Pendant les petites vacances de novembre, du lundi au jeudi, les "Ados", qui avaient participé à l'encadrement de la dernière retraite de catéchumènes, ont été invités à un camp au pied de la Forêt Noire, à Rührberg. Une maison exactement à la dimension du groupe, avec un "Kaminzimmer" - une salle avec une cheminée - , idéale tant pour les activités que pour les repas. Un grand merci à Jean-Marc CINOTTI, qui nous a préparé d'excellents plats pendant ces quatre jours. Pour les jeunes originaires des trois paroisses protestantes d'Altkirch, Huningue et Saint-Louis, ce furent des matinées agréablement studieuses, des après-midi et soirées récréatives; ce camp a été l'occasion de partager autour du thème: "Après le 11 septembre 2001, comment vivre, et être heureux?", ceci à travers des discussions, des chants, et des moments de spiritualité. L'animation était assurée par les pasteurs Ch. SCHLUCHTER, d'Altkirch et F. HUMBER, de Saint-Louis, assisté de Heidi HUMBER. On n'en est pas resté à la théorie; les ados ont participé à l'animation du culte à Saint-Louis, dimanche le 11.11, en reprenant des textes discutés au Rührberg: violence et vengeance, l'amour des ennemis, l'espérance chrétienne, ainsi que des chants, "Tous unis", "Merci pour ce matin de vie" (Danke)... Prochain projet: les jeunes rendent service au bazar-vente de leur paroisse.Des groupes de jeunes qui vivent et se renouvellent: y a-t-il un secret?
Chaque année, après les confirmations, on se réjouit de voir les groupes de jeunes des paroisses d'Altkirch, Huningue et Saint-Louis se renouveler. L'engagement des divers responsables (pasteurs, président(e)s et secrétaires des groupes) y est pour beaucoup. Mais cela n'explique pas tout.
Où, comment, à partir de quand, se mûrit, chez les jeunes eux-mêmes, la décision de participer aux groupes d'ados de nos paroisses?
Nous avons posé la question aux jeunes réunis au Rührberg. Ils étaient 14, parmi les plus fidèles, représentant les trois paroisses. Où était né leur intérêt pour les activités de leur groupe d'ados?
Cet intérêt vient-il de loin? Par exemple, remonte-t-il à l'époque de l'école du dimanche? En fait, sur les 14 jeunes, seulement 6 avaient suivi l'école du dimanche -traditionnelle, et 4 d'entre eux ont été plus ou moins motivés dès ce moment-là.
Tout autre a été l'impact des camps (Taizé) et des colonies d'école du dimanche interparoissiales. Pour 11 des 14 jeunes, cela a compté.
L'action des aînés - grands et adultes - aurait-elle joué?
Quels aînés? Les parents, par exemple? Pas du tout, répondent 10 des voix!
Seraient-ils venus aux ados parce que le pasteur, cet autre aîné, aurait fortement insisté? Oui, et de façon déterminante, répondent trois voix, dans l'une des paroisses; pas du tout, en répondent autant dans une autre! Pourtant la relation avec le pasteur avait été ressentie par 13 voix comme très ou assez positive à l'âge de l'école primaire, et toujours assez positive au collège (6).
Mais ce ne sont ni les parents ni les pasteurs qui remportent la palme. Ce sont tout simplement les ados un peu plus âgés. En effet, dans nos paroisses, les ados accompagnent systématiquement les retraites des catéchumènes, avec des responsabilités tout à fait à leur portée: animer des jeux, des veillées, contribuer à la discipline, rendre des services pratiques... (La responsabilité légale est bien sûr portée par les pasteurs et des adultes souvent titulaires du BAFA.). Or nos ados n'oublient pas la façon dont leurs aînés les ont accueillis, entourés et animés; dans la décision de rejoindre le groupe, c'était très ou assez important pour 13 des jeunes. C'est également l'invitation lancée par les ados eux-mêmes qui a été déterminante (9 voix) ou assez importante (3). Bref, un vrai plébiscite!Venir voir est une chose, être réguliers en est une autre!
Quelles raisons pour rester au groupe? "Bonne ambiance et rigolade, bonne humeur et bonne entente", précisent spontanément plusieurs réponses; l'amitié avec les jeunes de leur catéchisme paroissial, et, à la quasi unanimité, la découverte de l'amitié avec les jeunes des autres paroisses du secteur (11 "très important", 3 "assez important"). Une amitié qui date des retraites, voire des colos interparoissiales d'école du dimanche.
Certains précisent ce qui leur plaît au groupe: détente et réflexion, moments spi et occasions d'agir. Pour 11 des jeunes, ces propositions compté dans leur décision de participer.
Voir un groupe de jeunes paroissial heureux, ça peut ressembler à un petit miracle, par les temps qui courent. Mais en fait, il y a beaucoup de travail par derrière, et notamment un certain nombre d'activités bénévoles, discrètes ou connues, de la part de paroissiens et d'amis engagés dans l'encadrement et l'animation.Cela fonctionne un peu comme un jardin: l'un plante, l'autre arrose, mais c'est le Seigneur qui fait pousser et porter du fruit.
Frédéric Humber, pasteur de Saint-Louis