Le Ralliement Protestant de septembre 2001

Voyage au goût de bouchon

Le tube de l'été:


Il faisait chaud
(sur l’air de Bella ciao, chant traditionnel italien)
La chanson des jeunes en camp en Sicile par Jean-Marc Meyer

Éditorial:Évangile en sommeil ou Évangile en éveil, Jean-Marc Meyer

Colloque Albert Schweitzer. Strasbourg, samedi 6 octobre 2001de 10h à 17h
Page biblique: Marc 9: 17 - 29 (la guérison de l'enfant épileptique), Frédéric Wennagel, pasteur de Guebwiller.
Le camp de jeunes à Riesi, juillet 2001, Margot Rietsch
Conférences Comenius
Parmi les livres:

Jesus, le Dieu des rencontres. Pierre VILAIN, Préface de Gérard BESSIÈRE, Desclée de Brouwer, 2001.


Le dossier du mois:
le recyclage des bouchons par le centre de Kork

Voyage au goût de bouchon, les jeunes de Guebwiller
Kork: le centre pour épileptiques, les jeunes de Guebwiller
Mission toujours… Autre forme d'engagement, Frédéric Wennagel
La récolte des bouchons dans les paroisses, Roland Kauffmann


Il faisait chaud (sur l’air de Bella ciao, chant traditionnel italien)
 
Una matina
Ils sont partita
En disant ciao, maman ciao, papa ciao, ciao, ciao
Destinazione
La Sicilia
Embarcation dans l’autocar
On s’en est tapé
Des heures à rouler
Ça t’met KO, t’met KO, t’met KO, …o, …o
Mais dans l’bus à Guy
On était assis
C’est mieux que d’faire la route à pied
Torre Pellice
Là on s’est caillé
Y f’sait pas beau, f’sait pas beau, f’sait pas beau, beau, beau
Mais un vrai Vaudois
Ça craint pas le froid
C’est solide comme une Roccagglia
Pour le Vatican
Faut serrer les dents
Faut s’lever tôt, s’lever tôt, s’lever tôt, tôt, tôt
La circulation
En ville c’est coton
Vraiment ils sont fous ces Romains
La Nostra Mare
Un peu secouée
Su’l grand bateau, grand bateau, grand bateau, teau, teau
Ils furent plusieurs
À vomir en chœur
Riesi vaut bien un mal de mer
D’étape en étape
Le voyage se passe
Et puis bientôt, puis bientôt, puis bientôt, tôt, tôt
Sur l’îl’ vent en poupe
Débarquent nos troupes
Même son volcan en a toussé
Et là à Riesi
Ce fut l’paradis
La vie d’château, vie d’château, vie d’château, teau, teau
Sous les oliviers
On a profité
Des ces vacances bien méritées
On a travaillé
Sous la Calore
Des bouteilles d’eau, bouteilles d’eau, bouteilles d’eau, d’eau, d’eau
On en a vidées
Une belle quantité
Mon Dieu qu’est ce qu’on a transpiré
Pensons à Lilo
Le super cuistot
Ses p’tits plats chauds, p’tits plats chaud, p’tits plats chauds, chauds, chauds
Une Marguarita
Ne suffisait pas
Pour nourrir tous ces affamés
La JEB des PM*
Aujourd’hui je l’aime
C’est rigolo, rigolo, rigolo, lo, lo
Que bella Fiesta
Gracie Eliana
Grâce à toi on s’est éclatés
Maint’nant c’est fini
Salut l’Italie
Les amis ciao, amis ciao, amis ciao, ciao, ciao
Demain on rentre
Et moi le chantre
Je vous souhaite longue vie


Jean-Marc MEYER
Velletri, 29.7.01

*sigle inventé lors de la fête du dernier soir à Riesi et qui désigne avec humour et tendresse la “ Joyeuse Exubérance Bordélique des Pays Méditerranéens ”.



Éditorial: Évangile en sommeil ou Évangile en éveil, Jean-Marc Meyer
En entendre parler ou le voir à la télé, c’est une chose ! L’observer de près, sentir son odeur, voir la lave éjectée du cratère et fouler cette cendre noire et visqueuse qui s’immisce partout, c’est une autre affaire ! Comme les habitants de Catania et des environs, les jeunes du camp consistorial en Sicile ont pu se rendre compte “ en direct ” (à une distance de sécurité de plusieurs dizaines de kilomètres, rassurez-vous !) de la violence énorme et du sentiment d’impuissance à lutter que génèrent le réveil brutal d’un volcan.
Durant ce mois de juillet, l’Etna a connu l’une de ses éruptions les plus impressionnantes et inquiétantes de ces dernières années. Éruption ne faisant, grâce à Dieu, aucune victime, mais rappelant à tous ceux qui en furent témoins, de près ou de loin, que l’Homme est bien peu de choses face aux forces de la Nature.

Coïncidence ou ironie du sort, au même moment, à Gênes, un autre volcan entrait en éruption, encore plus incontrôlable et surtout bien plus meurtrier. On pourra dire ce qu’on voudra de la polémique qui fait rage aujourd’hui à propos des violentes émeutes entre manifestants antimondialistes, casseurs néo-fascistes et forces de l’ordre qui ensanglantèrent la ville recevant le sommet du G8. On pourra être plutôt du côté des petits et affirmer avec le chanteur irlandais Bono que “ …la violence n'est jamais justifiée. Mais je pense que la colère est compréhensible face à l'obscénité du fossé sans cesse grandissant entre riches et pauvres sur la planète ”. Ou bien, on se situera de préférence du côté des puissants dont dépend l’équilibre mondial et qui font régner l’ordre, quitte à faire appel à la répression policière la plus aveugle qui soit.
Une chose est pourtant claire à mes yeux : la superposition inopinée de ces deux événements aura montré une fois encore que la folie destructrice et l’appétit de violence de l’Homme sont et restent bien plus inexorables et dangereux que la force conjuguée de tous les volcans du monde.

En tant que chrétiens, à la lumière des paroles du Christ, nous osons affirmer que la violence n’est pas fatalement le seul moyen de régler les problèmes. Nous croyons que l’égalité entre les Hommes n’est pas juste une utopie, mais une réalité qui peut se construire avec les armes de la tolérance, du dialogue, de l’amour. Bien sûr, quand on voit ce qui se passe, hier à Gênes et aujourd’hui dans tant d’autres endroits du monde, on peut parfois se sentir un peu découragé et se dire “ À quoi bon ! ”
Mais l’Évangile n’est-il pas lui aussi comme un volcan ? Un volcan qui, certes, sommeille parfois bien longtemps mais qui, ranimé par la conviction de tous ceux qui se réclament du message de Jésus, ne demande qu’à s’éveiller ?

Évangile en sommeil ? Ou Évangile en éveil pour embraser le monde avec le feu de l’amour de Dieu ?
Qui d’autre que tous les Hommes de bonne volonté pourrait en décider ?

Jean-Marc MEYER


Colloque Albert Schweitzer
Strasbourg, samedi 6 octobre 2001de 10h à 17h

Organisé par l'Association française des Amis d'Albert Schweitzer et l'Union Protestante Libérale
Lieu : Foyer Lecocq, cour de l'Eglise Saint-Guillaume, rue Ernest Munch à Strasbourg.
Programme :
 

1. Introduction :pasteur Ernest WINSTEIN, pasteur Philippe AUBERT.

2. Albert Schweitzer et le dialogue interreligieux par le pasteur Sylvain DUJANCOURT, Directeur de la revue "Foi et Vie".

3. L'histoire "schweitzérienne" de la pensée chinoise, confrontée aux vues de quelques spécialistes par le professeur Bernard KAEMPF.

4. Albert Schweitzer et le judaïsme, à travers la correspondance avec Martin Buber par Mme Heidi TRAENDLIN.


Les relations avec l'Islam seront évoquées au cours des débats. Présentation de deux ouvrages de Schweitzer inédits à ce jour: Les sermons de Lambaréné et Une pure volonté de vie (traduction de ses derniers cours à l'université de Strasbourg en 1912.

Repas en commun à 12h15.
Prière de s'inscrire à : AFAAS secrétariat, 1 quai Saint-Thomas, 67000 Strasbourg.

Pages biblique: Marc 9: 17 - 29 (la guérison de l'enfant épileptique)

Un homme dans la foule lui répondit:
- Maître, je t'ai amené mon fils, car il est tourmenté par un esprit mauvais qui l'empêche de parler. Partout où l'esprit le saisit, il le jette à terre, l'enfant a de l'écume à la bouche et grince des dents, son corps devient raide. J'ai demandé à tes disciples de chasser cet esprit, mais ils ne l'ont pas pu.
Jésus leur déclara:
- Ô vous, gens sans foi! Combien de temps encore devrai-je rester avec vous? Combien de temps encore devrai-je vous supporter? Amenez-moi l'enfant.
Et on le lui amena. Dès que l'esprit vit Jésus, il secoua rudement l'enfant; celui-ci tomba à terre, il se roulait et avait de l'écume à la bouche. Jésus demanda au père:
- Depuis combien de temps est-il ainsi?
Et le père lui répondit:
- Depuis sa petite enfance. Et souvent l'esprit l'a poussé dans le feu et dans l'eau pour le faire mourir. Mais aie pitié de nous et aide-nous, si tu peux!
Jésus répliqua:
- Si tu peux, dis-tu. Mais, tout est possible pour celui qui croit.
Aussitôt, le père de l'enfant s'écria:
- Je crois, aide-moi car j'ai de la peine à croire!
Jésus vit la foule accourir près d'eux; alors, il parla sévèrement à l'esprit mauvais et lui dit:
- Esprit qui empêche de parler et d'entendre, je te le commande: sors de cet enfant et ne rentre plus jamais en lui!
L'esprit poussa des cris, secoua l'enfant avec violence, et sortit. Le garçon paraissait comme mort, de sorte que beaucoup de ceux qui étaient là disaient: "Il est mort." Mais Jésus lui prit la main et le fit lever, et il se tint debout.
Quand Jésus fut rentré à la maison et que ses disciples furent seuls avec lui, il lui demandèrent:
- Pourquoi n'avons - nous pas pu faire sortir cet esprit?
Et Jésus leur répondit:
- C'est par la prière seulement qu'on peut faire sortir ce genre d'esprit.

Notes et clés de lecture:
a) le choix de ce texte n'est pas dicté par l'actualité mais par les pages suivantes de ce numéro, autour d'une sortie réalisée par les jeunes de la paroisse de Guebwiller.

b) ce récit de miracle figure dans les trois évangiles synoptiques et les trois auteurs le place sitôt après que Jésus, Pierre, Jacques et Jean soient descendus de la montagne de la transfiguration

c) "le vrai problème qui se pose est celui du choix du contexte par l'évangéliste qui a décidé de l'insérer dans son livre.  En effet, mise à part la guérison de l'aveugle de Jéricho (Mc 10: 46 - 52), les chapitres 9 et 10 ne comportent pas d'autre récit de miracle, pas plus d'ailleurs que les chapitres 11 à 13 (à l'exception de la malédiction lancée au figuier). La réponse à la question est à chercher du côté du thème de cette quatrième section: le parachèvement de la formation des disciples par la référence aux souffrances du Maître et par l'invitation à suivre Jésus en renonçant à toute autonomie personnelle. Les disciples ne doivent pas s'ériger en guérisseurs utilisant à leur profit leur relation avec Jésus; ils doivent rester étroitement dépendants de Dieu et du Christ qui les a appelés, sous peine d'échecs humiliants."1

Commentaire

Contraste
Vision lumineuse du monde d'en haut, contemplation qui laisse croire aux trois disciples qu'enfin, sur terre, tout allait être transfiguré, métamorphosé dans la lumière du Royaume de Dieu. Et puis, comme une douche glacée, vision impitoyable du monde d'en bas avec ses enfants malades, ses parents angoissés ou désespérés, ses croyants impuissants. Après la plus grande promesse de transformation du monde, surgit le plus grand scandale de ce monde, les enfants malades.
Le contraste est voulu, probablement, parce qu'il est la brutale expression de la vérité. On ne choisit pas entre un monde ou l'autre, entre adoration ou lutte, entre certitude ou impuissance.  Les deux sont offerts. Et c'est insupportable. Mais c'est ainsi.  "Le monde où le Christ fut transfiguré, c'est aussi le monde où des êtres humains sont défigurés".2  Nous ne pourrons jamais annoncer l'Évangile dans un monde nettoyé de ses scandales, nous sommes condamnés à porter la croix de notre impuissance.

Ombre ...
Elle est bien douloureuse la vision de cet enfant torturé, martyrisé par une maladie longtemps attribuée aux forces démoniaques et que l'on apprend à soigner (pas à guérir) depuis quelques années seulement.  Mais elle est aussi douloureuse la vision de ces disciples en train de discuter. Ils ne peuvent rien faire pour ce pauvre gosse. Alors, plutôt que de reconnaître leur impuissance, ils pérorent sur les scandales, sur la mort des enfants, sur la souffrance, sur les causes de la maladie et probablement sur le péché ... Combien aurait-il été plus honnête d'avouer: "Nous n'avons rien à dire, car nous ne pouvons rien !"
Certes, en l'absence de Jésus, certains disciples ont essayé de faire, d'imiter le Maître dans des cas semblables. Ils ont échoué, lamentablement.  Ils se sont cru possesseurs d'un peu du pouvoir de leur Maître, d'un peu de la puissance divine.  Comme des croyants incrédules, qui n'acceptent pas leur radicale impuissance, qui pensent qu'on peut détenir Jésus-Christ par le simple fait d'être son disciple, voir qu'on peut se risquer à imposer les mains en n'offrant guère qu'une anesthésie passagère à quelques désespérés. "Race d'incrédules qui ne croit pas à son impuissance radicale, et qui ainsi ne s'en remet pas complètement à Dieu par la prière!". Pour posséder un peu de la puissance de Dieu, il faudrait d'abord posséder quelque chose de son amour!

Et lumière !
Jésus a repoussé les disciples, écarté les curieux. Les choses vont se passer en secret, dans une relation personnelle, dans le face à face entre lui et le père de l'enfant, en lui faisant dire cette douloureuse histoire, cette torture incessante. En brisant le tabou qui veut qu'on ne parle pas de ça. (l'épilepsie a pendant des siècles été considérée comme la possession par le diable. On cachait son malade, on en avait honte).  Du père qui ne voyait en lui qu'un guérisseur (si tu peux, lui avait-il dit) il veut faire un croyant dont la foi ne s'appuierait pas sur quelques forces intérieures insoupçonnées ou sur quelques secrètes formules magiques, mais sur une totale confiance à Dieu, à son amour et à sa tendresse pour celui qui souffre.
Et ce croyant confesse sa foi.  Sans jouer avec les mots de la foi. Il dit la vérité, sa vérité. Dans sa situation de détresse, quand nous nous sentons interpellé par le Christ en personne qui nous parle et qui nous écoute avec son cœur, la foi ou l'incrédulité, ce n'est pas une question d'option religieuse, mais de vie ou de mort.  Je crois ... mais ...
Le véritable miracle s'est déroulé là, alors que l'enfant semblait être au plus mal, dans ce cheminement de foi de son père ... et dans la prière, nous dit le Christ. Mais quelle prière? À aucun moment nous n'avons entendu le Christ prononcer quelque prière que ce soit. La seule prière, c'est celle qui a jaillit du cœur de ce père, une prière-cri, acte d'humiliation et de confiance absolue. Et la guérison survient. Signe donné à la foi, même pétrie de doute et d'incrédulité. Signe donné aux hommes de la puissance d'une prière vraie.  On a souvent vu dans ce signe un symbole de résurrection.  Sans aller jusque là nous sommes invités à y voir Jésus rendant cet enfant à une vie normale 3.
Et dans son contexte (voir notes et clés de lecture), que signifie ce signe si ce n'est de nous inviter, à notre tour, à placer, dans la foi, de tels signes sur la route de ce monde, de notre monde.  Des signes de vie, des signes d'espoir, dans la confiance absolue en l'amour de Dieu. Ce n'est pas au-dessus de nos forces.  Permettre à l'autre d'avoir une vie normale, c'est chaque jour, et c'est chacun.

1 E.Trocmé, "L'évangile selon Marc", commentaire du nouveau testament, Labor et Fidès, 2000, p.243.
2 A.Maillot, "Les miracles de Jésus", Réveil, 1977.
3 E.Trocmé, déjà cité.
Le camp de jeunes à Riesi, juillet 2001
 
Même la chaleur pesante de la Sicile n'a pu faire pression sur le moral du groupe de jeunes lors de ce 3e camp!
Comme lors des 2 années précédentes, la bonne humeur que nous avons baladée des vallées vaudoises (au nord) à la Sicile en passant par Rome, est restée inaltérable. Tous les participants à ce camp sont d'ailleurs tombés d'accord pour dire que ce dernier séjour fut réellement différents des 2 autres. En effet, le principe du camp itinérant fut une totale découverte pour nous tous:
*tout d'abord parce que cette formule nous a permis un séjour très riche culturellement
*ensuite (et par un aspect plus négatif), parce que peut-être avons nous voulu en voir trop, justement. Résultat: beaucoup de visites et de longs trajets en bus ont parfois apporté une grande fatigue au groupe, ce qui n'a pas toujours facilité le contact.
Cependant, le bilan total de ces 15 jours est resté tout à fait positif, car les bons moments (veillées, séances chants-guitare, batailles d'H20 etc…) ont été au rendez-vous comme prévu.
Les découvertes culturelles italiennes ont elles aussi été nombreuses! (la JEB des PM ou Joyeuse Exubérance Bordéliq des Pays Méditerranéens; les pâtes (!) et les belles italiennes etc…)
Un autre aspect très intéressant pour le groupe a été le séjour au "Servicio Cristiano" de Riesi, où nous avons découvert la lutte contre la violence autrement que par la violence; c'est-à-dire par l'éducation et l'entraide à laquelle nous avons participé en travaillant sur différents plans dans le centre.
Bien entendu, la philosophie de Roland KAUFFMANN, les soins de Nadine et Marie-Eve,  la bonne humeur de Pierre VINSON, le volant expert de notre chauffeur Guy et la guitare de Jean-Marc MEYER nous ont accompagnés durant tout le séjour, avec, entre autres, la chanson du camp 2001. En voici les paroles, dont Jean-Marc est l'auteur:…
Margot RIETSCH
Conférences Comenius
Cycle: bioéthique en collaboration avec l'Aumônerie oecunénique des étudiants  "les Cigales".
Jean-François COLLANGE
Professeur d'éthique à la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg et membre du Comité Consultatif National d'Ethique "Fin de vie, arrêt de vie : l'euthanasie en débat" . En collaboration avec la paroisse Saint-Jean jeudi 20 septembre  à 20h30 à la salle Saint-Jean Impasse des Cendres.
Parmi les livres
Jesus, le Dieu des rencontres. Pierre VILAIN, Préface de Gérard BESSIÈRE, Desclée de Brouwer, Collection « Pensées pour vivre », 2001, 118 pages.
Parmi les nombreux livres parus ces temps-ci sur le rabbi de Nazareth, celui de Pierre VILAIN, qui retrace neuf rencontres de Jésus, est à la fois d'une lumineuse simplicité et d'une rare portée spirituelle.
Jésus n'a pas été un dieu venu d'ailleurs comme les dieux païens, mais il a été un homme. Cela est trop souvent oublié. Face aux événements et aux autres, il a été « confronté au risque de la liberté » pour réaliser sa vie au milieu des hommes, sous le regard du Dieu qu'il appelait son Père. En se laissant interpeller par les personnes rencontrées, il a pris de plus en plus clairement conscience des implications inattendues du message qu'il portait en lui, jusqu'à accepter d'être cloué sur une croix. Ainsi, des femmes et des hommes de Palestine ont contribué à « façonner » Jésus et la destinée humaine du Dieu qui s'est identifié à lui. Se livrant aux hommes au point de ne pouvoir venir au monde que par eux, ce Dieu est apparu en Jésus comme une relation d'amour capable de libérer toute créature et de transfigurer le monde. Tel est le passionnant projet de salut que Dieu a confié à l'humanité.
Ce petit livre chaleureux est le fruit d'une longue méditation que son auteur, ancien journaliste à « Témoignage Chrétien », a mûrie conjointement à partir des évangiles et de ses multiples combats pour la justice et la paix. Des rencontres qui restent d'une étonnante actualité ...
Jean-Marie KOHLER


Le dossier du mois:

le recyclage des bouchons par le centre de Kork

Voyage au goût de bouchon

Depuis quelques temps, et un peu partout, on entend parler de récupération d'un petit objet familier : le bouchon de liège. Plusieurs articles dans les journaux régionaux, plusieurs notifications dans différentes chroniques paroissiales du Ralliement… on n'échappe pas à la récup'mania.
Lubie d'écologiste ? Phénomène de mode ? Coup de pub ? Rien de tout cela ! Mais bien plus, un petit geste simple qui devient vraie action missionnaire !
 Les catéchumènes et les jeunes de la paroisse de Guebwiller qui, à l'initiative du pasteur WENNAGEL et du responsable de la commission jeunesse de la paroisse Bernard GSEGNER, récupèrent eux aussi les bouchons, ont voulu en savoir plus. Ils vous racontent le comment et le pourquoi de cette action.

Pourquoi ?
Si vous interrogez les jeunes quant au mot "mission", ils vous répondront, en grande majorité, en terme de distance (l'autre bout du monde), de difficultés (surtout financière) ou de temps et d'énergie (il faut frapper un grand coup). Peu d'entre eux penseront mission en termes de proximité, de simplicité ou de quotidienneté. C'est l'un des intérêts de cette action de récupération que d'essayer de leur apprendre la mission.

Comment ?
Nous avons constitué un petit dossier de présentation du projet. Chaque jeune en a parlé autour de lui, dans sa famille, aux amis, et a contacté dans son village, viticulteurs ou restaurateurs en leur remettant un
exemplaire du dossier. Bien entendu les paroissiens, par la voie des annonces au culte et du Ralliement, ont été eux aussi informés et invités à aider ces jeunes à "remplir leur mission". L'invitation était formulée ainsi : "En parcourant les pages de la Bible, nous nous apercevons que Jésus-Christ nous demande de vivre l'entraide et la solidarité au quotidien. Cela peut passer par l'aide humanitaire, par un soutien aux Missions un peu partout dans le monde mais aussi par ouvrir les yeux sur ce qui se passe un peu moins loin, près de chez nous notamment. Une institution allemande, située non loin de Kehl, s'occupe entre autre de personnes épileptiques et leur propose, pour combattre la maladie et retrouver petit à petit une place dans la société, de travailler dans des ateliers de retraitement et transformation du liège.
Nous ne pouvons, à l'image de Jésus-Christ, apporter miraculeusement la guérison, mais nous pouvons à notre manière aider les malades et les médecins. Comment ? En récupérant un maximum de bouchons de liège qui serviront de support à l'une de leurs activités de soins. Récupérer les bouchons que nous jetons, pour qu'ils servent au sein de cette institution, c'est un des sens que nous voulons donner au mot "mission" ici et aujourd'hui. "
Et c'est ainsi que les bouchons ont commencé à arriver et que, ce printemps, quelques jeunes sont partis à Kork pour amener une première collecte et visiter "l'Epilepsiezentrum".

Kork: le centre pour épileptiques
a) le centre pour épileptiques
Le centre pour épileptiques de Kork s'articule autour de plusieurs
facettes. Cliniques spécialisées, groupes résidentiels, l'école Oberlin et l'atelier proposent à des personnes de tous âges des thérapies, des cours, un accompagnement et des soins.La clinique médicale vient en aide aussi bien aux malades de toute la région qu'à ceux des groupes
résidentiels du centre.
Fondé en 1892, sous la dénomination "Centre Hospitalier et de Soins pour Enfants Epileptiques", le centre s'est développé comme un appareil sanitaire spécialisé dont le rayonnement s'étend à toutes les régions alentours. Après plus d'un siècle d'existence, les installations de Kehl-Kork accueillent environ 500 malades et handicapés qui y vivent et y travaillent de façon durable ou ponctuelle. Par le biais d'une association: "Körker Anstalten", le centre est membre des Œuvres Diaconales du Pays de Bade.

b) les cliniques pour épileptiques
La clinique pour enfants et adolescents (44 lits) et la clinique pour adultes (58 lits) dispensent des traitements hospitaliers spécialisés aux patients atteints d'épilepsie dans un rayon dépassant celui de la région. Actuellement, plus de 5000 malades sont régulièrement soignés médicalement et psychologiquement, ainsi que soutenus socialement, dans les services externes. Les soins dispensés dans ces services externes permettent au patient, même  atteint d'une épilepsie relativement lourde, de continuer à vivre dans un milieu familial. Pour les épilepsies les plus lourdes, dont le traitement est plus complexe, une hospitalisation est nécessaire. Pendant ces hospitalisations, d'une durée moyenne de 6 à 7 semaines, les méthodes diagnostiques et  thérapeutiques les plus modernes sont employées. Cela peut aller jusqu'au diagnostique préopératoire. S'ajoutent à cela, dans le cadre de l'assistance sociale médicalisée, des cours pour écoliers et des expériences par le travail; de plus,
kinésithérapie, thérapie du mouvement et musicale, ainsi que des activités créatrices de loisirs sont proposées en mesure d'accompagnement.

c) l'école Oberlin
"Vivre et apprendre à l'école" est la devise de l'Oberlinsschule. Des choses aussi diverses que lacer ses chaussures, gérer des situations conflictuelles, savoir s'exprimer, faire des expériences corporelles, sont des buts à atteindre et ont la même importance. L'Oberlinsschule est une école ouverte à tous les degrés de handicaps, une école qui s'adapte aux besoins de la personne, et non le contraire. Les 26 classes accueillent des élèves aux handicaps les plus divers. Ces élèves vivent soit dans les groupes résidentiels du centre, soit chez leurs parents, ou sont hospitalisés dans l'une des cliniques. Ils sont accompagnés en permanence par du personnel spécialisé et médicalisé, tout au long de leur scolarité.

d) habiter
Plus de 330 personnes vivent en une quarantaine de groupes, soit dans les pavillones du centre même, soit dans des groupes d'habitations à Kork ou à Kehl. Ces groupes d'habitations sont de différentes capacités, ce qui permet une large possibilité d'adaptation. Le centre s'inscrit dans la ligne pédagogique de la normalisation et d'attentions particulières à la personnalité de l'individu. Chacune et chacun devrait vivre autant que possible de façon indépendante. Une très large palette de propositions de loisirs s'adressant à la majorité des groupes est mise en place; cela va de la possibilité de suivre une formation continue au temps de rencontres, en passant par des voyages de vacances. Dans l'unité de travail et de soins intensifs une très grande attention est accordée au travail avec les personnes âgées ainsi qu'à celui avec les handicapés "lourds". La possibilité légale dont disposent les habitants du centre d'être maîtres de l'agencement de leur vie est respectée et soutenue par les gestionnaires du centre. Les personnes qui en ont besoin bénéficient d'une tutelle pour les aider à gérer leur lieu de vie.

e) atelier "Hanauerland"
Même s'il est vrai que les personnes handicapées ont de tout temps trouvé des possibilités d'emploi à Kork, un atelier spécialement aménagé pour recevoir les handicapés vit le jour en 1964. En 1997, l'atelier "Hanauerland" ouvrait un deuxième site à Kehl-Sundheim, proposant des emplois à des handicapés psychiques. Sur 280 personnes handicapées qui travaillent à l'atelier, environ 90 sont "externes" et viennent de toute la région. Durant une période d'adaptation de 2 ans, les employés sont pris en charge et formés pour pouvoir travailler soit dans le recyclage des bouchons, soit dans la transformation du papier ou du métal, soit encore dans le montage et l'emballage de produit fini. Dans les 19 groupes de travail on produit soit selon des demandes spécifiques, soit une large gamme de produits commercialisés par les soins du centre. Les employés perçoivent un salaire et sont affiliés à la sécurité sociale.  L'atelier pour handicapé édite aussi une large gamme d'images et de calendriers destinés à l'industrie et à la publicité.

f) formation, école
Le centre pour épileptiques finance l'école publique protestante spécialisée dans la pédagogie sociale et son antenne de soins éducatifs. Le centre scolaire  protestant et les spécialisations qu'il propose, toujours en vue de l'obtention d'un métier en rapport avec le travail avec les personnes handicapées, sont reconnus par l'état. Cette formation dure 3 ans. Le but de ces formations est de donner le plus d'autonomie aux personnes atteintes d'un handicap.

Conclusion: on peut tous le faire !
Une visite vraiment passionnante. Mais surtout le sentiment qu'un petit geste quotidien peut être un geste de solidarité. Comme les timbres pour le service missionnaire ECAAL-ERAL, comme tant d'autres gestes ou actions… Bien sur, ce geste est une contribution à la protection de la nature (voir encadré), mais avant tout, le recyclage du liège crée, à Kork, des emplois pour handicapés. Et ça, c'est une vraie solidarité. Alors… continuez à déposer vos bouchons dans vos paroisses, ça vaut vraiment la peine !

À propos du liège.
Les chênes-lièges économiquement utilisables poussent en région méditerranéenne occidentale. Il s'écoule 25 ans entre la plantation de l'arbre et la première récolte d'écorce. Ensuite, les troncs peuvent être écorchés tous les 7 à 10 ans. Des récoltes plus rapprochées nuisent à la bonne santé de l'arbre. L'explosion du marché des matières "bio" a induit une sur-exploitation menaçant la culture du chêne-liège. Or le liège est léger, élastique, difficilement inflammable. Il flotte. Il amortit les chocs, isole et imperméabilise.  Les broyures produites à Kork sont utilisées dans la construction aux fins d'isolation thermique et phonique. Mélangé à de l'argile, il trouve une application supplémentaire dans la fabrication de brique de construction.
L'historique
1991: lancement de l'action, collecte au niveau des particuliers, des
écoles, grandes surfaces, paroisses, mairies, etc…, transformation des bouchons en granulat.
1992: mise en place d'un réseau national de collecte et son intégration dans le concept de traitement des déchets auprès des communes et cantons…
1994: prix environnement de la région Ortenau.
1995: inauguration de la nouvelle installation de recyclage (capacité de stockage: 700 m3; capacité d'exploitation: 3000 m3), commercialisation du granulat.
1996: développement et mise sur le marché d'une brique composée de granulat de liège, de paille et d'argile.
1998: traitement de 120.000.000 bouchons par an.
Sortie des jeunes à Kork: suite
Après la visite de Kork, les jeunes se sont rendu à Waldersbach, au musée Oberlin. En effet, il était intéressant de se rendre compte du parallélisme entre cette action issue des églises allemandes et l'action de Jean Frédéric OBERLIN, dans le Ban de la Roche, à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe. Ce n'est pas pour rien que l'école du centre pour épileptiques de Kork a choisi de s’appeler "Oberlinschule". Même soucis pédagogiques, même volonté d'un meilleur bien-être pour ceux que l'Évangile appelle "les plus petits de nos frères". Nommé en 1767 pasteur dans un petit canton montagneux vosgien, OBERLIN va créer un ensemble d’œuvres qu'il soutiendra grâce à ses prédications. Au premier rang de ses préoccupations, l'éducation (il va créér des écoles, inventer de nouvelles méthodes pédagogiques, instaurer des cours professionnels). D'autres œuvres vont développer l'entraide ou l'action sanitaire.
Une visite instructive et enrichissante, une visite ludique aussi. Un musée à voir et à revoir.


Mission toujours… Autre forme d'engagement

Toujours à Guebwiller, si les jeunes et les catéchumènes se sont lancés dans la récupération des bouchons, les enfants ont découvert qu'ils pouvaient agir eux aussi.
Le thème choisi pour l'année par les responsables du groupe "Le Rendez-Vous des Copains" (quii réunit les enfants de 6 à 12 ans) était "LA MISSION"- Les histoires, les jeux, les chants et les bricolages leur ont fait découvrir l'apôtre Paul et ses voyages missionnaires. Ils étaient nombreux à venir rencontrer des paroissiens qui un jour se sont engagés et qui leur ont racontés leur histoire. Les questions ont fusées, les idées ont jaillis, une envie d'agir est née: "nous, enfants de la paroisse de Guebwiller, âgés de 6 à 12 ans, que pouvons-nous faire?"
La rencontre avec Aurélia, membre fondateur et actif de l'association Polygone de Soultz, est venue répondre à cette question. En organisant son troisième voyage à Madagascar pour participer à la réfection d'un système d'adduction d'eau à Vohidroa sur la côte Est de l'île, les membres de l'association ont permis aux enfants de faire acheminer du matériel scolaire.
À l'occasion d'un culte de famille, les enfants ont été invité à poser un acte missionnaire. Un geste à leur échelle, en l’occurrence le ramassage de ce qu'ils utilisent tous les jours, du matériel scolaire. Même du matériel usagé qui retrouve, dans la main des enfants de là-bas, une seconde vie.
L'enthousiasme des enfants dans cet engagement envers d'autres qu’ils ne connaissent pas a été sincère. Ils ont su communiquer leur enthousiasme aux paroissiens qui ont été nombreux à amener du matériel.
Durant l'été, ce matériel qui avait été symboliquement déposé dans un immense cartable réalisé par les enfants, a été distribué directement aux enfants et aux enseignants malgaches par Aurélia. Au mois d'octobre des photos et des témoignages leurs montreront où et pour qui ils ont agi.
La récolte des bouchons dans les paroisses
"Qui c'est qui boit tout ça?"
La collecte de bouchons de liège existe dans les paroisses protestantes de l'Alsace du Nord depuis bien longtemps et c'est d'ailleurs de là qu'est venue l'idée de cette collecte à Mulhouse et dans les environs. À l'initiative d'un couple de retraités de Pfastatt, M. et Mme SCHELLENBAUM qui récoltaient déjà et assuraient ensuite le transport vers Kork, nous avons commencé doucement le ramassage à Saint-Marc en 1998. Et en une année étions très fiers d'avoir "récolté" 800 kg en un an, une vingtaine de sacs blancs, frappés du logo du centre de Kork. Ils tenaient tous dans la soute du car lors de notre visite. La quarantaine de personnes qui étaient du voyage venait non seulement de Saint-Marc mais aussi d'Illzach, de Thann, d’Altkirch ou de Riedisheim. Au retour chacun s'est fait l'ambassadeur de l'idée et a commencé à glaner dans son entourage. Aujourd'hui nous atteignons 5 tonnes annuelles, le sac trône à l'entrée de la chapelle et ne manque pas d'interpeller les visiteurs de passage, convaincant ainsi toujours de nouveaux adeptes. Les bouchons sont centralisés à Illzach, Thann, Altkirch ou Riedisheim puis stockés dans la cave du presbytère de Saint-Marc et plusieurs fois par an, le camion se remplit… On nous envoie dorénavant des bouchons depuis le Sundgau, le pays de Montbéliard, Seloncourt, les Ardennes, Troyes (merci Eugène PY, bien connu des mulhousiens). Plusieurs amis routiers écument les restoroutes, plusieurs restaurateurs font des réserves et petit à petit les petites rivières font les gros bouchons

Une réussite
La réussite de l'opération tient à plusieurs facteurs. En premier lieu la simplicité du geste de récupération à domicile : il suffit d’un petit récipient dans la cuisine, près de l’endroit où on débouche la bouteille puis de faire en sorte que cela parvienne jusqu’à un autre récupérateur de son entourage ou de les déposer au culte. Ensuite et ce qui est déterminant, la réussite tient au réseau de récupérateurs qui s’est spontanément mis en place. Des particuliers qui en parlent autour d’eux et qui se font le relais des petits récipients. Chacun à sa mesure, qui un petit sachet, qui un moyen qui un gros sac poubelle (solide, S.V.P.),qui un vélo chargé à bloc, qui une voiture pleine… À ce propos, si il est possible de faire une suggestion pratique et toute simple, ce serait de veiller à ce qu’un sachet ne contienne pas une multitude de sachets plus petits. Défaire un sachet est facile, en défaire une vingtaine, fastidieux. Tous vos sachets sont ensuite versés dans les sacs normalisés fournis par Kork pour assurer la conservation des bouchons durant le stockage. La récupération est une activité facile, qui génère des contacts. Elle ne coûte rien, si ce n’est l’effort d’y penser.

L’important, c’est la continuité de la filière
Le petit récupérateur individuel doit être sur de trouver un relais, lequel doit être sûr de pouvoir déposer sa récolte dans un lieu facilement accessible, les paroisses sont idéales pour cela. Ensuite il faut assurer le transport jusqu’à Kork. Un transporteur allemand s’en charge bénévolement sur toute l’Alsace et le Luxembourg. Dans l’autre sens, il faut disposer des sacs, de l’information concernant le centre etc… Et je tiens à remercier ici tous ceux qui aident au chargement, assurent la liaison avec Kork ou entre les différents relais, et tout particulièrement M. Et Mme SCHELLENBAUM qui ne ménagent jamais leur peine. Chevilles ouvrières du dispositif, ils règlent une foule de petits problèmes.

Les motivations
Le chêne-liège est une matière naturelle qui se renouvelle lentement et le problème spécifique du bouchon alimentaire c’est qu’il n’est justement pas réutilisable pour l’alimentation pour d’évidentes questions d’hygiène. Le centre de Kork est le seul qui ait trouvé un débouché pour le liège recyclé, particulièrement pour des matériaux de construction (remplissage de cloisons, briques, panneaux d’isolation, solvants de peintures, etc…). Des constructeurs allemand utilisent ces matériaux pour des maisons écologiques, voilà une bonne idée pour ceux qui ont des projets de construction. Ainsi de la bouteille à la maison, la boucle est bouclée… pour écologie responsable et économiquement rentable. Mais ce sont les malades du centre de Kork qui en sont les bénéficiaires et c’est cela qui est primordial. Le recyclage leur permet d’avoir une activité qui n’est pas un simple passe-temps mais un vrai travail assurant une certaine autonomie, c’est une manière de se relever. D’autant que pour la plupart, l’épilepsie s’accompagne d’autres affections parfois plus handicapantes encore.

L’avenir
Plusieurs communes commencent à réfléchir à la faisabilité d’une collecte des bouchons en dechetteries, Pfastatt, Richwiller, Vieux-Thann, par exemple. Ce sera la prochaine étape. Mais il faut prendre le temps de l’étude dans la mesure où une telle opération serait à une toute autre échelle que ce que nous faisons actuellement. Il importe de régler les questions de stockage, de ramassage entre les dechetteries et de transport jusqu’à Kork. La concertation est en cours. N’hésitez cependant pas à partager avec vos élus votre préoccupation, faites leur savoir votre intérêt pour ce recyclage. Mais plus encore continuez votre effort individuel, n’hésitez pas à informer restaurateurs, amis, à collecter lors des fêtes de familles, des excursions. Pour ceux qui voudraient s’y mettre, il suffit de déposer votre récolte auprès de votre paroisse. Ou au presbytère ou à la chapelle Saint-Marc.