leur statut social est particulièrement diversifié : meunier, domestique, cuisinier, violoneux et jongleur, flûtiste, fifre, employé municipal, garde, veilleur (qui "sonnait" à chaque heure des chorals du haut des tours), musicien au service de princes, de villes, d'Églises, maître de chapelle, cantor, organiste et claveciniste, accompagnateur... ; d'autres ont été éditeur, marchand de musique, facteur d'instruments. Ils ont pratiqué de nombreux instruments à vent : trompettes, trombones... ; à cordes : violes, violons ; à claviers : orgue, clavecin, épinette, clavicorde, puis pianoforte.
Les membres de la dynastie ont pu considérer la musique comme "gagne pain", éventuellement à côté d'une autre activité ; comme vocation au service de l'Église calviniste et surtout luthérienne, comme une activité professionnelle (y compris l'enseignement) ou comme un passe-temps (tel le meunier qui, après son travail, jouait du cistre) ou encore pour les loisirs des Princes : musiques de table, de salon, de Cour, de circonstance (jubilés, mariages, obsèques, visites de sommités telles que l'Empereur), ou même à finalité politique, à la gloire de la Ville, du Conseil municipal, du Prince, du Roi. Certains ascendants ont vécu pendant la Réforme, la Contre-Réforme, la Guerre de Trente Ans (1618-1648), à l'époque dite baroque, à l'époque du Piétisme, de l'Orthodoxie, puis de l'Empfindsamkeit ou encore du Rationalisme, au Siècle des Lumières.
La dynastie comprend, entre autres, jusqu'à Johann Ambrosius (1645-1695), père de Jean-Sebastien Bach, un ancêtre inconnu qui a vécu à Wechmar, près de Gotha, à la fin du XVe et au début du XVIe siècle ; vers 1520, Hans Bach (mort après 1580), Veit (ou Vitus) Bach, boulanger de son état, qui a séjourné en Hongrie et est décédé avant 1578 ; Caspar Bach -sans doute fils de Hans-, qui a été fifre municipal à Wechmar est mort en 1619, sans descendance ; Johannes [ou Hans] Bach (1549/50-1626), fils de Veit, victime de la peste, était à la fois meunier et musicien, et jouait de la cithare après son travail. Christoph Bach, fils de Johannes (ou Hans), est né en 1613 ; il a été domestique et musicien à Wechmar, puis musicien de la Chapelle à Arnstadt ; il meurt en 1661. Son frère Heinrich Bach (1615-1692) sera actif dans ces deux mêmes villes. Johann Aegidius Bach a vécu Erfurt de 1645 à 1717, il y a exercé les activités de violiste, puis de directeur de la Ratsmusik et d'organiste. Enfin, l'année 1645 est celle de la naissance de jumeaux : Johann Christoph Bach (1645-1693), fils de Christoph Bach, a vécu à Erfurt et à Arnstadt, et son frère, Johann Ambrosius Bach (1645-1695), n'est autre que le père de Jean-Sébastien, qui exerça à Eisenach les métiers de violoniste, Stadtmusikant et de directeur de la Ratsmusik. La mère de Jean-Sébastien, Maria Magdalena Grabler eut huit enfants : Jean-Sébastien, né le 21 Mars 1685, étant le dernier.
Les Bach ne sont pas tous localisés en Thuringe et en Saxe, certains se sont déplacés à l'étranger : Italie, Angleterre, Suède... La "réception" des œuvres du Cantor de Leipzig, déjà démodées vers la fin de sa vie, a connu un nouvel essor au XIXe siècle, grâce à l'interprétation de la Passion selon Saint Matthieu dirigée à l'occasion du centenaire de la création de l'œuvre, en 1829, par Félix Mendelssohn Bartholdy, et, en 1843, son petit-fils, Wilhelm Friedrich Ernst Bach (1759-1845) a assisté -deux ans avant sa mort- à l'inauguration du monument Bach édifié à Leipzig par Mendelssohn. En l'an 2000, l'œuvre de Jean-Sébastien Bach, de ses ascendants et de ses descendants, sera très largement diffusée, non seulement dans les milieux luthériens, mais encore dans la communauté scientifique, hymnologique et artistique internationale.
Édith WEBER
Professeur émérite d'Histoire de la Musique
à l'Université de Paris-Sorbonne
INVITATIONS AMICALESMichelle MagdelaineL’historienne du XVIIe, siècle Michelle Magdelaine a effectué une longue recherche sur le Refuge Huguenot. Des résultats remarquables ont été obtenus grâce à l’outil informatique et une collaboration universitaire internationale. Cette base de données dont l’exploitation ne fait que commencer a permis de reconstituer les allées et venues de près de 25000 migrants protestants qui fuyaient les persécutions consécutives à la Révocation de l’Edit de Nantes (1685). En Suisse, de nombreuses traces de leur passage rappellent leur errance.Michelle Magdelaine est particulièrement connue pour ses travaux sur la communauté réformée de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin), située en plein territoire luthérien.Or ses recherches l’ont conduite à Francfort où, en consultant un catalogue d’archives, l’historienne est tombée sur le répertoire de tous les “pauvres huguenots réfugiés” à qui l’on donnait assistance. Cette découverte l’a incitée à pousser son enquête et à dépouiller plusieurs années d’Assistance aux Huguenots du Royaume de France et des Vallées (du Piémont, à l’époque sous domination française). Ainsi va-t-elle dénombrer environ 46000 passages en dix ans, concernant 20 à 25000 Huguenots provenant de la France entière.
Grâce à la collaboration de collègues historiens d’autres pays, Michelle Magdelaine organise alors une équipe internationale de recherches. En Suisse, en Allemagne, en Angleterre, en Hollande et en France, des étudiants et des chercheurs vont tenter de suivre à la trace les pérégrinations des Huguenots errants. Le résultat de ces travaux a produit une base de données qui ne contient pas moins de 240000 fiches sur le Refuge Huguenot. La base de données défend un intérêt majeur : appréhender un mouvement migratoire aussi important que celui de la diaspora huguenote qui a concerné de nombreuses familles, entraînant parfois avec lui des villages entiers, et qui n’est pas sans lien avec les mouvements migratoires actuels. Le départ de ces populations causa parfois - on le sait de longue date - des désastres économiques en raison de l’implication des réformés dans le secteur économique et industriel de l’époque.
Un curé accueillant envoyé aux galères
De ces recherches, il ressort que pour certains - les officiers de l’armée qui savaient qu’en Hollande ou à Berlin ils trouveraient du travail, et les grands entrepreneurs qui avaient établi avant la Révocation de l’Edit de Nantes des relations d’affaires internationales - le voyage fut relativement simple. Les choses furent moins aisées pour les gens du commun, les plus nombreux. La base de données constituée a permis d’établir que les gens, pour échapper à la mise sous tutelle de leur identité spirituelle et de leur conscience, décidèrent de partir, au péril de leur vie puisque l’exil leur était interdit.Les recherches entreprises n’ont pas permis d’établir l’itinéraire suivi par ces fugitifs en France : le secret était bien gardé en raison des espions. En revanche, à partir de la frontière, les chercheurs ont pu retrouver leurs traces grâce à ces registres d’assistance aux Huguenots, ainsi qu’aux registres de mariages et de funérailles. De ces pérégrinations, l’historienne note un certain nombre d’analogies avec l’exode des juifs durant la Seconde Guerre mondiale, notamment le recours aux passeurs dont certains sont honnêtes, tel le curé de Boué qui fut envoyé aux galères pour avoir aidé les réfugiés. D’autres encaissèrent l’argent sans fournir la prestation promise, certains dénonçant même leurs clients.
Accueil temporaire en Suisse
L’historienne se déclare étonnée de constater le relativement petit nombre d’arrestations entre 1685 et le début du XVIIIe siècle : 255 seulement, ce qui s’explique par le fait que les forces de police étaient assez restreintes à l’époque. Des errances relevées, M.Magdelaine note que la plupart des fugitifs continuent d’espérer jusqu’en 1697 - soit douze ans après la Révocation - que le roi reviendra sur sa décision. C’est pourquoi les réfugiés ne se fixent pas. Mais il est vrai aussi que certains pays ne souhaitent pas les voir s’incruster. Ainsi en Suisse, les cantons protestants déclarent vouloir aider volontiers les réfugiés, mais seulement pendant un temps donné. Un passeport appelé “attestation” leur est remis, qu’ils devaient montrer pour avoir accès à la Cène. Cette mesure devait les empêcher de revenir, une fois partis. Mais les Huguenots désespérés trouvèrent des moyens de contourner cette obligation et les chercheurs ont découvert la trace des allées et venues de nombreuses familles autour de St-Gall, Winthertour, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, etc.L’Allemagne constituera également une terre de Refuge pour de nombreux Huguenots. Ce pays qui n’a pas retrouvé à cette époque le niveau de population qui était le sien avant la Guerre de Trente ans, se déclare ravi d’accueillir les fugitifs. Cependant, ces derniers auront de la peine à s’acclimater aux coutumes paysannes et sociales si différentes des leurs. Certains monteront jusqu’en Pologne, voire jusqu’à St-Petersbourg, espérant en vain s’y établir, et redescendront alors vers Francfort. Vers 1721, après la troisième vague d’émigration (la première se situe entre 1686 et 1698), on constate les premières fondations d’églises réformées d’origine française en Allemagne. Dans ces communautés, on parlait le français jusqu’à une date récente.
D’autres Huguenots gagnèrent la Hollande, pays qui a accueilli le plus de fugitifs protestans et d’où certains s’embarquèrent pour l’Afrique du Sud. Grâce à la base de données constituée, relève M.Magdelaine, les historiens ont pu répondre aux demandes généalogiques de bien des familles soucieuses de retrouver la trace de leurs aïeux qui préfèrèrent être chassés du Royaume de France plutôt que de rater leur entrée dans le Royaume de Dieu pour cause d’abjuration. Cet aspect n’est pas le moindre des intérêts d’une telle recherche, dont le fruit pourrait être la publication de thèses dans les années à venir.
SPP
DANS LE MONDE DES RELIGIONSCette troupe bien connue et très appréciée va donner une série de spectacles en France. Nous sommes invités à ce témoignage public remarquable : l’Evangile sur la place publique.
Nous conseillons de surveiller les annonces des lieux et dates du spectacle (150).Le roman
Suite à d’étranges rêves, le Roi d’un pays lointain, conseillé par son Sage et son Bouffon, décide de convoquer le premier Grand Tournoi de la Vérité. Les concurrents sont des athlètes de haut niveau ; leurs disciplines sont l’athéisme et les grandes religions du monde. A la recherche de la Beauté éternelle et de la Sagesse véritable ils mettront tout en œuvre pour se dépasser et communiquer le meilleur d’eux-mêmes. Mais que se passe-t-il quand un juif, un chrétien, un musulman, un hindou, un bouddhiste et un athée se rencontrent ? Qui sortira vainqueur de cette compétition ? Traduit en plusieurs langues, le livre est un succès de librairie.L’adaptation Jean Naguel a choisi de concentrer l’action sur les trois personnages principaux. Talonné par une urgence dramatique le Roi veut savoir quelle religion est la meilleure, laquelle lui apportera une réponse face à la mort. Il charge pour cela ses deux collaborateurs les plus proches, le Bouffon et le Sage, d’enquêter sur les différentes religions. Ils vont donc lui rapporter tout ce qu’ils ont découvert, images, objets, paroles… chacun à sa manière, avec sa propre conception du monde. La course contre la montre est engagée. Le Roi aura-t-il le temps de choisir ?
COMPAGNIE DE LA MARELLE, Ch. de la Chapelle 10, Vernand Bel-Air ch-1033 Cheseaux-sur-Lausanne, tél. 021 732 23 32, fax 021 731 19 67
A l’aube de l’an 2000ACCORD CATHOLIQUE ET LUTHERIEN
Réformation ou réconciliation ? En n’exigeant pas que la justification par la foi apparaisse comme le seul et unique critère du salut, mais seulement qu’il soit le plus important, la partie luthérienne a bel et bien rompu avec la position pure et dure du luthéranisme, faisant place aux convictions catholiques en matière de coopération du croyant à son salut. Pour l’Eglise catholique, le saut est peut-être encore plus significatif. En s’engageant ainsi, elle reconnaît implicitement que Luther avait raison sur l’essentiel. Et donc qu’elle a eu tort de le condamner.
(La Vie)ALLEMAGNE : VIOLENCE À L’EGARD DES FEMMES
L’Eglise protestante du Wurtemberg s’engage en faveur de la protection des femmes : en Allemagne, quatre millions d’entre elles sont maltraitées par leurs partenaires, ce qui équivaut à une femme sur sept, selon Elke Hammel, responsable de l’association protestante pour femmes à Schwäbisch Hall.TURQUIE : CHRETIENS ARRÊTES
Après avoir arrêté 40 protestants durant un culte à Izmir, c’est à Istanbul que, le 3 octobre dernier, la police est intervenue dans une paroisse protestante. Selon elle, tant que la communauté ne dispose pas d’une autorisation écrite du gouvernement, elle se réunit dans l’illégalité.INDONÉSIE : CONFLITS ENTRE RELIGIONS
Aux ïles Moluques, où 2 millions d’habitants sont répartis sur un millier d’hectares de terre, les conflits entre chrétiens (40 %) et musulmans (60 %) se sont aggravés suite à la chute du niveau de vie due à la crise asiatique, mais aussi par le fait de provocateurs, notamment l’armée, qui a envenimé et exacerbé les tensions en réprimant de préférence les chrétiens.Argentine manifestation
Plus de 200.000 protestants ont participé en septembre à une manifestation à Buenos Aires pour exhorter le gouvernement à adopter une loi qui donnerait le même statut à toutes les confessions. A l’heure actuelle, l’Etat ne reconnaît ni les protestants (10 % de la population), ni les religions non chrétiennes. La manifestation a été marquée par la lecture publique d’un document réclamant l’adoption d’une nouvelle loi sur les entités religieuses.LA CONVENTION DES BAPTISTES DU SUD (USA) ET LES CHRETIENS DE L’INDE.
- Affirmant que 900 millions d’habitants du monde sont “ plongés dans les ténèbres de l’Hindouisme ”, la Convention Baptiste du Sud des Etats-Unis a décidé, peu avant la célébration d’une des fêtes les plus sacrées de l’Inde, d’appeler ses membres à prier pour la conversion des hindous au christianisme.
La Convention demande en effet à ses membres de prier pour que les Hindous adoptent “ le vrai chemin ” et se convertissent au christianisme. Action qu’elle estime justifiée par la Bible.
Forte de 15,8 millions de membres, la Convention Baptiste du Sud est la plus grande Eglise protestante des Etats-Unis. Selon la Convention, qui s’estime investie de la mission de parler de Jésus à tous, la Bible est infaillible et les gens ne peuvent aller au ciel que s’ils reconnaissent Jésus Christ comme le Fils unique de Dieu et comme leur Sauveur et Seigneur personnel.
Les chrétiens de l’Inde se déclarent choqués par les critiques de l’hindouisme parues dans un guide de prière publié par la Convention Baptiste du Sud aux Etats-Unis, qui demande à ses membres de prier pour la conversion des hindous.L’œcuménisme autrichien est montré en exemple
Les responsables des Eglises minoritaires d’Autriche se sont félicités de la nomination d’une religieuse catholique romaine à la tête du Conseil œcuménique des Eglises de ce pays.
A leurs yeux, les relations œcuméniques en Autriche pourraient servir de modèle pour les Eglises dans le monde. L’Eglise catholique romaine n’est pas membre de nombreux conseils nationaux d’Eglises ou d’organismes similaires dans le monde.
Mais en Autriche, l’Eglise catholique, à laquelle adhèrent 70 % des 7,8 millions d’Autrichiens, est devenue membre à part entière du Conseil œcuménique en 1994, après avoir eu le statut d’observateur pendant 24 ans.En Inde, les chrétiennes sont appelées à “ briser la culture du silence ”
Le plus grand rassemblement jamais tenu en Inde de femmes chrétiennes a réclamé l’ordination des femmes dans les 29 Eglises affiliées au Conseil National des Eglises de l’Inde (NCCI).
Cet appel a été formulé par les participantes à la rencontre – Ecumenical Women’s Millennium Celebration (Célébration des femmes œcuméniques pour le Milléraire) – organisée du 14 au 17 octobre à Secunderabad, ville de l’Inde du Sud. Plus de 2.000 femmes, cadres et employées, adhérant aux Eglises membres du Conseil – protestantes et orthodoxes – participaient à cet événement.Une théologienne de l’ex-Allemagne de l’Est à la tête du Kirchentag
Le kirchentag, l’un des plus grands mouvements protestants allemands, vient de nommer Friederike Woldt comme nouvelle secrétaire générale.
Fiederike Woldt, âgée de 44 ans, qui va prendre ses fonctions au début de l’an 2000, est membre de l’Eglise évangélique luthérienne de Saxe. Elle est aussi la première théologienne de l’Allemagne de l’Est à accéder à la tête d’une organisation protestante nationale depuis la réunification de l’Allemagne en 1990.
Elle succède à Margot Kässmann, qui a été élue évêque de l’Eglise évangélique luthérienne du Hanovre, et dont l’installation a eu lieu au début septembre.
Le Kirchentag, qui a lieu tous les deux ans dans une des grandes villes allemandes, est l’un des événements les plus importants du calendrier protestant allemand. Il rassemble, durant cinq jours de cultes, d’études bibliques et de débats, environ 100.000 personnes venues de toute l’Allemagne, entre autres des politiciens influents et des responsables d’Eglise. Le prochain Kirchentag aura lieu à Francfort en juin 2001.Karekin Nersesian est élu catholicos de tous les Arméniens
Agé de 48 ans, Karekin II est le 132e catholicos de tous les Arméniens du Saint-Siège d’Etchmiadzin. L’Arménie a été la première nation à adopter officiellement le christianisme, après la conversion, vers 301, du roi Tiridate par Grégoire l’Illuminateur. Le Catholicossat se trouve à Etchmiadzin, à 30 kilomètres de la capitale, Erevan.
L’élection du nouveau catholicos est un événement de grande importance pour les Arméniens, en Arménie et à l’étranger, et elle a été entourée d’une série de vives discussions et controverses sur l’ingérence du gouvernement dans le processus.
Mais l’élection a été éclipsée en dernière minute par le massacre qui a eu lieu dans l’enceinte du Parlement. Le nouveau catholicos était en train de prononcer son discours devant l’Assemblée ecclésiastique nationale au siège de l’Eglise à Etchmiadzin, le 27 octobre, lorsque la nouvelle est parvenue. Le même jour, dans l’après-midi, un commando avait fait irruption au siège du Parlement, à Erevan, et avait ouvert le feu, tuant le premier ministre, Vazgen Sarkisian, le président du Parlement, Karen Demirchian, et six autres personnes. Environ 40 parlementaires ont été pris en otages et n’ont été libérés que le jour suivant.
263 délégués sur les 452 représentant les 29 diocèses de l’Eglise apostolique arménienne ont voté pour Karekin. L’Eglise est de loin la plus grande d’Arménie – selon World Churches Handbook, plus de deux millions d’Arméniens sur les 3,5 millions que compte cette ancienne République soviétique, sont membres de l’Eglise. Des centaines de milliers d’Arméniens vivent à l’étranger, principalement dans les anciennes Républiques soviétiques, en Europe et en Amérique du Nord.
L’Eglise est l’une des plus anciennes du monde et l’élection du nouveau responsable s’effectue selon un processus unique, qui comprend la participation de laïcs. Pour cette élection, chaque diocèse a élu un délégué laïc pour environ 25.000 membres de l’Eglise. Seuls 47 membres de l’Assemblée étaient des évêques.
Au fond de mon silenceA l’aube de l’an 2000, notre imaginaire construit
un monde meilleur de justice et de paix.
Dans cet espoir, gardons au présent
le sentiment des réalités visibles et invisibles.
Retrouvons une espérance des valeurs
et le sens de la vie.
N’oublions pas de cultiver notre humour.Yves Bonnet
Là où l’esprit est sans crainte
Au fond de mon silence,
il y a ton nom, Seigneur, qui chante.Au cœur de ma faiblesse,
il y a ta résurrection
qui attend sa plénitude.Au fond de mes discordes,
il y a un souffle doux et léger
qui fait la paix.Dans les questions que pose ma vie,
ce n’est pas ta réponse,
c’est toi-même, infiniment là,
qui m’aide à répondre.Voilà mon Seigneur ce que je sais de toi
et pour aujourd’hui
c’est une large et grande suffisance
pour mon cœur de pauvre.
AmenSœur Myriam
Là où l’esprit est sans crainte et où la tête est haut portée ;
Là où la connaissance est libre ;
Là où le monde n’a pas été morcelé entre d’étroites parois mitoyennes ;
Là où les mots émanent des profondeurs de la sincérité ;
Là où l’effort infatigué tend les bras vers la perfection ;
Là où le clair courant de la raison ne s’est pas mortellement égaré dans l’aride et morne désert de la coutume ;
Là où l’esprit guidé par toi s’avance dans l’élargissement continu de la pensée et de l’action.
Dans ce paradis de liberté, mon Père, permets que ma patrie s’éveille.R. Tagore
Le libéralisme en politique
Le libéralisme en religion
Le libéralisme en religion conduit-il au libéralisme en politique?
Non!
La question à laquelle j’aimerais répondre est celle-ci :
Existe-t-il une logique commune au libéralisme politique et au libéralisme théologique ? Ce qui impliquerait donc qu’un bon “protestant libéral” devrait être aussi un défenseur du libéralisme en politique.Ces deux libéralismes nous libèrent-ils d’une même autorité pesante et sclérosante qui se nomme l’Etat ou l’Eglise pour la même raison que le centralisme tue les idées nouvelles et les entreprises nouvelles et donc aussi les progrès de la société et de la pensée.
Je ne voudrais pas juger le libéralisme en tant que tel, mais par rapport au christianisme libéral. Avant de proposer ma réponse, il me semble utile de revenir sur quelques définitions.J’emploierai ce mot pour signifier la doctrine politique qui prône le libéralisme économique.
Il est fondé sur la liberté individuelle, la liberté d’entreprendre, pourvu que l’ordre public ne soit pas menacé. Dans l’espace politico-économique libéral, chaque individu utilise cette liberté pour s’assurer le maximum de gains pour le minimum de peine.L’axiome du libéralisme consiste à dire qu’en raison d’un certain ordre de la nature, ces recherches individuelles du maximum de bénéfices conduisent à l’intérêt général. C’est la fameuse main invisible d’Adam Smith. Cet axiome a été contesté, notamment par Keyne entre les deux guerres. Keyne a montré la nécessité de l’intervention de l’Etat pour que les actions individuelles conduisent à l’intérêt général.
Aujourd'hui, l’axiome a repris de la vigueur et prend la forme suivante avec les ultra-libéraux : vous avez le droit de faire ce que vous voulez avec l’argent que vous avez gagné. Au-delà de la politique il s’agit d’une nouvelle théorie de la justice.
Quoi qu’il en soit, la société libérale se développe dans un espace social faiblement organisé, avec une intervention de l’Etat la plus faible possible. Le pouvoir est dévié vers les entreprises et surtout vers le marché. Et l’on voit bien aujourd’hui que ce sont les grandes entreprises qui dirigent le monde.
Ce n’est pas devant l’auditoire de Sète que je me risquerai à le définir ! Disons seulement qu’il repose aussi, et encore plus que le protestantisme ordinaire, sur la liberté individuelle, mais surtout la liberté de penser. Il insiste sur la réflexion personnelle, sur le fait que chacun doit se forger ses propres convictions, sa propre théologie, sans s’obliger à croire ce que les Eglises veulent faire croire.
Mais une autre caractéristique du libéralisme protestant est de privilégier l’amour du prochain par rapport à toute construction dogmatique.
Le libéralisme en religion conduit-il au libéralisme en politique ?Le libéralisme en religion conduit-il au libéralisme en politique
A la différence d’une certaine pensée luthérienne que l’on a appelée la doctrine des deux règnes, la tradition calviniste affirme volontiers que le domaine spirituel et le domaine temporel ne peuvent pas être dissociés car on ne peut servir Dieu sans rechercher l’utilité sociale pour ses semblables. Et je cite Calvin lui-même : “jamais un métier ne sera approuvé de Dieu s’il ne revient au profit de tous” (Sermon 31 sur les Ephésiens).C’est ainsi qu’après Max Weber on a souvent souligné la relation entre le protestantisme et la dynamique économique des pays. Et l’on a soupçonné le protestantisme d'être à l’origine de l’utilitarisme qui peut se définir ainsi: l’action la meilleure est celle qui procure le plus grand bien pour le plus grand nombre. Nous sommes bien loin des thèses libérales !.
Quoi qu’il en soit, si l’on admet la thèse suivant laquelle le protestantisme a favorisé le développement du capitalisme, doit-on aussi admettre la thèse suivant laquelle l’ultra-protestantisme c’est-à-dire le libéralisme en religion, doit favoriser l’ultra-capitalisme, c’est-à-dire le libéralisme politico-économique ?
Je répondrais volontiers que NON et ceci pour deux raisons principales :
1 - Dans l’organisation de la cité, la liberté d’entreprendre de l’un doit s’arrêter là où celle de l’autre est entravée, surtout s’il y a injustice. Laisser l’initiative au marché et à la recherche des plus grands bénéfices induit un type de société dans laquelle seuls les riches ou les détenteurs de capitaux peuvent user de cette liberté. Les autres subissent la liberté de cette minorité que l’Etat théoriquement ne veut pas contrôler.Et je rappelle une citation du manifeste pour un libéralisme théologique renouvelé, citation de Lamennais : “Quand il s’agit des humbles, c’est la loi qui libère et la liberté qui opprime”.
Alors que la liberté de penser ne gène ni n’opprime personne. Si je ne veux pas croire à la Trinité, cela n’empêche nullement ceux qui le veulent d’y croire.
Donc la liberté en politique opprime, elle doit être contrôlée par l’Etat. la liberté en religion n’opprime pas, elle ne doit pas être contrôlée par les églises. Je parle évidemment du domaine de la pensée.2 - Quand la recherche des plus grands gains envahit tout l’espace de la société, y compris l’espace social ; quand le pauvre, le faible, le défavorisé ne sont plus dans les préoccupations de l’organisation de la société, le pouvoir politique ne joue plus son rôle et le christianisme (même-pas libéral) n’a plus qu’à tirer la sonnette d’alarme.
Nous voyons tous les jours les dangers et les méfaits d’une société de plus en plus structurée autour de la recherche des plus grands bénéfices. Dans le domaine social, écologique, alimentaire, international. Les écarts entre riches et pauvres augmentent. La violence s’introduit partout. La fracture sociale ne vient pas que de la pauvreté. Elle vient aussi et surtout de l’écart qui se creuse entre riches et pauvres.
Mais, de plus, nous ne devons pas oublier que le protestantisme libéral a favorisé le développement du christianisme social, celui qui milite pour que l'organisation de la société protège le plus défavorisé.
En conclusion, je ne vois pas comment le christianisme libéral pourrait, en raison de la liberté de penser qu'il défend, soutenir une liberté d’entreprendre qui va jusqu'à la suppression progressive des protections sociales et qui n’a plus le souci de défendre la cause des plus déshérités de ce monde.
Henri Persoz
Journées Evangile et Liberté Sète 16-17 octobre. 99