Mai 2000

Éditorial: La bourse ou la Vie
La vie du consistoire

La Bourse ou la Vie

Les péripéties de la Bourse au cours des dernières semaines, par-delà leur aspect purement économique, nous sont données comme une parabole. «Il en est va la vie de l’Église comme de la Bourse…»

L’attrait massif pour ce qu’il est convenu d’appeler la « nouvelle économie », la croissance vertigineuse des gains qu’elle procure, le surinvestissement et l’abandon des valeurs traditionnelles… et un plouf retentissant qui laisse planer l’ombre du krach.

Il nous arrive, me semble-t-il, de succomber à cette même tentation quand nous pensons (si tant est que nous le pensons) le devenir de l’Église.

L’attrait du « nouveau », attisé peut-être par la peur de l’avenir, nous conduit parfois à jouer avec l’Église, à miser, à risquer gros en surinvestissant dans ce qui nous semble pouvoir procurer des gains importants à court terme..

La jeunesse considérée, comme « avenir » de l’Église au lieu de partenaire au présent, est une illustration de cette tentation.

Une autre en est la gestion de projets que nous voulons innovants et que nous ne savons, trop souvent, que mettre en œuvre à partir des valeurs traditionnelles – les structures paroissiales par exemple – ou en opposition à elles.

Saurons-nous, oserons-nous imaginer puis construire l’Église à l’image d’un portefeuille de valeurs bien conçu : comme une mosaïque, variée et équilibrée à la fois ? Mosaïque d’âges, mosaïques d’intérêts, mosaïque de participations… en faisant abstraction de toute logique d’opposition. C’est un des objectifs d’une dynamique comme « Débat 2000 – 2000 Débats ». C’est un des objectifs aussi de notre Fête du consistoire qui rassemble tous les âges pour partager la réflexion comme la convivialité, le débat comme la célébration.

C’est, je crois, le défi que l’Église devra relever, non seulement quand elle veut faire place aux jeunes, non seulement quand elle « invente » comme elle le fait à l’Illberg, mais partout où elle se pose la question: comment être Église de Jésus-Christ là où nous sommes.

En vérité, cette question est nécessaire et vitale partout !

La Bourse ? La Vie !

Marc MULLER
 

Troisième Fête du Consistoire réformé de Mulhouse

Le 28 mai 2000

Au Torrent à Storckensohn

Les camps de jeunes
Le secteur Saint-Louis, Huningue
 
Mon séjour à GLAY.

Pendant la première semaine des vacances de février, Tiffany, Anastasia, moi et plein d'autres enfants sommes allés au centre de Glay dont M. FRIZON était le responsable.
Nous sommes partis dimanche le 13 février à 13h30 pour 6 jours. Les  adultes présents aidaient à charger les bagages dans la soute du bus. Quand nous sommes montés dans le bus, les parents de Tiffany et les miens sortaient de leur poche un mouchoir et faisaient semblant de pleurer en agitant celui-ci! La route était très longue mais très agréable à voir avec son paysage de champs inondés par la pluie, et avec une ou deux fois des chevaux qui galopaient dans les prés. Qu'ils étaient beaux.

Nous sommes arrivés vers 15h30 et nous nous sommes installés dans les chambres. Chaque chambre avait un nom de pays différent; Tiffany, Anastasia et moi nous étions dans la chambre Tanzanie. Nous avons commencé à préparer nos lits pour le soir avec la monitrice de notre chambre: Isabelle.
Nous avions une très bonne équipe de cuisine nous a préparé des petits plats tout au long du séjour: Jean-Marc, Eric, Aline.
Rémy, le fils de M. FRIZON était très gentil et s'est déguisé le mercredi, pour la veillée avec Frédérique en vieille dame de 73 ans qui s'appelaient Micheline (Rémy) et Jacqueline (Frédérique).

Une fois Samuel a été appelé par Micheline et ne voulait pas faire ce qu'elle disait, et, Micheline, normalement fait la petite voix, et, pour Samuel a fait la grosse voix en lui disant "mets-toi à genoux et excuse toi!!!". Et Samuel l'a fait… pour rire bien sûr…! Il y avait aussi le temps libre, les jeux, la lecture… etc…

J'ai fait quatre parties de Puissance 4 avec mon cousin Jérémy et j'ai gagné! Il devrait s'entraîner pour ce match et il était si vexé qu'il m'a mis un gros glaçon sur la tête.
En tout cas moi j'ai adoré la veillée du jeudi soir car c'était la soirée "Casino" (s'habiller de ses plus beaux habits…) avec tout plein de jeux: Black Jack (où j'ai gagné à chaque fois que j'y jouais), le yatsée magique, le jeu de la Boule, la roulette, etc…
Bien sûr j'y retournerai l'année prochaine, car moi j'ai adoré…
Élodie SIMON

GLAY 2000

La rencontre traditionnelle organisée chaque année depuis six ans déjà a permis de rassembler ce dimanche 13 février plus d'une trentaine d'enfants venant de notre paroisse mais aussi extérieurs à l'église protestante. Pour les habitués, toujours un grand plaisir de se retrouver, pour les "nouvelles recrues" c'est la grande découverte, en commun, dans le groupe, une effervescence de sentiments:
Impatience, jeu, aventure, camaraderie, responsabilité, plaisir, sensation forte, rire et amusement puis inéluctablement, tristesse.

Cette année, c'est une nouveauté, nous sommes partis en bus. Arrivés au centre, il régnait une ambiance de joie, mais aussi d'impatience. Le reste de la journée fut consacré à l'organisation et au rangement des chambres, chose nécessaire au bon ordre de la maison; pour les nouveaux, l'occasion de se familiariser avec l'organisation du centre et ses occupants. Le repas du soir permit à chacun de se présenter.

Les matinées débutaient par un petit déjeuner complet que l'on pouvait prendre entre 7h30 et 8h45 pour les lève-tard. Un moment spirituel inaugurait le début de la journée, où l'on pouvait parler des points positifs ou négatifs de la vie du groupe. Les évangiles étaient racontés et l'on chantait pour que chacun puisse en tirer une leçon. Ensuite pouvait commencer ce que je pense que tout le monde attendait: les ateliers manuels classiques mais néanmoins intéressants tels que perles, bracelets brésiliens, bois, tricotage… etc… Bref, toujours du plaisir.

Les après-midi démarraient aux alentours de 14h avec sorties en plein air aux thèmes très divers. Habituels: le jeu de l'oie, de piste ou encore les olympiades. De nouveaux thèmes: un jeu d'Astérix et d'Obélix avec déguisement, fanfares, aventures et trésors à la clé. Les moniteurs déguisés en personnage de la bande dessinée… quel spectacle ou encore une randonnée sur le plateau environnant avec à l'arrivée un jeu de Hockey, sensations fortes assurées…

J'ai eu le plaisir à quelques occasions d'apporter mon aide à l'équipe d'animation dans certains ateliers de jeux, ce qui m'a donné une sensation de responsabilité.
Après une bonne douche, des veillées étaient organisées le soir. Plus calmes et plus courtes les soirs où la fatigue se faisait sentir, et plus agitées et prolongées quand les moniteurs étaient fatigués de notre énergie. Petits jeux toujours amusants, veillée cinéma ou plutôt jeu d'ombres distrayant, ou la bataille navale plus calme.
Sans vous parler de la délirante soirée casino, baignée dans la fièvre du jeu (du faux bien sûr…!). La dernière veillée fut sans aucun doute la plus réussie: chaque groupe présentait un spectacle qu'il avait préparé pendant la semaine. Fou rire et amusement inévitables…!

Puis, malheureusement arrive la fin du séjour. La tristesse plane sur le groupe, mais on est content tout de même de rentrer chez soi.

En tout cas, ce séjour nous aura à tous apporté quelque chose: que ce soit l'amitié qui s'est liée entre certaines personnes ou la camaraderie qui formée dans tout le groupe. Enfin, je voudrais remercier toute l'équipe d'animation pour leur dévouement, les plus jeunes qui nous font toujours bien rire, et les plus âgés pour leur expérience. Merci aussi au nom de tous à la cuisine qui nous a gâtés avec ses petits plats… Merci à monsieur et madame FRIZON, les dirigeants de ce séjour réussi depuis six ans, et pour le mal qu'ils se sont donnés.
Jérémy ÉCKLÉ

Le secteur Mulhouse
La création à Glay

Au cours de la première semaine des vacances d'avril, les catéchumènes de Jeune-Bois, l'Illberg, Saint-Jean, Saint-Étienne et Saint-Marc se sont retrouvés au centre de Glay pour une retraite consacrée au thème de la création.

Après une découverte inattendue des environs de Baume-les-Dames, le groupe a investi la vieille maison qui allait trembler (dans tous les sens du terme) du fait de leurs activités spirituelles et physiques. Tempêtes de cerveaux et de couloir auront été au rendez-vous, normal quand on étudie le tohu-bohu originel…

Les temps de travail ont été intenses et variés, une véritable plongée dans le texte de la Genèse ainsi que dans l'histoire de l'homme et du cosmos. Plongée que certains ont prolongé jusque dans le Doubs lors des deux après-midis de kayak, réussissant même à couler les canoës réputés insubmersibles. Que d'eau, que d'eau, à la fois dans la rivière, les bateaux et dans les nuages. Expérience concrète de la séparation des eaux du dessus d'avec les eaux du dessous (et du dedans) comme le dit encore la Genèse…

Tout le programme de physique de 4e et 3e du collège a été révisé en une seule soirée, « La tête dans les étoiles » au cours de laquelle Pierre HENNER nous fit tourner la tête de l'infiniment petit à l'infiniment grand (au fait, la 4e force de l'univers, c'est laquelle…?) ; qu'il en soit infiniment remercié. Même ses paroles d'après projection n'ont pas été sans effet, la preuve que chacun peut changer et pas seulement au niveau de ses cellules…

Toute la semaine s'est déroulée à un rythme endiablé, enchaînant la réflexion, les services communs, les temps de détentes, les ballades boueuses ainsi que les chasses au troupeau de mammouths, bref le groupe était au taquet en permanence.
En liberté le dernier jour à Belfort, ils ont pu découvrir en petit groupe les spécialités locales (Mac Donald's, Flunch et autres Döner Kebabs) pendant que les animateurs étaient au pied du lion. Si une minorité a souhaité s'offrir le rêve d'une prolongation vers Besançon, la majorité s'est dirigée vers Saint-Marc où la dernière main a été mise au culte commun à Saint-Étienne. Ambiance studieuse pour ce dernier, entièrement conçu par les jeunes qui ont présenté le résultat de leurs travaux (jeu scénique et interventions franches) sans oublier de consulter les paroissiens. Papier et stylos ont été leurs outils pendant le séjour, et les adultes s'y sont donc collé également, un temple transformé un instant en école, belle parabole.

Tous se sont déjà donné rendez-vous autour des volcans d'Auvergne en juillet pour le camp consistorial pour lequel il est encore temps de s'inscrire…

Roland Kauffmann
 

Le secteur Piémont des Vosges
F.A.S.M.: Festival d’art Spirituel de Mulhouse

Paroles Bibliques

Le bon berger

 
Jean 10, 11-18 

Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis.
L'homme qui ne travaille que pour de l'argent, qui n'est pas le berger et à qui les brebis n'appartiennent pas, abandonne les brebis et s'enfuit quand il voit venir le loup, de sorte que le loup s'empare des brebis et les disperse.
Il s'enfuit parce qu'il ne travaille que pour de l'argent et ne se soucie pas des brebis.

Je suis le bon berger. De même que le Père me connaît et je connais le Père, de même je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Et je donne ma vie pour mes brebis. J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas dans cet enclos. Je dois aussi les conduire; elles écouteront ma voix, et elles deviendront un seul troupeau avec un seul berger.

Le Père m'aime parce que je donne ma vie afin de la recevoir à nouveau. Personne ne me prend la vie, mais je la donne de ma propre volonté. J'ai le pouvoir de la donner et j'ai le pouvoir de la recevoir à nouveau. C'est là ce que mon Père m'a ordonné de faire

Il y a des jours où notre foi nous pousse à briser les images saintes, les images pieuses. Certaines images, en effet, forment un écran entre Dieu et nous, entre le Christ et nous. Ces images bloquent notre imagination, l'arrêtent, l'emprisonnent et nous font régresser à des comportements infantiles. Ces images-là ne nous ouvrent pas au mystère de Dieu, du Dieu qui a dit: Tu ne feras aucune image de moi, (Ex. 20,4), au mystère de ce Dieu qui n'a toléré aucune autre représentation de lui sinon la croix de son fils, où il a donné sa vie pour nous.

Une image brouillée

L'image du Bon Berger est une de ces images qu'il faut d'abord détruire. Non pas l'image que le Christ nous a donné dans l'évangile, mais celles que nous avons peint sur nos horribles et pitoyables images qui ornaient certaines alcôves de nos grands mères. Non pas justement celles du Bon Berger qui donne sa vie, c'est à dire du Christ crucifié, mais celle du Bon Berger romantique, caressant ses brebis, les laissant se blottir dans ses bras, cette image qui s'adresse à nos désirs les plus infantiles d'être protégés, bercés, cajolés… comme des petits moutons auxquels notre école du dimanche nous a appris à nous identifier. On ferait de ces images une anthologie de tout ce qu'il y a de plus malsain en même temps que de plus mignon dans notre imagerie pieuse. Mais laissons là ces images. Ce que le Christ nous dit du Bon Berger est assez fort pour les détruire toutes.

Une parole qui éclaire

"Je suis le bon berger" (Jean 10, 11). En disant cela, Jésus signifie à ses auditeurs: "Je suis Dieu", rien moins que Dieu lui même, venant en personne pour paître son troupeau. Et ses auditeurs ne s'y sont pas trompés, car à la fin du chapitre ils apportent des pierres en vue de le lapider pour blasphème.

Les Juifs l'ont compris, parce qu'ils connaissaient les Écritures. Ils savaient ce que Dieu avait dit par la bouche d'Ézéchiel le prophète: "Car ainsi parle le Seigneur Dieu: Voici que j'aurai soin moi-même de mon troupeau, et que je le passerai en revue… C'est moi qui ferai paître mes brebis et c'est moi qui les ferai reposer."

En disant je suis le bon berger, Jésus déclare qu'il accomplit cette prophétie dans laquelle Dieu avait annoncé qu'il chasserait les méchants bergers cherchant leur profit, qu'il le conduira lui-même. Il déclare, comme le Seigneur par la bouche d'Ézéchiel: "Et vous, mes brebis, vous êtes le troupeau que je fais paître, et moi je suis votre Dieu" (Ez 34,31). Mais Jésus ne se contente pas de l'affirmer. Il nous donne des signes pour le reconnaître. Et si nous y regardons de près il nous donne trois signes.

Trois repères de l'amour

Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Et le second signe est l'explication du premier: le mercenaire s'enfuit parce qu'il est mercenaire et peu lui importe ses brebis.

Au vrai berger, à Dieu, les brebis importent, elles lui tiennent à cœur: il est prêt à donner sa vie pour elles. Elles lui tiennent à cœur, c'est à dire qu'il leur est attaché, qu'il a besoin de les savoir heureuses; ce qui les touche, le touche; ce qui les blesse, le blesse. Le mercenaire, celui qui cherche son intérêt, celui qui ne s'y intéresse que pour l'argent, celui-là n'y engage rien de lui-même. Il ne créé pas de liens, de liens personnels. Les autres ne sont qu'occasion de s'enrichir. Ils sont donc interchangeables.

Mais Dieu, et c'est le troisième signe de sa présence dans le Christ, peut dire en vérité: "je connais mes brebis". Et il les connaît du même amour personnel par lequel il connaît son Père.

En un mot, ce que le Christ nous donne comme signe qu'il est Dieu, le vrai berger, le vrai pasteur, c'est qu'il aime en y engageant son cœur jusqu'au bout, qu'il aime d'une connaissance personnelle. En tout cela, le Christ nous révèle que son amour est un amour qui s'est fait vulnérable, un amour qui s'est livré. Si donc nous pouvons reconnaître dans le Christ notre vrai berger notre vrai pasteur, c'est parce que, loin de nous offrir ce confortable blotissement infantile, cette démission de soi auprès d'un tendre protecteur, il nous offre cet amour qui nous touche au plus profond de nous-mêmes. Nous reconnaissons en lui notre pasteur, notre Dieu, parce que nous nous sentons reconnus par lui, par un amour qui tient à nous et qui nous préfère à soi, comme il préfère le Père à lui-même. Mais en même temps cet amour ne nous laisse pas nous réfugier en lui comme en un havre d'enfance inassouvie. Car il nous demande d'aimer les autres comme il nous a aimés.

Comme lui…

Alors ces trois signes de l'amour qui vient de Dieu, nous devons les reproduire dans notre amour des autres. Il faut d'abord que notre amour des autres soit le don de nous jusqu'à la mort...., c'est à dire qu'il soit une préférence des autres à nous-mêmes en laquelle nous perdons le souci de nous-mêmes. Il faut encore que notre amour des autres soit un attachement réel à eux et non une comédie pieuse, qu'il nous "importent", qu'ils nous soient importants pour nous, qu'ils comptent, que notre cœur y soit engagé.

Et que ce ne soit pas pour un salaire, fût-ce pour le salaire de la vie éternelle, que nous les aimions. Il faut aussi que nous les connaissions du regard dont Dieu les connaît, avec la même tendresse pénétrante, qui devine et prévient. Et comme le Christ nous connaît de la même connaissance dont il connaît le Père, que nous connaissions les autres de la même connaissance dont nous le connaissons lui, le Christ… De sorte qu'il n'y plus deux commandements mais un seul, qu'il n'y ait plus deux orientations de notre regard et de notre cœur qui se disputent notre temps et notre attention, qu'il n'y plus deux amours mais un seul, puisqu'il n'y a qu'un seul commandement: "Aimez vous les uns les autres, comme je vous ai aimés" (Jean 15,12).

Jean-Pierre JORDAN

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