
Écologie et respect de la vie, Jean-Paul Sorg
Le libéralisme
aujourd'hui
Journées
du protestantisme Libéral 2000:
Date et lieu : 20-22 octobre 2000 à Sète.
Thème : “Images et représentations de Jésus”
Éditorial : Saint-Esprit et StandardisationAprès avoir lu votre éditorial de mai 2000, je viens vous apporter mon soutien le plus ferme et ceci en mon nom personnel mais aussi en souvenir de mon mari, le Pr Georges Marchal qui, je le rappelle, a été président du Comité Evangile et Liberté de 1949 à 1979.
Evangile et Liberté n'a, à ma connaissance, jamais été inféodé à quelque institution que ce soit.
Evangile et Liberté a su garder sa totale liberté d’écriture, ce qui n'a pas été aisé à l'époque où la presse protestante faisait allégeance aux disciplines de K Barth. La plume des éditoriaux doit savoir garder sa distance à l'égard de la "pensée correcte", c'est-à-dire soumise à l'air du temps ecclésiastique. On peut, bien sûr, ne pas être d'accord. Quant à limiter la liberté de formulation par pressions interposées : non ! Nous souhaitons pouvoir lire des lignes similaires à celles qui sont parues en septembre 1999. L'honneur d'Evangile et Liberté est de ne pas céder aux tentatives de laminage Je suis résolument à vos côtés, avec toute mes amitiés.A. Marchal
Étude Biblique
Notre attachement à un christianisme d'ouverture, joint au constat de la fragilité de notre courant dans l'institution ecclésiastique, motivent notre initiative. Mais la crise aiguë traversée récemment par des Eglises jadis dédiées au courant libéral a apporté une clarification. Aujourd'hui, le devenir du protestantisme libéral dépend de nous. Notre mouvement est rappelé à sa nature : être au service de l'évangile, et non pas d'une institution.Trois éléments guident la réflexion de ceux qui travaillent à ce projet :
1. A priori, aucune des activités liées au libéralisme théologique ne saurait être exclue. Les libéraux ont toujours accordé une grande importance aux espaces de réflexion. Le lieu en proposera. La vie spirituelle a toujours été nourrie par des moments privilégiés. Toutes les tranches d'âge sont présentées dans toutes les écoles d'humanité. L'ouverture sur le monde et le partage d'une dimension communautaire ont été des phares pour notre action;
2. Le Comité directeur n'a pas pour vocation de délimiter a priori les modalités concrètes de ce qui se vivra dans ce lieu. Une communauté de pensée est faite de personnes humaines. Les initiatives et les projets dépendent d'elles. Il se peut que certaines activités très classiques se développent dans notre Centre culturel. Il se peut que d'autres semblent très innovantes. Il se peut encore que certains projets apparaissent, dont nous n'avons aujourd'hui aucune idée.
3. Nous sommes aujourd'hui dans une phase de construction. C'est pour nous l'occasion de vivre ce que signifie être une force instituante (et non pas une institution). Nous pouvons renouer avec l'enthousiasme des commencements. Ceux qui le souhaitent peuvent prendre place à nos côtés, en amenant eux-mêmes leurs projets et leurs rêves, leurs espoirs et leur combats. Notre perspective est celle de toute entreprise communautaire, visant à conduire l'humain, dans le partage, un peu au-delà de lui-même.
Pierre-Yves Ruff
Romains 12,1 : Je vous exhorte donc, frères, au nom de la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu : ce sera là votre culte raisonnable.Nous sommes, avec ce verset, à une charnière au milieu de l'épître. Avant, Paul traite des grands problèmes théologiques. Après, l'apôtre passe à des recommandations éthiques ; il y développe l'exigence de l'amour de l'autre, ami ou ennemi, la protection des plus petits et des plus faibles.
Et pour lier ces deux parties magistrales, les chrétiens de Rome sont exhortés à s'offrir en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu, car c'est là leur culte raisonnable.
Nous sommes aussi à la charnière entre deux cultures. L'ancienne, juive et grecque, et la nouvelle, chrétienne. Car pour être agréable à Dieu, il n'y a plus de bétail à sacrifier, mais c'est le chrétien tout entier qui doit devenir l'objet du sacrifice en offrant sa personne elle-même. Paul est ici assez rationnel : Qu'est ce que ça peut bien faire à Dieu qu'on lui offre du bétail ? C'est de l'engagement de tout le corps du chrétien dont il a besoin. Paul se rappelle peut-être le prophète Osée qui écrit : "Je prends plaisir à la miséricorde et non au sacrifice".
C'est ce qu'Albert Schweitzer avait bien compris en offrant toute sa vie pour les plus déshérités. Il écrivait "La conscience intense de mes privilèges me fit comprendre que nous n'avons pas le droit de garder notre vie pour nous. Celui qui a été comblé de bienfaits dans la vie est tenu d'en répondre et dans la même mesure".
Car le sacrifice réclamé par Paul est vivant. Ce n'est plus, comme chez les anciens, un sacrifice de mort. Dieu est le Dieu des vivants. C'est toute l'organisation de notre vie qui est appelée à devenir un sacrifice vivant.
Dans la pensée de l'apôtre, le culte n'est plus représenté par les deux heures consacrées à Dieu, chaque semaine, dans un temple. Il est un art de renoncer pour aimer ; art qu'il développe dans la suite de sa lettre ; un art de se soucier des malades, des humbles, de ceux qui ont besoin de secours. C'est là le nouveau culte, raisonnable, logique, comme l'a si bien montré Jésus lui-même.
Le courage de Paul, c'est d'avoir exhorté ses contemporains à quitter la Loi, le Temple, le culte, les sacrifices d'animaux et tous les rituels ancestraux défendus par l'institution sadducéenne et de s'être retrouvé dans la rue, sur les routes dangereuses et les mers démontées pour prêcher la résurrection qui est cette vie nouvelle, ce Royaume nouveau, où le prochain est aimé, le malade visité, le malheureux consolé. Royaume imaginaire, Royaume de l'utopie. Mais, comme disait André Gide, c'est par la porte étroite de l'utopie que l'on entre dans la réalité bienfaisante.
Henri Persoz
Journées du protestantisme Libéral 2000
Contre une « orthodoxie » libérale et le « libéralisme de Papa »Samedi matin : Date et lieu : 20-22 octobre 2000 à Sète.
Thème : “Images et représentations de Jésus”Programme :
Table ronde : “Qu’est-ce que Jésus représente pour moi aujourd’hui ?”
Animateur : J.P.Sauzède. Participants : P.Nambot, Michel Boissard, Hasmia Ben Youssef.Samedi après-midi : Présidence M.Jas.
- 14 h 15 E. Cuvillier “Les images de Jésus dans le Nouveau Testament”. Exposé de 45 minutes, sans discussion immédiate.
- 15 h 15 Rémi Gounelle “Les images de Jésus dans la littérature apocryphe”. Exposé d’une heure.
16 h 30 - 17 h 45 : Evangile et Liberté,le mouvement et le journal.Samedi soir : film
Dimanche :
- 9 h Culte présidé par Christian Mazel
- 10 h Laurent Gambarotto : “Le couple Jésus-cinéma. Pour une approche médiologique”.
Présidence : P.NambotAprès-midi : présidence B. Félix.
- 14 h E. Cuvillier : “Découvrir Jésus : les images et la réalité”. Exposé de 45 minutes.
- 15 h 00 A. Gounelle : “Inventer le Christ”.
- 15h45 : débat sur les deux exposés
- 16 h Conclusion H.Persoz
- 16 h 30 : fin des journées
Ayant été élevé et ayant grandi dans la foi chrétienne par l'entremise de mon père pasteur, ultra libéral même pour son époque, si par la suite Kierkegaard m'a ouvert d'autres horizons spirituels et théologiques, je me sens attaché au libéralisme et redevable à son égard Il représente pour moi essentiellement exigence et liberté : exigence d'une recherche qui ne craint pas d'aller le plus loin possible dans une confrontation permanente du message évangélique avec les problèmes de l'heure et les courants de pensée les plus divers, et liberté à l'agard de tous les enfermements doctrinaux, institutionnels et ecclésiastiques. . .
Certes l'Association pour le protestantisme libéral n'est pas une Eglise et se veut sans exclusive, mais la pensée "libérale" d'exigence et de liberté doit se diffuser au sein même des Eglises sans se muer en courant ou devenir l'apanage d'une association !
Les différentes tendances ou formes d'expression de la foi peuvent coexister et s'enrichir mutuellement au sein d'une Eglise locale, même si l'une d'entre elles est prédominante et même si ce n'est pas toujours facile à vivre, en particulier pour le pasteur Je ne pense pas que l'on puisse déplorer la disparition de paroisses monocolores, quelles que soient leur histoire et leur couleur, et malgré peut-être hélas les oppositions et formes d'ostracisme dont elles ont pu être l'objet ! Ce n'est pas forcément dans des paroisses dites "libérales" qu'il est possible d'entendre les prédications et discours les plus "libéraux" !
Cette opinion et ces considérations n'entendent pas remettre en cause l'Association pour le protestantisme libéral. Puisssent-elles être comprises comme l'expression de la crainte d'une dérive paradoxale, mais non impensable : celle d'une "orthodoxie libérale" !Philippe SOULLIER
NDLR : D'une part une Eglise ne doit-elle
pas offrir un témoignage clair et convaincu ? D'autre part chacun
est libre de rester ou de quitter un navire, d'y revenir ou d'en rêver
mais successivement Enfin le fonctionnement d'un journal (direction, rédaction
et surtout lectorat possible) exige une structure et surtout un base sociologique.
De même pour une revue, pour l'organisation d'activités, pour
une réflexion collective et une action loyale et concertée.
L'atomisation d'un mouvement de pensée ou de foi - imposée
ou décidée - ruine sa continuité et son rayonnement.
L'histoire rend compte de ces cimetières.
Elie Wiesel et Jérusalem
- Jean-Paul II à Yad Washem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem, qu'avez-vous ressenti ?
Elie Wiesel : j'ai regardé sur l'écran un homme vulnérable, faible, ému, très ému et il était tellement ému que moi aussi j'étais ému. Ému de le voir là. Alors je me suis dit : voilà, c'est un miracle, un miracle humain. L'histoire parfois produit des moments, des moments spéciaux. Vous savez, la vie n'est pas faite d'années, mais de moments. Ce moment restera.
- Jean-Paul II
devant le mur des Lamentations glisse dans une des fentes du mur une prière,
la prière de repentance. Serait-ce la fin d'un contentieux entre
juifs et chrétiens ?
Disons le début d'un grand dialogue, d'un très grand dialogue qui va continuer maintenant, pas seulement à ce niveau-là mais, je l'espère, à tous les niveaux, parce que si l'on ferme ce chapitre-là, on oublie et il ne faut pas oublier. Il ne faut pas que tout cela soit fait aux dépens de la mémoire. Au contraire, il faut enrichir la mémoire, il faut l'approfondir et en faire un acte d'échange.
Les rapports, les relations entre juifs et chrétiens n'ont jamais été aussi bons, si féconds, si généreux, si ouverts, si humains. Et cela, on le doit à ce Pape et aussi, bien sûr, il ne faut pas oublier, à Jean XXIII qui était sans doute celui qui, avec son cœur et sa raison et tout son être, avait ouvert l'Eglise pour que d'autres regardent à l'intérieur, et en sens inverse.
- S'il y a un
rapprochement entre juifs et chrétiens, quelle pourrait en être
la signification ; pour le monde ?
Dire le chemin à Dieu mène à travers l'autre, Dieu seul est seul. Je vis avec d'autres, pour que j'approche de Dieu il faut que je m'approche de mon semblable, d'où qu'il vienne.
- Est-ce que
du côté juif, il y a peut-être des initiatives à
poser, des pas à franchir aussi ?
Ecoutez, quand j'étais jeune je ne connaissais rien du christianisme sauf la peur qu'il m'inspirait. En allant de ma saison à Sighet ou à la synagogue, je changeais de trottoir pour ne pas aller près de l'Eglise. J'avais peur de l'Eglise parce que je ne connaissais rien. Je savais seulement les croisades, je connaissais l'inquisition, mais pas le reste. Maintenant on connaît beaucoup et il faut connaître davantage, donc ce dialogue, à ce niveau-là, doit se répercuter maintenant à d'autres niveaux. Il faut que nous, juifs, nous sachions aussi ce que c'est que le christianisme. Cela ne veut pas dire que je vais changer de religion, personne ne me convertira, je resterai juif ; mais ce qu'il faut surtout, c'est parler avec le respect de l'autre, à l'autre.
Elie Wiesel né
en 1928 à Sighet, en Transylvanie (Roumanie) est déporté,
comme jeune juif, dans les camps nazis où il perd sa famille et
voit son père mourir dans ses bras. Une blessure qui animera chez
lui un combat sans relâche contre l'oubli de cette horreur.
Il ne cessera de la décrire, comme dans son premier roman paru en
1958, sous le titre de "La Nuit". Suivent une trentaine d'ouvrages, dont
le dernier, paru au Seuil il y a un an, sous le titre "Les Juges" et la
publication en cours de ses mémoires. Infatigable défenseur
des droits de l'homme, il reçoit, en 1996, le prix Nobel de la Paix.
Œcuménisme
Informations 305
Pèlerinage et lieux saints : retour aux sources ou illusions
Pèlerinage et lieux saints :Fatima : le Pape devant la presseA Jérusalem, il y a le Saint Sépulcre - que se disputent âprement plusieurs ordres religieux - et le Jardin de la Tombe. Les spécialistes en questions religieuses s'accordent à reconnaître que la Via Dolorosa et son chemin de Croix ont peu de probabilités d'être l'itinéraire où Jésus et Simon de Cyrène portèrent la Croix. L'église de la Nativité à Béthléem est également la propriété de plusieurs ordres religieux concurrents : mais Jésus est-il seulement né à Béthléem ?La tradition a fixé à Tabga le lieu de la multiplication des pains. Or, les Itinéraires Bibliques, édités par le Cerf, disent que cette multiplication des pains eut lieu sur la rive orientale du lac de Tibériade, mais que la tradition fixa cet événement sur la rive occidentale "pour éviter aux pèlerins un surcroît de fatigue !" La politique de l'occupation chrétienne des lieux se poursuivit à l'instar de ces calvaires ou de ces madones que l'on édifie chez nous au-dessus de nos villages et de nos bourgs. Il en est ainsi de la nouvelle basilique de Capernaüm, édifiée sur le lieu présumé de la maison de Pierre, aussi peu esthétique que la plupart de toutes celles qui ont été construites précédemment. C'est encore le cas de l'église de l'Annonciation à Nazareth, cette malheureuse excroissance qui jure dans l'environnement, alors que les chrétiens s'indignent de ce que les musulmans, localement majoritaires, réclament eux aussi une grande mosquée !Le retour aux sources de notre foi : enracinement ou déviances ?Cela dit, les pèlerinages de tous ordres et de toutes origines géographiques fleurissent. Pour notre seul pays, indépendamment des initiatives paroissiales et diocésaines, le seul organisme Routes Bibliques programme pour cette année seize pèlerinages en Terre Sainte.
Je ne suis nullement opposé aux retours aux sources. Moi-même, j'organise régulièrement des voyages en Israël - Palestine. On y privilégie les sites liés aux récits bibliques, à l'exclusion des basiliques et autres lieux saints pour touristes qui invitent à la piété populaire plus qu'au recueillement. On y évite le "trop de religieux". Ensuite, et ensuite seulement, on y consacre un temps de méditation personnelle dans le désert. L'information sur les problèmes locaux et la rencontre d'autochtones y occupent une place importante.Tout retour aux sources - le retour aux sources de notre foi, de notre enfance ou de notre personnalité - nous interpelle sur ce que nous vivons et ce que nous cherchons. C'est pourquoi j'ai peur que trop de pèlerinages passent à côté de l'essentiel. J'en veux deux exemples.
En 1987, avant le début de l'Intifada, j'étais avec un groupe oecuménique à Jérusalem. Le groupe accorda beaucoup d'importance à la piscine de Siloé où Jésus guérit un aveugle. Mais lorsque je suggérais d'aller dans le village voisin de Siloé, seule trois ou quatre personnes me suivirent. Nous y fumes entourés et suivis par d'adorables petites têtes brunes, souriantes, nous faisant de grands gestes d'amitié : "Salem ! Salem !". Ce fut ensuite un accueil princier chez l'un des habitants du village. Il fallait boire. Il fallait manger, alors que nos pauvres mots ne nous permettaient pas de traduire ce qui se vivait intensément entre nous, puisqu'aucun de nous ne parlait l'arabe.
Siloé, toi dont les eaux ont eu le pouvoir de clarifier la vue d'un aveugle, que nous offres-tu en priorité ? Est-ce la piscine du temps biblique vers laquelle tous les pèlerins vont ou cette population de sourire et d'accueil au sens le plus authentique du terme ?
Cette année, je viens de réitérer la même expérience. Notre périple palestinien s'est terminé par vingt quatre heures à Gaza. Ceux qui nous y attendaient comme la population dans la rue n'étaient que gentillesse à notre égard. Notre petit groupe avait créé l'événement : nous étions le premier groupe étranger ayant passé une nuit à Gaza !
Pourquoi ce déferlement de pèlerins au Saint Sépulcre dans l'ignorance de la réalité palestinienne ! Est-ce auprès d'un hypothétique tombeau que l'on rencontre Jésus aujourd'hui ?Je sais : certains justifient leur absence à Gaza et en d'autres lieux palestiniens par un souci de sécurité. Or, à Gaza, il y a bien des lieux à risques intermittents. Mais ils sont bien circonscrits. Ils se situent autour des inadmissibles colonies israéliennes.Pierre-Jean Ruff
CANNES 2000 : EUREKA, ou réapprendre à vivre
Le Père Jean CARDONNEL, dominicain, écrit dans le Monde (3 Juin 2000) : "Le 3ème secret de Fatima". (Extraits)Au nom de la jeune fille de toutes mes pensées, mère du Verbe de mon Dieu, je me lance dans une attaque frontale contre la tentative destinée à son enniaisement systématique, à sa transformation perverse en idole.
Un beau théologien italien laïc - ne jamais oublier son nom : Enzo Bianchi - s'est tout de suite aperçu de la superstition et de la supercherie. Dans le journal La Répubblica, il met irréfutablement le doigt sur la plaie : "Un Dieu qui pense révéler en 1917 que les chrétiens seront persécutés et qui ne parle pas de la Shoah et des six millions de juifs n'est pas un Dieu crédible".
La tare du troisième secret de Fatima, la preuve qu'il est un faux, qu'il ne vient pas de Dieu, mais comment ne pas la voir, aveuglante ? Le troisième secret de Fatima disqualifie Dieu, il discrédite Dieu. Il nous présente un Dieu non crédible. Le Dieu du racisme chrétien catholique, qui ne s'intéresse qu'aux siens, à sa race de catholicisme dans l'oubli total de son peuple apatride.
Le troisième secret de Fatima va contre le second commandement de Dieu : Ecoute, Israël, tu ne prononceras pas le nom de ton Dieu à faux. Tu ne feras pas servir le nom de ton Dieu à la Vanité.
Parce qu'il m'est intolérable d'entendre que la Sainte Mère de Dieu ait pu détourner les balles faites pour tuer le pape alors qu'elle n'aurait pas levé le petit doigt pour arrêter l'extermination de millions de juifs et la traite ignoble de millions de noirs.
Aurons-nous cet hiver l'occasion d'admirer le Prix Œcuménique de Cannes 2000 ? Trouvera-t-on un distributeur acceptant de miser sur ce film qui dure 3h37 et qui n'a pas été nommé dans le palmarès officiel ?Eureka est l’œuvre d'un japonais inconnu de 36 ans AOYAMA SHINJI. Il a donc reçu le Grand Prix OEcuménique mais a été également distingué par la Fédération Internationale de la Presse Cinématographique (FIPRESCI). Un tel voisinage démontre assez clairement que si nos 6 chrétiens du Jury OEcuménique se soucient prioritairement du contenu d'une œuvre, ils attachent aussi beaucoup d'importance à la manière proprement cinématographique dont son "message" est communiqué. A la cohérence donc de ce qu'on appelle "la forme et le fond".
La réussite est totale. La qualité de l'image (un N. B. très spécial !), la maîtrise des cadrages, des mouvements de caméra, de la bande-son réalisent parfaitement ce que désirait l'auteur : "une forme de prière pour l'homme moderne qui cherche le courage de vivre". Au départ, un autobus municipal dans lequel deux enfants assistent terrorisés à une prise d'otages meurtrière. Et tout au long du récit, un autre autobus loué par le chauffeur du premier, lui-même profondément traumatisé et qui va embarquer dans ce "road-movie intérieur" les deux enfants frappés de mutisme depuis l'accident. On pense bien sûr à tous ces efforts d'assistance psychologique que l'on tente aujourd'hui après chaque acte de terrorisme. Et l'on part avec ces trois victimes en quête d'une remontée vers la vie, vers des raisons d'aimer et de rêver, vers la couleur. Tant de questions alors se posent au bout de ce voyage dont la longueur ne rime pourtant jamais avec lenteur.
Est-ce que l'homme a le droit de tuer ? Y a-t-il des limites au-delà desquelles on ne peut pas pardonner ? Peut-on guérir de l'obsession de la mémoire ? Peut-on réapprendre l'amour et s'écrier Eureka ? Lorsque la petite Kozue, face à la mer, retrouve l'usage de la parole pour nommer père, mère et frère, on comprend qu'une porte a été franchie : celle de la solitude et du deuil.
J. DomonN. B. On aura l'occasion, au moment de leurs sorties, de signaler les deux autres prix oecuméniques :1. Code inconnu de M. HANECKE
Le regard porté sur la société donne une photographie non retouchée d'une réalité diverse et multiple. Sans imposer de solutions, le film laisse au spectateur sa marge d'interprétation et de réaction.2. Fast Food Fast Woomen de Amos KOLLECK
Sur un mode léger, cette comédie urbaine apporte une bouffée d'air frais bienvenue. Tendresse, esprit de famille, amitié, respect pour les personnes âgées, humour ouvrent les coeurs avec le sourire.Le jury était présidé par Peter MALONE (Australie) et composé de : Zivile Pipinyté (Lithuanie), Florence Desmazures (France), Daniel-Christophe Grivel-Martin (Suisse), Jean Lods (France) et Michaël Otrisal (République Tchèque).
Le libéralisme protestantFoi et Vie
La foi est l'expression de notre adhésion et de notre alliance à Dieu ; elle ne peut être que subjective. C'est le fruit du travail que Dieu opère en nous.
Le libéralisme protestant affirme que la foi ne se laisse pas enfermer dans des formules figées (dogmes ou lettre du texte biblique) ni dans des cadres rigides (rituels, liturgiques, ecclésiastiques). Elle est sans cesse découverte, aventure, nouveauté ; elle suscite un élan et une recherche inépuisables. Dans cet esprit, la foi prime les doctrines.Le libéralisme protestant attache du prix à la méditation, apte à l'approfondissement de la foi. Mais l'essentiel est de vivre l'enseignement de Jésus et les commandements qui culminent dans les deux plus grands : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée" et "Tu aimeras ton prochain comme toi-même".
La Réforme nous a rappelé que nous sommes sauvés par la foi et non par les oeuvres. Mais la foi implique une consécration de soi-même à Dieu par une vie nouvelle. Elle doit se vivre en intensité et en profondeur, en qualité de vie intérieure et de vie sociale.
Le libéralisme protestant est d'abord une affaire de vie, une attitude existentielle. Il tend à développer le sens de la responsabilité personnelle.
Voilà pourquoi la tendance libérale se situe à l'avant-garde et se révèle vitale, non seulement dans le protestantisme mais aussi dans les autres confessions.
Le libéralisme protestant rejette l'utilisation doctrinale du péché originel qui aboutit à ne rien expliquer, à compromettre toute espérance et à diluer la responsabilité personnelle. Au contraire, les hommes sont invités à répondre courageusement à l'appel de Dieu, en pleine connaissance de ce qu'ils sont : "Un mélange de misère et de grandeur" (Pascal)MANIFESTE
D'une manière très résumée, nous dirons que
face à l'évolution du monde moderne ; convaincu que Dieu est Esprit, qu'il faut l'adorer en esprit et vérité ; par souci de vérité et de fidélité au message évangélique,Le Libéralisme protestant
affirme que
- la volonté de Dieu est souverainement révélée par Jésus-Christ
- la Bible doit être lue dans un climat de liberté, de recherche et de fidélité à l'Esprit qui l'a inspirée
- la vie et l'enseignement de Jésus doivent inspirer les hommes
- la foi prime sur toute doctrine
- Dieu appelle l'homme, qui est libre de répondre ou non à cet appelIl estime en outre que
- tout système autoritaire et tout dogmatisme doivent être rejetés
- la véritable Eglise est invisible car elle comprend tous ceux qui s'efforcent de mettre en pratique la volonté de Dieu dans l'esprit de Jésus-Christ
- les hommes doivent vivre selon l'enseignement évangélique reçu dans son intention première et sa pureté originelle.Le Libéralisme protestant
appelle
tous les hommes à œuvrer sans relâche pour maintenir ouvertes portes et fenêtres par lesquelles l'Esprit pourra souffler et à vivre ainsi l'Evangile comme il doit l'être : au présent !Christian Mazel