Gabriel
Vahanian
Credo
Martin
Luther King
Advienne
que pourraAdvienne que pourra, Dieu est puissant
Gérard
Bessière
La demeure
José
Calderon Salazar, journaliste guatémaltèque.
Je
suis menacé de mort
Léopold
Sedar Senghor
L'arc
en ciel de ta paix
Charles
Singer
Musique
Dépaysement
“Mon
Dieu pourvoira à tous mes besoins” Philippiens 4.19
Alain
Arnoux
Ô
notre Dieu
Antoine
Nouis
Ne
te rétrécis pas
Bernard
Daveau
Le vin
nouveau
Anonymes
Le
jour d'aujourd'hui est à Dieu
Une
petite cruche
Dostoïevsky
Confession
de foi
Wilfred
Monod
Communion
avec l'humanité souffrante
Inquiétude
Charles
Wagner
Je
te fais crédit
Saint
Thomas d'Aquin
Prière
au pied de la Croix
Dietrich
Bonhoeffer
Chrétiens
et païens
Vincens
Hubac
Confession
de foi
Francis
Boudoux
Prière
du prolétaire
Confession
du péché
Une petite cruche,
une catéchumène
Inquiétudes,
Wilfred Monod
Pardon
Advienne
que pourra
de Martin Luther King
La demeure, Gérard
Bessière
Le jour d'aujourd'hui est à Dieu, Anonyme
Confession
de foi
Credo, Gabriel Vahanian
Ô notre Dieu,
Alain
Arnoux
Rester avec le Christ,
Dostoïevsky
Confession
de foi de l'Église unie du Canada
Je
te fais crédit, Charles Wagner
Confession
de foi, Vincens Hubac
Louange
Musique de Charles Singer
bénédiction
Ne te rétrécis
pas, Antoine Nouis
Le vin nouveau,
Bernard Daveau
Communion
Communion
avec l'humanité souffrante, Wilfred Monod
Dieu
a donné dix mesures de beauté, Prière pour Jérusalem
Prière
du Prolétaire, Francis Boudoux
Advienne que pourra, Dieu est puissant !
Quand nos jours s'assombrissent et que nos nuits sont plus sombres que mille minuits,
Nous nous souviendrons sans cesse que, dans le monde, il y a une grande force qui nous bénit et qui s'appelle Dieu.
Dieu peut montrer des voies hors des impasses.
Il veut changer le sombre passé en un lendemain clair, le changer, enfin, en matin éclatant de l'éternité.
Martin Luther King
Musique
Entends tu cette musique qui court dans les corridors de l'univers ?
Des hommes se lèvent, ils viennent de partout.
Leurs poches sont vides et leurs vêtements en lambeaux.
La pauvreté est leur unique richesse.
Ils ont tout partagé et pour eux n'ont rien gardé.
Leurs trésors, ils les ont abandonnés, mais leur visage est éblouissant comme la neige des montagnes.
Des hommes se lèvent. Ils viennent de partout,
et sur leurs lèvres passe le sourire de Dieu, et de leurs bouches naissent des paroles douces comme le miel en hiver…
Des hommes se lèvent, ils viennent de partout,
Et sous leurs pas la justice refleurit comme le désert après la pluie, et de leurs mains la paix tombe comme une semence dans la terre.
Des hommes se lèvent. Ils viennent de partout,
Et sous leurs doigts les malades entonnent des chansons d'espoir. Ils apportent des pierres et reconstruisent la terre,
Et ils donnent leur sang pour crier qu'en tout lieu les hommes sont frères.
Entends tu cette musique qui court dans les corridors de l'univers ? …
Devant toi, Seigneur, ils se tiennent et disent : tu es, Seigneur, celui que notre cœur aime. Avec eux, j'irai, Seigneur, à leur suite je me lèverai, et bientôt, dans l'univers en fête, les hommes danseront au pas de Dieu.
Charles Singer, extrait de "Musique", Prier, Desclée de Brouwer.
L'arc en ciel de ta paix
Ô bénis ce peuple, Seigneur
Qui cherche son propre visage sous le masque et a peine à te reconnaître…
Ô bénis ce peuple qui rompt ses liens… et avec lui tous les peuples d'Europe, tous les peuples d'Asie, tous les peuples d'Afrique et tous les peuples d'Amériques qui suent sang et souffrances.
Et au milieu de ces millions de vagues, vois les têtes houleuses de mon peuple.
Donne à leurs mains chaudes qu'elles enlacent la terre d'une ceinture de mains fraternelles dessous l'arc en ciel de ta paix.
Léopold Sedar Senghor
La demeure
Jésus m'a dit: " où habites-tu ? "
Et je n'ai pas osé lui dire
Que j'habitais plusieurs prisons.
Mais Il avait déjà brisé toutes les portes.
Jésus m'a dit: " où habites-tu ? "
Et je n'ai pas osé lui dire
Que j'habitais des lieux de peur.
Mais il avait déjà semé la paix en moi.
Jésus m'a dit: " où habites-tu ? "
Et je n'ai pas osé lui dire
Que j'habitais au fond des brumes.
Mais il avait déjà répandu sa lumière.
Jésus m'a dit: " où habites-tu ? ";
Et je n'ai pas osé lui dire
Que j'habitais la solitude.
Mais II avait déjà mis ses pas dans les miens.Jésus m'a dit: "où habites-tu ? "
Et je n'ai pas osé lui dire
Que j'habitais dans mon tombeau.
Et il m'a proposé la vie, et le soleil,
Le pays de Dieu grand ouvert,
Et d'habiter l'Amour
Comme infinie demeure.
Gérard BESSIÈRE
Je suis menacé de mort.
Il y a dans cet avertissement une erreur profonde
Ni moi ni personne ne sommes menacés de mort.
Nous sommes menacés de vie,
menacés d’espérance,
menacés d’amour.
Nous nous trompons chrétiens,
nous ne sommes pas menacés de mort.
Nous sommes menacés de résurrection.
José Calderon SALAZAR, journaliste guatémaltèque.
Ô notre Dieu,
Dans l'enfant de Noël et dans l'homme de la croix,
Tu as brisé l'image de tout ce que nous appelons dieu.
Dans l'enfant de Noël et dans l'homme de la croix,
Par la parole surprenante de l'Évangile, tu t'approches de nous,
Sans t'arrêter aux portraits et aux masques, pour nous rencontrer
Dans ta vérité et dans la notre.
Garde nous de te pétrifier, de t'enfermer
Dans nos mots, nos idées, nos images.
Garde nous de pétrifier l'autre
Dans nos mots, nos idées, nos images.
Rends nous libres, comme tu es libre,
Pour des rencontres vraies
Avec toi, le Vivant,
Avec les autres, ces vivants,
Avec nous-mêmes que tu veux vivants
Alain Arnoux "Passages"
Une petite cruche…
Seigneur, excuse moi si je te dérange.
On m'a dit que tu avais besoin d'une sainte
Alors, je suis venue pour la place.
Je ferai très bien ton affaire.
Quoiqu'on dise, le monde est rempli
De gens parfaits.
Il y en a qui t'offrent tant de sacrifices.
Cela m'ennuie énormément
Ce que je t'ai donné, Seigneur
Tu sais bien que tu l'as pris tout seul.
Il y a des gens qui corrigent un de leur défaut par semaine.
Ils sont forcément parfaits au bout du trimestre.
Moi, je n'ai pas assez confiance en toi pour faire cela.
Alors… j'aime autant garder mes défauts
En m'en servant le moins possible.
Une sainte, Seigneur, c'est un vase vide
Que tu remplis de ta grâce
Et qui déborde de ton amour
Or, Seigneur, je suis un vase vide,
Avec un peu de boue qui stagne au fond.
Ce n'est pas propre, je le sais bien.
Si tu ne veux pas de moi, Seigneur,
Je n'insisterai pas…
Réfléchis seulement à ma proposition, elle est sérieuse.
Quand tu iras dans ton cellier
Puiser le vin de ton amour
Rappelle-toi que tu as quelque part sur la terre
Une petite cruche à ta disposition
Une catéchumène
Le jour d'aujourd'hui est à Dieu
Vis le jour d'aujourd'hui. Dieu te le donne.
Il est en toi. Vis en lui…
Le jour de demain est à Dieu.
Il ne t'appartient pas.
Ne porte pas sur demain le souci d'aujourd'hui
Demain est à Dieu. Remets le lui.
Le moment présent est une frêle passerelle.
Si tu le charges de regrets d'hier, de l'inquiétude de demain,
La passerelle cède, et tu perds pieds.
Le passé ? Dieu le pardonne.
L'avenir, Dieu le donne.
Vis le jour d'aujourd'hui en communion avec lui.
Anonyme
Bénédiction
Ne te rétrécis pas, mais élargis l'espace de ta vie.
Ne t'enferme pas, mais ouvre les toiles de ta tente.
Ne t'habitue pas mais lance des cordages vers l'infini.
Ne te satisfais pas, mais cultive les brûlures de l'attente.
Antoine Nouis
Dépaysement
Tu es troublant, Seigneur!
Je t'attends sur les ailes du tonnerre
Et dans le vent qui ploie les chênes,
et je te trouve dans le secret de ma chambre.
Je t'attends près de la table préparée
Et dans les chants qui montent sous la voûte,
Et je te trouve au-dehors sur le seuil,
Où passent les hommes mes frères.
Je t'attends dans le scintillement des lumières
Et dans la prière qui jaillit
De la bouche du peuple rassemblé,
Et je te trouve dans la solitude d'un lit d'hôpital.
Tu es déroutant, Seigneur!
Car toujours tu es ailleurs,
Toujours tu viens par des chemins détournés
Et jamais sur toi, on ne peut étendre la main.
Il est là, celui qu'on ne peut atteindre,
Lui, le Seigneur.
Au croisement de chacune de nos routes
Il vient lui-même nous combler
et illuminer notre visage d'un bonheur sans fin.
d'après Charles Singer
Le vin nouveau
Pour récolter le vin nouveau
Ne prenez plus vos vieux tonneaux
Ne mettez pas le vin, vin des béatitudes
Dans les tonneaux moisis de vieilles habitudes
Ne gardez pas le vin de la résurrection
Dans les vieilles barriques des fausses contritions.
Ne gâchez pas le vin des paroles de vie
Dans de mauvais tonneaux rongés d'hypocrisie
N'abîmez pas le vin des noces de Cana
Dans les anciennes outres des "il faut", "il n'y a qu'à".
Ne mettez pas le vin de la grande espérance
Dans les cuves gâtées de la bonne conscience
Ne perdez pas le vin, le sang du vrai vivant
Dans les tonneaux percés des "je n'ai pas le temps".
Paroles: Bernard DaveauDostoïevsky
Musique Pierre PradellesConfession de foi
Croire qu’il n’y a rien de plus beau, de plus profond, de plus sympathique, de plus raisonnable, de plus courageux ni de plus parfait que le Christ ;
Et non seulement, il n’y a rien, mais je le dis avec un amour jaloux, il ne peut rien y avoir. Plus encore : si quelqu’un m’avait prouvé que le Christ est en-dehors de la vérité, et s’il était réellement établi que la vérité est en-dehors du Christ, j’eusse préféré rester avec le Christ qu’avec la véritéLettre à Mme von Wisine juste après sa libérationWilfred MONODCommunion avec l’humanité souffrante
À la table sainte nous communions avec l’humanité souffrante… Le morceau de pain est le centre du monde ; le jour où toute l’humanité sera pleinement assurée d’en manger, marquera l’avènement du genre humain ; c’est alors qu’il se dégagera, définitivement, de l’animalité. Jusque-là, toutes les agitations de la politique, tout le branle-bas des Empires, ont pour secret ressort la conquête du pain.
C’est pourquoi devant le pain de la table sacrée, le premier sentiment qui étreigne mon cœur est un sentiment de communion avec l’humanité souffrante. Et ces paroles d’un penseur chrétien sonnent à mon oreille : « celui que, dans l’état présent du monde, la compassion ne touche pas, vit dans un état criminel. Il est des hommes qui meurent de faim : qui peut tolérer ce spectacle ? … Je dis que celui qui vit, n’est pas mort d’entrailles et de cœur, n’accepte pas ces choses, et qu’il déclare, en étendant la main ; qu’il donne sa vie, son temps, son or, pour les supprimer sur la terre. »
« En étendant la main »… quel geste ! À la table sacrée, ceux qui communient étendant la main.
Pour communier, 1914InquiétudeÔ Dieu de paix ! toi en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être, toi qui connais tes créatures mieux qu’elles ne se connaissent elles-mêmes, toi qui appelles chacun de tes enfants par son nom, tu sais quel poids m’oppresse. Tu sais mes langueurs et mes fatigues du corps et de l’âme, cet amer sentiment de la vanité des choses, ces accès de mélancolie sans cause et cette poussière noire, qui de mon cœur, s’envole et recouvre tout. Tu sais les souvenirs indélébiles qui ont gravé dans ma mémoire d’ineffaçables cicatrices. Et tu sais les pressentiments qui m’assiègent, qui tournoient autour de moi, dans la pénombre, comme des chauves-souris. Tu sais que j’ai peur de l’avenir ; demain m’apparaît comme un vide où il faut poser le pied ; je tressaille à l’idée que le signal du grand départ peut retentir soudain ; je redoute la souffrance physique, l’agonie, et ce n’est pas la mort qui m’effraye, c’est de « mourir ».
Ô Dieu de paix ! apaise et pacifie ton enfant. Au nom du Fils de l’homme « semblable à nous en toutes choses, hormis le péché », au nom du héros de Gethsémané, au nom de celui qui, d’âge en âge, dit à ses frères tremblants « Vous aurez des tribulations dans le monde, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde », au nom de celui qui invite à jamais « les travaillés et les chargés » pour leur donner le repos de l’âme, au nom du vainqueur de la mort qui salua les mortels de cette première salutation : « La paix soit avec vous », je me décharge sur toi, ô Père ! de tous mes soucis, et je m’écris : Loué soit l’Éternel ! mon rocher en qui je m’assure, mon asile et ma forteresse, à toujours et à perpétuité ! Amen
Pour communier, 1914“Mon Dieu pourvoira à tous mes besoins”
Philippiens 4.19J’ai demandé de la force…
Et le Seigneur m’a donné des difficultés pour me rendre fort,J’ai demandé de la sagesse…
Et le Seigneur m’a donné des problèmes à résoudre,J’ai demandé la prospérité…
Et le Seigneur m’a donné un cerveau et des muscles pour travailler,J’ai demandé du courage…
Et le Seigneur m’a donné des dangers à vaincre,J’ai demandé des faveurs…
Et le Seigneur m’a donné de bonnes occasions de bien faire,J’ai demandé de l’amour…
Et le Seigneur m’a donné des gens troublés à aider,Je n’ai rien reçu de ce que je voulais,
J’ai reçu tout ce dont j’avais besoin…
01.2000 Charles Singer
Que toute joie me fatigue qui est sans toi, et que je ne désire rien en dehors de toi. Que tout travail, Seigneur, me soit agréable qui est pour toi, et tout repos insupportable qui est sans toi. Donne moi souvent de porter mon cœur vers toi et quand je faiblis, de peser ma faute avec douleur, avec un ferme propos de me corriger.Rends moi Seigneur mon Dieu, obéissant sans contradiction, pauvre sans défection, chaste sans corruption, patient sans protestation, humble sans fiction, joyeux sans dissipation, triste sans abattement, retenu sans rigidité, actif sans légèreté, animé de ta crainte sans découragement, sincère sans duplicité, faisant le bien sans présomption, reprenant le prochain sans hauteur, l’édifiant de parole de d’exemple sans faux-semblants.
Donne moi, Seigneur Dieu, un cœur vigilant, que nulle curieuse pensée n’entraîne loin de toi ; un cœur noble, que nulle indigne affection n’abaisse ; un cœur droit, que nulle intention équivoque ne dévie ; un cœur ferme, que nulle adversité ne brise ; un cœur libre, que nulle violente passion ne subjugue.
Accorde-moi, Seigneur mon Dieu, une intelligence qui te connaisse, un empressement qui te cherche, une sagesse qui te trouve, une vie qui te plaise, une persévérance qui t’attende avec confiance et une confiance qui te possède à la fin. Accorde-moi d’être affligé de tes peines par la pénitence, d’user en chemin de tes bienfaits par la grâce, de jouir de tes joies surtout dans la patrie par la gloire. Ô toi qui, étant Dieu, vis et règnes dans tous les siècles des siècles. Amen.
Prières de Saint-Thomas d’Aquin,
traduites et présentées par le R.P. SERTILLANGES
Paris, À l’Art catholique, 1920, pp. 83-85.
Dietrich
Bonhoeffer
Chrétiens
et païens
Dieu a donné dix mesures de beautéLes hommes vont à Dieu dans leur détresse,
Criant à l’aide, demandant pain et joie,
Et libération du mal et de la mort,
Chrétiens et païens, tous font de même, tous.Les hommes vont à Dieu, dans Sa détresse,
Le trouvent pauvre et vil, sans feu ni lieu
Le voient livré au péché, à la faiblesse et à la mort,
Les chrétiens sont auprès de Dieu dans Sa souffrance.Dieu vient à tous les hommes dans leur détresse,
Les rassasiant corps et âme de son pain,
C’est pour eux, chrétiens et païens, qu’il meurt sur la croix
Afin de leur donner à tous son pardon.(extrait de Résistance et Soumission)
Prière du prolétaire, Francis BoudouxDieu a donné dix mesures de beauté au monde,
Neuf à Jérusalem, une au reste du monde.
Dieu a donné dis mesures de peine au monde,
Neuf à Jérusalem, une au reste du monde.
Alors priez pour la paix de Jérusalem…
Vous saluerez vos amis du mot « shalom ! » ou encore du mot « salaam »,
Cette paix ne viendra que le jour où tous connaîtront la justice.
Il n’y aura pas de paix pour le juif
Tant qu’il n’y aura pas de paix pour le Palestinien !
Que la justice de Dieu tombe comme un feu
Et apporte une maison à chaque Palestinien.
Que la miséricorde de Dieu tombe comme la pluie
Et protège chaque Israélien.
Que le Dieu saint, qui pleure tous ses enfants, apporte cette véritable espérance.(Manuel de catéchèse anglais, paru dans Échanges de mars 2002)
Cette prière dédiée aux "vaillants camarades lunévillois" a été publiée le 27 mai 1905 dans Le Cri Populaire n°42 suite à la grande grève des cheminots dont Francis Boudoux a été le héros emblématique
Seigneur, écoutez la prière des pauvres miséreux!
Faites que notre règne enfin arrive, sur cette terre où nous souffrons, et où nous sommes crucifiés.
Faites que notre volonté se fasse et que dans ce monde un jour prévalent la justice et la bonté!
Donnez-nous, chaque jour, notre pitance régulière!
Et puisque, paraît-il, vous êtes tout puissant, prouvez-le en ne nous laissant plus crever de faim! Donnez-nous la force de défendre notre vieille peau de malheur.
Pardonnez les offenses qu'on nous fait, comme nous les pardonnons nous-mêmes.
Ne nous laissez pas succomber à la tentation de tout faire sauter dans notre dernière révolte et secourez-nous dans nos douleurs! Seigneur, Seigneur! Nous avons le poil terne des bêtes mal nourries. La misère nous a flétris, la vie nous a perdus, nous avons fait tous les métiers d'esclaves, notre jeunesse s'est étiolée et nous sommes devenus de pauvres épaves ballottées au hasard.
Nous étions sur la terre pour y vivre, nous avions des poumons pour respirer, des yeux pour voir et non pour pleurer, un cerveau pour comprendre, un estomac pour digérer et non pour rester vide, un coeur pour aimer et non pour haïr et des mains pas seulement faites pour trimer sans relâche au profit des autres.
Seigneur tout puissant, intervenez, ou sinon vous êtes impuissant, et alors…
Ainsi soit-il
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