
"Je broie du noir", le ciel d'automne est gris, les pensées sont sombres! Rassurez-vous, ce n'est pas là un aveu mais le constat de bien des situations, de bien des discours, de bien des choses. Avez vous remarqué à quoi ressemble notre environnement? Avez vous fait attention aux couleurs qui nous entourent? Le noir des nouvelles fait concurrence au rose bonbon des magazines. Dans les commerces, dans les lieux publics prolifèrent le beige et le blanc cassé, couleurs sensées nous rassurer, nous plaire et nous amener à être de bons consommateurs. Mais il n'y a pas que les objets, nos paroles aussi, bien souvent, déclinent toujours les mêmes couleurs.Combien de discours de démobilisation qui peignent la réalité en noir, toujours plus sombre d'ailleurs. Combien de bonnes paroles qui noient la réalité dans le rose guimauve, tout est beau! Combien de prises de positions qui utilisent le beige du consensus ou le blanc cassé des nuances raisonnables?
Au moment où pour la Réformation, nous allons nous interroger sur le rapport particulier qu'entretient le protestantisme avec la société et le monde des images, osons la couleur dans nos paroles.
Mettons dans nos projets le vert de l'espérance, dans nos actions le jaune de la gaieté, dans nos prises de positions le rouge du courage, dans nos engagements le bleu de la sérénité. Toutes ces couleurs fondamentales peuvent se marier, varier dans d'infinies nuances mais toujours elles donnent le ton. Que nos paroles elles aussi se mélangent dans le débat, se nuancent et donnent une teinte à la vie. Qu'elles reflètent toute la palette de la réalité, ses pages sombres comme ses chapitres heureux. Quand nos maux nous accaparent, c'est par la couleur des mots que disparaît la douleur.
Et si l'Église n'était autre qu'un atelier de peinture? Devant un même sujet, les élèves, nous tous, le rendent chacun différemment avec sa propre palette, sa manière personnelle. L'un est expressionniste, l'autre naïf, un troisième figuratif ou encore abstrait, tous jouent de la couleur et du trait. Alors à nos pinceaux…
Il suffit de lire la Bible pour constater immédiatement qu'elle est aux antipodes d'un traité de morale, ce qui ne veut pas dire que la dimension morale en soit totalement absente, bien au contraire. Là ou d'aucuns aimeraient figer l'existence humaine dans des règles immuables ou révisables selon les situations et les intérêts, la tradition biblique aborde la question morale sous l'angle du jugement et de la miséricorde. Jugement et miséricorde de Dieu tout d'abord avec comme ultime point d'orgue le mystère de l'acte divin. Ce mystère qui devrait nous ramener plus souvent à 1"humilité, et que Calvin a voulu préserver par sa doctrine de la prédestination. À l'intérieur de cette architecture théologique, nous trouvons un nombre impressionnant de textes où il est question du jugement que nous ne manquons pas d'exercer les uns sur les autres, et donc des condamnations que nous prononçons, ou de la miséricorde dont nous faisons preuve.Le personnage biblique qui a été le plus confronté à l'exercice de la morale est certainement l'apôtre Paul. Que ce soit dans ses deux lettres aux Corinthiens, ou dans l'Épître aux Romains, Paul est sans cesse obligé d'intervenir pour tempérer l'ardeur avec laquelle les uns et les autres se jugent et se condamnent. Il n'est pas simple de mesurer à sa juste valeur les difficultés rencontrées par les premières communautés chrétiennes, pour qui la foi en Jésus devenait la source d'une nouvelle morale, en même temps que le refus de toute autre morale. Très rapidement, le christianisme naissant est entré en conflit avec la culture païenne. Sur ce point, il serait souhaitable de réviser nos jugements qui consistent à croire que le monde païen était le temple de l'immoralité, un monde sans foi ni loi, une culture qui n'aurait été que décadente, etc. L'idéal moral du monde antique n'a rien à envier aux exigences de l'Évangile, il est simplement de nature différente. C'est ce conflit entre la nouvelle foi et le système de valeurs du monde païen que nous retrouvons dans les communautés fondées par Paul. Au nom de la liberté chrétienne, certains membres de la communauté s'abandonnent à des comportements immoraux, si bien qu'il devient difficile de réguler les débordements d'une telle société humaine.
Ainsi commençait l'histoire des rapports tumultueux entre christianisme et morale. En effet, la morale a souvent été détournée de son but, pour servir des intérêts tout autres que moraux; l'Histoire de l'Église est édifiante sur ce point. Détournée de son but, elle est aussi devenue une arme pour peser sur les consciences en transformant la responsabilité en culpabilité. Elle brise ainsi les individus en les marginalisant totalement des communautés, leur ôtant toute possibilité de faire table rase du passé et de devenir des êtres nouveaux. Voulant faire face à ces difficultés, la morale protestante, dont il ne faut pas nier la spécificité, a voulu mettre l'accent sur la grâce plus que sur le péché, même si parfois les apparences sont trompeuses. En quoi la morale protestante est-elle spécifique? Premièrement, ce n'est pas une morale d'autorité qui imposerait certaines formes d'ascèse, ou certaines pratiques. S'appuyant sur la reconnaissance que l'homme doit avoir devant la grâce et sur le principe de responsabilité individuelle qui en découle, la morale protestante se définit comme une frugalité raisonnée. Rompant avec la distinction entre le monde profane et le monde religieux, les réformateurs, et plus particulièrement Calvin, induisent un nouveau rapport aux richesses, à la politique, à la sexualité, etc. Toutes ces réalités sont à accueillir avec reconnaissance, mais il ne faut pas pour autant en minimiser la capacité de nuisance. La question consiste donc à vivre une certaine morale, sans que celle-ci nous transforme en hypocrites, en juges les uns des autres.
Dans son petit ouvrage consacré à ce problème, Tout est donné, tout est à faire, Éric FUCHS trace pour nos Églises trois manières d'intervenir dans le débat moral.
La première est assez classique: c'est l'action prophétique qui consiste à prendre position sur des sujets de société, soit en condamnant, ou en rappelant les principes auxquels nous sommes attachés. Cette méthode est parfois nécessaire, mais elle risque aussi de plonger les Églises dans un isolement qui les coupe du véritable débat dont a besoin la société. Il ne faut pas se cacher que cela peut être aussi une façon facile de se donner bonne conscience.
La deuxième proposition de FUCHS est certainement la plus passionnante à vivre pour une communauté: elle consiste à vivre la morale en fonction de la valeur que nous reconnaissons à notre engagement communautaire. Ici la perspective est inversée, la morale n'est pas une école de perfectionnement nécessaire à notre nature marquée par le péché, elle est l'expression de notre foi et s'incarne dans l'amour que nous avons les uns pour les autres, au point que rien de ce qui concerne l'autre ne m'est indifférent.
C'est alors que la morale n'est plus pour nous un discernement entre le bien et le mal, c'est un art de vivre qui nous renforce dans nos liens.La troisième manière correspond bien à l'esprit du temps, c'est ce qui lui donne toute sa pertinence. C'est la méthode sapientiale, la sagesse si l'on préfère. Les auteurs bibliques connaissent bien cette attitude qui consiste à accompagner nos prochains sans déclarer des vérités toutes faites. Attitude où on ne juge de rien, où on ne dénonce rien, on prend en compte la réalité telle que les hommes et les femmes la vivent. C'est ensemble qu'on cherche à discerner le bien du mal.
Ces trois modes de pratique de la morale, on peut les résumer en une formule. Ils nous rappellent que la morale évangélique passe toujours par le refus de la loi des nantis, la célébration communautaire de l'amour de Dieu, et l'amour de nos prochains.
Pour déterminer la position ou le statut de l'image dans une société, il faut faire intervenir une foule de facteurs. Certains sont plus déterminants que d'autres. On ne donne pas l'avantage à l'image ou à l'écrit uniquement par affinité ou par goût, il y a des raisons socio-culturelles, économiques, politiques, religieuses qui font que l'ensemble d'un groupe humain donne la prééminence à tel ou tel mode de communication et d'expression.À la fin du Moyen-Âge, si la population a si vite adhéré à la Réforme, spécialement dans des villes comme Genève ou Zurich, c'est parce-qu'elle était saturée du commerce des images saintes: ça leur revenait très cher, alors que la foi réformée offrait le salut gratuitement. Bien sûr, ce serait absurde de rabaisser l'action des réformateurs à une question d'argent, mais l'exemple nous montre à quel point une orientation, même religieuse, peut dépendre de circonstances très diverses, dont on ne peut pas toujours rendre compte.
Durant tout le Moyen-Âge, l'Église catholique était au centre d'une toile d'araignée couvrant tous les aspects d'une société. Elle imposait sa vision du monde dans tous les domaines. L'artiste, pour s'exprimer, choisissait, tout naturellement, des sujets religieux et les images étaient un moyen puissant pour canaliser les foules. D'ailleurs, elle n'avait pas d'autres moyens pour transmettre son savoir au grand public, à part l'oralité. De plus, l'image est par excellence le moyen de communication pour atteindre un grand nombre de personnes à la fois et de plus, sans passer par un apprentissage particulier. Dans ce sens, la cathédrale est un excellent exemple. C'était un "livre" collectif qui avait l'avantage d'être le même pour tous. Donc, le message n'était pas fractionné à l'infini comme va le permettre le livre imprimé, qui donnera la parole à une foule d'interprètes à la fois.
Si l'écrit a pris le dessus et a supplanté le monde des images, donc aussi le monde catholique, surtout au nord de l'Europe, c'est que la civilisation a peu à peu évolué sous diverses influences. On attribue volontiers à l'humanisme d'un Erasme de Rotterdam (1469-1536) ou d'un Lefèvre d'Etaples (1450-1536), l'avènement de la nouvelle ère; En réalité, elle avait commencé bien avant, sous l'influence de grandes écoles qui se sont implantées, déjà depuis le 12ème siècle, dans les pays européens. L'humanisme a probablement été le résultat d'un brassage de différentes évolutions, à l'instar de la Réforme, qui, elle aussi, a été au bénéfice d'un important travail de précurseurs, accompli par Pierre Valdo, les lollards, les hussites, etc... La fin du 15ème et le début du 16ème ont simplement servi de révélateurs. C'était aussi le temps où le subtil mélange des nouveaux courants en gestation s'est transformé en mouvement de fond pour toute une société. Un peu comme les différents ingrédients de la mayonnaise, qui sous l'effet d'un battage systématique, se change en un onctueux condiment. Ce sont finalement les écoles et les universités qui ont pris l'avantage sur l'Église. Ce sont elles qui sont devenues le centre de la culture et les Réformateurs, en épousant la forme de pensée des humanistes et surtout leur manière de travailler, étaient donc bien placés dans cette nouvelle donne de la société nord-européenne. Et bien sûr, toute cette évolution a été soutenue et en partie conditionnée par l'avènement d'un puissant levier technologique. L'imprimerie allait bouleverser la manière de communiquer et par ricochet la manière d'enseigner et même de comprendre. Je préfère parler de conditionnement, parce que ce nouveau procédé n'a pas favorisé la compréhension du passé. Il n'a pas permis d'optimiser, par exemple, le message transmis par les cathédrales. Il l'a carrément éliminé au profit de quelque-chose de radicalement nouveau.
Ainsi en est-il des mass-médias et du cybermonde. Ils ne vont pas dynamiser les acquis de la civilisation de l'écrit, ils vont faire autre chose, tout en prenant appui sur ces mêmes connaissances, surtout dans la phase de transition. Lorsque le téléphone est apparu, il n'a pas favorisé la communication locale entre les individus, les gens de la même maison n'ont pas appris à mieux se connaître. Au contraire, les relations se sont déplacés plus loin. Maintenant, je ne connais plus personne dans mon immeuble, mais par contre, j'ai un agenda téléphonique très chargé, tout autour du monde. L'Internet va simplement déplacer notre pôle de connaissances sur un autre terrain. Il développera d'autres domaines que dans le passé, mais il ne sera jamais le fédérateur et le compilateur de toutes les connaissances acquises depuis la nuit des temps. Comme en géographie, l'individu n'a pas le don d'ubiquité: il ne peut pas escalader une nouvelle montagne tout en étant pleinement sur une autre. Il gardera un souvenir de son ascension précédente, mais celle-ci s'estompera peu à peu, pour ne rester que quelque-chose de vague dont ne resteront peut-être que des photos jaunies. Nous avons la chance de pouvoir escalader deux sommets de suite. Nous avons l'expérience de la civilisation du livre et nous sommes sur les premiers contreforts du Cybermonde, mais la génération suivante, n'aura plus cette possibilité-là.
De plus, la nouvelle génération devra également repenser sa théologie. Cette discipline ne pourra pas survivre telle quelle. Hélas, nos spécialistes en Bible sont toujours formés selon l'ancien système de pensée, qui s'est d'ailleurs encore radicalisé, sous la pression des mass-médias. Alors que traditionnellement les lieux de formation du mouvement évangélique étaient orientés vers l'éducation du non-universitaire et selon des critères non-universitaires, ceux-ci se sont, pour la plupart, rehaussés au niveau des facultés classiques. Pour réaliser cette mise à niveau, ils ont dû, bien sûr, devenir plus rigoureux dans leur pensée, leur pratique et "intellectualiser" leur enseignement. Alors, qu'aujourd'hui il faudrait "médiatiser"la formation, c'est-à-dire l'adapter à la mentalité et aux orientations des mass-médias, qui eux fonctionnent très peu à l'analytique et à la systématique prônées par l'Alma Mater (l'Université, ndlr).
Et chose nouvelle également: le centre socio-culturel de notre société se déplace de l'école et de l'université sur le monde économique, dont les mass-médias y compris l'Internet, ne sont que des vitrines.
On va avoir du pain sur nos écrans pour ces prochains temps!
Frédéric de CONINCK, Ethique chrétienne et sociologie, Sator, 1992 / La prière libérée, À l'école des Psaumes, Ed. du Moulin, 1995 / Travail intégré, Société éclatée, PUF, 1995 / La ville : Notre territoire, nos appartenances, La Clairière, 1996
Pierre LEVY, Les technologies de l'intelligence, Paris, 1990, La Découverte, / L' intelligence collective, Paris, 1994, La Découverte
Marcel JOUSSE, Le parlant, la parole et le souffle, Paris 1978, Gallimard
Regis DEBRAY, Vie et mort de l' image, Paris 1992, Gallimard
Jacques ELLUL, La parole humiliée, Paris 1981 , Seuil
Bernard RORDORF, Tu ne te feras pas d' image, Paris 1992, Cerf
Jérôme COTTIN, Le regard et la parole, Genève 1994, Labor et Fides
Henri NOUWEN, Le retour du fils prodigue, Toronto et Genève 1 995, Bellarmin et PBU
En vidéo: Différentes séries de l'émission"Culture Pub"sur M6
Génération 90, Emission présentée par Antoine de CAUNES sur l'avenir de la TV, 1

L'image au temps des cathédrales
Chaque époque génère ses propres représentations, surtout si elles sont liées à des évolutions techniques, socio-culturelles, politiques ou économiques. Ainsi en est-il des images utilisées au Moyen-Âge. L'utilisation de l'image au Moyen-Âge a fait l'objet d'innombrables études et nous nous contenterons simplement, au travers de quelques exemples tirés de l'architecture et de l'ornement de la cathédrale, de saisir la manière dont on transmettait un message.Dès que l'on assemble des images en vue de la transmission d'un message, quel qu'il soit, il faut se rappeler que les représentations suivent, au même titre que l'écriture, une syntaxe. Elles sont soumises à une logique d'assemblage qui permet de les comprendre.
Lorsqu'on est en présence d'une représentation religieuse, il faut, en premier lieu, prendre en compte les niveaux de lecture. On y discerne d'abord un sens littéral qui représente l'événement (s'il s'agit d'une scène biblique), puis on peut prendre en compte le sens allégorique (lorsque le Christ, par exemple, est représenté par un agneau, le concepteur fait donc allusion à l'Ancien Testament), par la suite peut entrer en ligne de compte le sens tropologique (ce qui s'est accompli par le Christ, doit s'accomplir en chaque homme) et puis le sens analogique qui fait voir par anticipation la réalisation finale de l'homme parfait. Le message est donc beaucoup plus complexe que ce que nous en percevons aujourd'hui, au travers de notre manière de voir d'homme du XXème siècle.
Les images sont soumises à des codes dont le principe se retrouve dans la B.D. Ainsi les personnages des Stroumpfs sont toujours représentés en bleu. Pour chaque personnage de B.D. un trait dominant est amplifié au maximum pour pouvoir le reconnaître d'emblée. Pour Astérix, c'est sa moustache qui lui mange une partie de son visage. Les traits, les formes sont codifiés pour permettre une "lecture" rapide d'une action somme toute complexe.De la même manière les images médiévales sont pouvues de codes qui informent le lecteur. En voici quelques exemples:
Main posée sur la joue
Elle est en relation avec les yeux:
Ouverts: indique la douleur
Fermés indique le rêve ou le songeMain appuyée sur la cuisse
Souvent le coude est détaché du corps et l'autre main donne un ordre: indique la fermeté, un pouvoir puissantPosition agitée, désarticulée
C'est le contraire de la précédente. Il s'agit d'un personnage mauvais et désordonné. La posture caractérise souvent les bourreaux ou des fousMain tenant l'autre main ou un poignet
Indique une situation de détresse que les sujet ne peut pas surmonterMain ouverte, paume vers l'extérieur
Elle est en relation avec le bras:
a) replié près du corps signifie une adhésion, un accord
b) déployé signifie vive oppositionLes jambes croisées
Elles sont en relation avec le niveau social
a) supérieur indique une autorité et une suprématie que le personnage se donne lui-même
b) inférieur indique un état de faiblesseMains rapprochées l'une de l'autre, la paume vers l'extérieur
Marque une souffrance intérieure acceptée. Le geste est en effet proche de l'acceptationPlusieurs mains faisant des gestes divers
Code indiquant une discussion, une argumentation entre plusieurs personnagesMain posée sur l'épaule de quelqu'un situé devant
Indique un encouragement à accomplir un acteLes bras croisés, avec les mains vers l'extérieur
Indique une contradiction, un mensonge
Position droite, de face ou de profil
Indique un état ordonné et stable. C'est une représentation du personnage hors de toute action.
A l'inverse, la position de profil indique que le personnage est engagé dans une actionMain avec doigts étendus et repliés
Action de bénir. Geste qui caractérise quelqu'un qui dit ou qui répand le bien sur une personne ou un lieuDans la façade sud de la cathédrale de Rouen (comme dans tous les autres édifices de ce type), ce qui est intéressant de noter c'est l'intégration des scènes ou personnages dans une structure architecturale d'ensemble. La façade n'offre pas seulement un équilibre esthétique, mais elle a été conçue en premier lieu pour transmettre un message qui se lit de bas en haut. Ce message utilise des personnages "codifiés" que l'on peut assimiler au mot d'une phrase, ces personnages s'inscrivent dans une phrase que l'on peut comparer au vitrail ou à un tympan et chacun de ces éléments (rosaces, tympan, colonnes, piliers, portail, etc.), mis ensemble, constituent le message complet. La cathédrale est un véritable livre.
Façade de la cathédrale de Rouen
Un exemple de message mis en images
Dans le cas de cette façade, l'accent est mis sur la mort et la résurrection du Christ. Elles se trouvent logées au coeur de la structure, montrant bien que ces événements sont au centre de notre foi. De plus, les scènes parlant de ces faits marquants, sont accessibles au regard, ce qui veut aussi dire, que la mort et la résurrection sont accessibles à la compréhension du commun des mortels, ce qui n'est, manifestement, pas le cas du couronnement de Marie. Par contre, ce couronnement dégage un autre message: Marie domine toute l'histoire du salut qui commence, dans le cas qui nous occupe, avec les personnages de Jacob et de Joseph. Comme protestant, j'aurais évidemment mis Marie au même niveau que les apôtres, dans la partie terrestre de la vie de Jésus. Notez la belle image du Christ comme pilier central. En entrant dans la cathédrale on ne peut éviter de se casser le nez sur lui. Il est incontournable. Il est à notre niveau et non pas relégué à un endroit inaccessible de la façade.
Conclusion
Comme fils du protestantisme, nous sommes ignares en matière visuelle et nous mettons souvent toutes les représentations de type religieux sur le même plan et surtout nous mettons systématiquement la peinture, la sculpture religieuses dans le domaine de l'image sainte. Bien que l'image au Moyen-Âge ait très souvent dévié de son utilisation première comme porte-parole d'un message, nous ne pouvons pas ne pas être en admiration devant l'ingéniosité de ces prédicateurs de pierre et de la pertinence de la plus grande partie de leurs messages.

L'image
au temps de l'imprimerie
Et les images dans ce nouveau contexte?Nous sommes tellement imprégnés, en tant que chrétiens, par la notion d’écrit, d’imprimé et de lecture, qu’il ne nous viendrait pas à l’idée de penser que la foi ait pu se transmettre sans le secours d’un document écrit. Nous n’imaginons pas non plus à quel point l’invention de l’imprimerie a bouleversé la foi chrétienne. Et pas seulement la foi chrétienne, puisque le philosophe Pierre LEVY n’exclut pas que Descartes ou Leibnitz n’auraient jamais réussi à mettre au point leurs théories sans les changements opérés par l’intrusion de ce nouveau système de reproduction. Le manuscrit, copié à la main de génération en génération, mimait la communication orale. On travaillait sur la base de questions - réponses, de disputes pour ou contre. La civilisation de l’imprimé permet de spatialiser la matière à enseigner. On l’organise en tableaux, en réseaux et on la traduit en arbres. On la découpe en parcelles, puis on la structure dans un plan d’ensemble. Toute cette évolution se fait parce que l’interface de la page imprimée force l’auteur ou l’écrivain à entrer dans un processus marqué par des titres, des têtes de chapitres apparents, des index, des tables de matières, des schémas et des diagrammes. Le savoir d’avant l’ère Gutenberg était surtout destiné à vivre, à se constituer comme être humain membre de sa communauté, après cette ère, le savoir devient surtout objet d’analyse et d’examen. Et fait très marquant, le destinataire du texte est une personne isolée, sortie de son contexte communautaire. Désormais, il lit et analyse en silence. Son culte personnel, par exemple, se calquera parfaitement à cette façon de voir et d’apprendre.
À la fin du Moyen-Âge, l’image transite du domaine public, monopolisé par l’Eglise catholique, dans le domaine privé. C’est à partir de la Renaissance que l’on commence à signer un tableau, par exemple. L’image rejoint la galerie et devient un objet esthétique alors qu’auparavant c’était une image porte-bonheur. Dans une cathédrale, le vitrail n’était pas "objet à penser", mais plutôt une lumière qui se réfléchissait sur le croyant, même si la façade de verre était conçue comme un catéchisme visuel, dont le message avait un ordonnancement très logique. Cette migration de l’image était aussi un résultat de l’évolution due à l’imprimerie, décrite plus haut. Les savants, les intellectuels n’avaient plus fondamentalement besoin de l’image pour transmettre leur savoir, sauf lorsqu’il s’agissait de reproductions très techniques se rapportant par exemple à la botanique, l’astronomie ou à la médecine. C’était probablement la première fois de l’histoire où la plus grande partie de la société pouvait se passer d’illustrations ou de visualisation pour progresser dans la maîtrise de l’espace géographique, socioculturel ou économique. Ça ne veut pas dire que les images avaient complètement disparu, simplement elles sont devenues marginales puisque le savoir prenait une tournure plus rationnelle et plus logique, épuré des nombreuses fioritures du monde des émotions et du sensible. Une cathédrale protestante reflète exactement cette tendance. Tout est agencé pour faciliter le discours et le rituel du culte est avant tout basé sur une succession de concepts, avec très peu de déplacements et très peu de recours à des gestes symboliques. On s’asseyait sous les voûtes de la nef pour "penser" Dieu, avant de le vivre. D’où notre propension à vouloir toujours expliquer les processus de foi et à être très méfiant vis-à-vis d’approches impliquant nos sentiments et nos émotions. Nous avons horreur de ces styles de spiritualité qui font vibrer le corps, qui font rire, pleurer, tomber par terre, parce que nous n’avons pas d’explication logique pour comprendre le phénomène.L’absence d’images dans la foi protestante est donc beaucoup plus le résultat d’une évolution culturelle que d’une volonté délibérée de la part des réformateurs, de faire table rase du passé.
C’est une donne importante pour notre évolution actuelle. Le protestantisme à l’époque s’est adapté tout comme aujourd’hui il devra se couler dans la culture des mass-médias pour survivre. Plus une communauté se tourne, dans son expression, vers le passé, plus elle s’appuie sur l’imprimerie pour transmettre ses idées, moins elle sera performante pour transmettre sa foi.

Il n'y
a rien à voir!
"Je ne crois que ce que je vois", cette sagesse populaire qui trouve sa racine dans l'épisode de Thomas (Jean 20, 24-29) résume bien quel est le problème de l'image à notre époque. Elle suggère que l'expérience, la preuve matérielle, sont seule dignes de confiance, crédibles. C'est cela que dit Thomas lorsqu'il affirme ne croire que s'il peut voir la marque des clous et toucher de son doigt les plaies du Christ, "il me faut une preuve et celle-ci ne peut venir de votre parole, elle ne peut venir que de mon expérience sensible". Et effectivement, nous avons là une démarche de sagesse, pour ne pas dire quasi scientifique. Ne peut être reconnu comme certain, ne peut être cru, que ce qui peut se démontrer par l'expérience et plus encore par des expériences qui puissent être faites, non seulement par une personne, mais répétées à l'infini, c'est le caractère objectif de la démonstration scientifique.Et c'est cela aussi qui est en jeu avec l'image d'aujourd'hui: son caractère d'objectivité, de preuve de la réalité des choses. "Je l'ai vu à la télé", "il y a les photos dans le journal", "le ralenti a bien montré la faute de l'attaquant adverse…" autant d'expressions que nous entendons souvent et qui révèlent le crédit de l'image. Elle montre ce qui s'est passé, c'était comme cela puisque nous l'avons "tous" vu. Le caractère objectif de la fonction démonstrative de l'image est réalisé par la répétition. Non seulement nous pouvons voir, mais encore "revoir" et revoir et encore revoir de manière à bien être sûrs. Non seulement "je" l'ai vu mais "tous les autres" l'ont aussi vu, ce qui revient à dire que même si je n'ai fait suffisamment attention, "tous les autres" peuvent me confirmer ce qu'il y avait à voir, "tu as vu… ?", à la fois confirmation mais aussi vérification du fait d'avoir bien vu ce qu'il fallait.
Sagesse populaire aussi qui s'exprime, avec un certain fatalisme, "on verra bien"… ce que demain nous réserve mais demain y aura-t-il encore quelque chose à voir ? Ou plus exactement ce que nous verrons demain, aura-t-il encore quelque chose à voir avec la réalité ? Je veux dire avec la "réalité vraie" ?
L'image
est un puzzle
Tous ceux qui se sont déjà servis d'un appareil photo connaissent la différence entre l'objet photographié et la photographie. Tout dépend de la qualité de l'appareil, de l'expérience du photographe, de la lumière etc…, c'est à dire de toute une série d'influences extérieures à l'objet photographié et qui modifient forcément la perception qu'aura la personne qui ne verra de l'objet que sa photo. Ce travail de l'image, nous le connaissons tous et nous le pratiquons tous avec plus ou moins d'art. Or il en est strictement de même avec toutes les images qui sont proposées à nos yeux avides. Elles sont toutes le résultat d'un travail, d'une élaboration, elles sont toutes construites dans un but précis.Il est temps de dire à ceux qui ne s'en seraient pas encore rendu compte que la jeune femme magnifique de telle publicité pour un parfum ou un autre accessoire, n'existe pas! Et non, on la voit mais elle n'existe pas, son image est réelle mais pas elle. L'image de la publicité est un assemblage, il suffit de coller divers éléments parfaits pour obtenir un ensemble parfait, il y a des modèles spécialisés pour les jambes, d'autres pour les bustes, d'autres pour les bras. On mélange tout et on obtient l'image désirée par le commanditaire, celle qui fera le mieux vendre son produit. Car l'image publicitaire n'est jamais innocente, elle répond toujours à un impératif économique et c'est bien normal. Nous avons conscience de ce phénomène et pourtant nous nous laissons facilement berner tant notre propre désir de consommation de l'image ou du produit vanté par elle nous séduit.
Nous en avons conscience ? Est ce bien si sûr ? L'un des problèmes majeurs de l'image naît des progrès des techniques. La technique rend possible des choses qui nous sont inimaginables à priori. C'est elle qui permet de rallonger une jambe, de modifier les couleurs, les formes, d'en rajouter un peu par ci, un peu par là. C'est le but de la technique que de permettre ce genre d'amélioration et il n'y a là rien de condamnable: Michel-Ange lui même procédait de la sorte ainsi que tous les grands maîtres de la peinture ou de la sculpture. On choisit plusieurs modèles et on fait un panaché, c'est normal et tout le monde le sait.
Le problème est que la peinture ou la sculpture sont facilement reconnaissable comme étant le fruit d'un travail, on se rend compte que ce que l'on voit n'est pas la réalité mais la vision personnelle de l'artiste, ce qui n'est pas le cas dans le traitement de l'image contemporaine. Comme on ne peut imaginer qu'une image puisse être trafiquée (en dehors des livres d'espionnage), elle représente forcément la réalité. Et c'est à ce moment là que celui qui voit est dupé. Il voit une réalité qui n'existe pas et ne voit pas celle qui existe, l'intention du publicitaire. Finalement la fonction de l'image est plus de cacher la réalité, de la dissimuler que de la montrer. Ou pour reprendre les termes de Gabriel VAHANIAN, l'image est un masque et le rôle d'un masque est bien de cacher ce qui est derrière lui. Ce qui est derrière l'image voilà la réalité vraie et non pas ce que nos yeux peuvent en voir.
Des
images plein les yeux
Ce qui est valable dans l'exemple de la publicité l'est aussi dans tous les domaines des arts visuels, pour toutes les images qui encombrent notre espace. Qu'il s'agisse des photos reportages des magazines ou des images de la télévision, toutes sont le produit d'un traitement, toutes prétendent montrer la réalité des choses telles qu'elles se sont réellement passées mais toutes cachent la réalité des intentions de ceux qui nous montrent leurs images. Il ne s'agit pas de trucages mais toujours du choix de montrer les choses de telle manière plutôt que de telle autre au point que parfois suivant les chaînes on ne sait plus qui est le bourreau ou la victime. Bien malin celui qui croira ce qu'il verra…
Plus encore quand il n'y a pas d'image on a peine à croire à la réalité des choses, ce que l'on ne nous montre pas n'existe pas ou en tout cas nous l'ignorons: qui se soucie de la Sierra-Leone ? Pas d'image, pas de guerre et pourtant la réalité de ce pays est encore pire, s'il est possible, qu'au Rwanda. Au fait, le Rwanda, nous n'avons rien vu, les massacres ont-ils bien eu lieu ? L'image se montre au lieu de montrer la réalité et surtout l'image ne nous montre qu'une partie de la réalité. Tel un projecteur, l'image éblouit, celui qui la regarde ne voit plus ce qui est autour d'elle, il est aveugle: celui qui s'abreuve d'images et ne croit que ce qu'il voit…
La
parole propose, l'oreille dispose
"Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru…". Dans sa réponse à Thomas, Jésus révèle sa préférence pour la parole plutôt que pour l'image. Peu lui importe finalement l'image que les disciples garderont de lui, avant ou après la résurrection, ce qui comptera sera la parole qu'ils transmettront. Dans le match entre parole et image, la parole part perdante parce qu'elle est fugace et fragile. Elle ne peut prétendre au caractère d'objectivité de l'image, une même parole peut être entendue et comprise différemment par tous les auditeurs, à tous ceux là le travail de l'interprétation de la parole. Une parole peut s'oublier, quoiqu'aujourd'hui l'on puisse la reproduire, mais jamais elle ne peut s'imposer à tous et si elle y parvient, c'est qu'elle est devenu idéologie et manipulation, c'est à dire profondément corrompue. Là où l'image s'impose comme réalité, la parole propose une réalité, forcément subjective, c'est à dire comme étant la compréhension de la réalité de celui qui parle. Parole et écrit, deux faces d'une même réalité dans la mesure où l'auteur d'un texte s'engage de la même manière qu'un orateur. Comme une parole, un texte est toujours signé, une image jamais. À cette anonymat à la source de l'image répond l'anonymat à son embouchure. Si celui qui lit s'appelle "lecteur", celui qui écoute "auditeur", comment donc s'appelle celui qui regarde sinon "voyeur" ?

C’est devenu un lieu commun que d’affirmer : « les protestants sont réticents face à l’image ». Cette affirmation trouve son origine au seizième siècle quand les protestants allaient détruire les images et les statues dans les églises catholiques. Ce mouvement iconoclaste a marqué le protestantisme français comme en témoigne la sobriété de l’architecture et de la décoration intérieure des temples. Au vingtième siècle, l’œuvre du théologien protestant Jacques Ellul est dans la continuité de cette méfiance face à l’image. Pour ce grand auteur, le triomphe implacable de l’image dans la société technicienne a pour conséquence l’humiliation de la Parole. La démonstration de Jacques Ellul est brillante ; elle s’appuie sur une analyse en profondeur du phénomène technicien. Sa critique du règne de l’image dans notre société ainsi que dans l’Eglise a des accents prophétiques. Sur la question de l’image, les protestants se doivent de lire et relire Jacques Ellul, notamment La Parole humiliée (Seuil, 1981).Est-ce à dire pour autant que le dernier mot est définitivement prononcé et que le protestantisme n’a rien à voir avec l’image ? Les choses sont complexes. Le monde évolue y compris le monde de la théologie. Certains théologiens protestants comme Jérôme Cottin ou Pierre Prigent tiennent un discours favorable à l’image. Ces auteurs montrent qu’au plan de l’histoire, le christianisme primitif ainsi que les Réformateurs sont loin d’avoir été opposés à l’image. Dans cette perspective, il n’y a aucune raison que les protestants, s’ils veulent se faire entendre dans la société technicienne, ne puissent se servir de l’image.
D’un coté donc une argumentation d’ordre pratique : se faire tout à tous, c’est à dire se faire à l’image dans un monde d’image. De l’autre, les thèses radicales de Jacques Ellul qui sont loin d’être caduques. Comment s’en sortir ?
Une voie possible consiste à distinguer deux sortes d’images. En effet la notion d’image a considérablement évolué depuis Moïse et les dix commandements. Comme le faisait remarquer Hegel, quand bien même les historiens sont en mesure de nous décrire les gestes en détail, il nous est impossible aujourd’hui de comprendre ce qu’un romain ou un grec pouvait ressentir en s’inclinant devant la statue d’une divinité. Ce qui nous intéresse, c’est l’image aujourd’hui.
La distinction opérée par le philosophe Gilles Deleuze entre cinéma et télévision peut nous aider à y voir plus clair. Pour le philosophe, la télévision et le cinéma ont des fonctions complètement différentes. La télévision a une fonction de contrôle et de pouvoir. Le cinéma a une fonction esthétique et noétique (= qui relève de la pensée). Pour le dire de manière massive (donc forcément injuste), la télévision c’est mal (en tant qu’elle cherche à nous dominer); le cinéma c’est bien (en tant qu’il nous donne à penser). Nul besoin de longs développements pour affirmer que dans ce cas de figure, le protestantisme est résolument du coté du cinéma, c’est à dire du coté de la pensée.
Si l’on sort du cadre de la réflexion menée par Gilles Deleuze (télévision et cinéma) pour se placer de manière plus générale dans le domaine de l’image dans l’espace public, un rôle possible du protestantisme pourrait consister à promouvoir un certain type d’image et à combattre un autre type d’image.
Pour ce qui est des images à combattre, les cibles sont nombreuses : l’image publicitaire est l’exemple type de l’image « négative », de l’image mensongère. On peut ainsi s’interroger sur le bien fondé de campagnes publicitaires initiée par les Eglises, qu’il s’agisse d’Eglises sous influence américaine (de type évangélique) ou des Eglises qui nous sont proches (Ecaal, Eral, Erf, Eelf).
Pour ce qui est des images positives, elles sont sans doute plus rares. Un exemple nous est livré par le théologien américain d’origine allemande Paul Tillich qui déclarait dans un texte célèbre que « le Guernica de Picasso est une grande peinture protestante ».
Dans tous les cas de figure, précisément parce que la réalité est plus complexe que la théorie, il convient de faire preuve de discernement et d’esprit critique. Toute image publicitaire n’est pas bonne à jeter, toute œuvre d’art ne relève pas de la pensée, toute émission de télévision n’est pas nulle, il y a de mauvais films de cinéma, etc. Et dans tous les cas de figure y compris les images les plus intéressantes, il ne peut y avoir aucune fascination pour l’image (sous peine de subir les foudres symboliques des prophéties de Jacques Ellul).
Et lorsque le protestantisme est confronté de gré ou de force à la réalisation d’images, qu’il s’agisse des émissions de télévision religieuse du dimanche matin, de l’intérieur des temples ou de la catéchèse, la direction nous est donnée : changer les images du monde pour changer le monde. C’est une direction ambitieuse, mais il n’y en a pas beaucoup d’autres.

Mulhouse et
couronne
Samedi 23
et dimanche 24 octobre
Samedi 23 octobre
20h: Le protestantisme
et les images.
Conférence de Bernard REYMOND,
à la Fraternité, rue d'Alsace. Entrée libre.
Dimanche 24 octobre
10h15: culte commun aux paroisses de Mulhouse et couronnes. Prédication de Bernard REYMOND. Avec la participation du Chant Sacré.
12h30: repas au profit du Home Saint-Jean à la Fraternité, premier étage. Inscription au bureau de l'Église (03 89 42 38 95) avant le lundi 18.10, prix de 80 F. Gratuit pour les enfants jusqu'à 14 ans.
17h: concert du Collegium Musicum
au temple Saint-Étienne.
Sous la direction de Jan SOSINSKI,
Patrick FROESCH au piano.
Ouverture
de la Flûte enchantée de Mozart
Concerto pour piano et orchestre
n°2 en fa mineur de Chopin. Maestoso, Largetto, Allegro Vivace
Symphonie n°21 en la majeur
de Mozart. Allegro, Andante, Menuetto, Allegro.
Entrée libre, plateau.
L'environnement du protestantisme
a profondément changé depuis la Réformation, ce qui
"parlait" à l'homme du 16e siècle ne "parle" plus forcément
à nos contemporains. Comment pouvons nous encore dire notre spécificité
protestante dans un monde envahi d'images différentes et où
la religion est devenue un élément parmi d'autres dans la
vie civile? Ce sont ces deux aspects qui seront abordés lors de
la fête de la réformation.
La conférence du samedi
soir traitera de la relation entre le protestantisme et les images, entre
une foi fondée sur la parole et les représentations du monde
qui nous sont proposées. Quels en sont les accords possibles ou
les incompatibilités éventuelles? Comment nos images influencent
elles notre parole ou comment notre parole naît elle de notre façon
de voir le monde? Avec le soutien de peintures de Rembrandt ou de Mondrian,
Bernard REYMOND abordera ces questions. Professeur de théologie
pratique à l'université de Lausanne, il propose une vision
originale de la place des images dans le protestantisme. Son dernier ouvrage
s'intitule de "Vive voix" et se préoccupe de la manière dont
la manière dont la parole peut être entendue aujourd'hui par
nos contemporains.
Lors du culte du dimanche, il s'intéressera
à la manière dont notre parole spécifique peut s'incarner
dans la vie civile à partir du livre de l'Apocalypse. Quels sont
nos enjeux à l'orée du nouveau millénaire?