Le tissage
de la Toile
La
naissance d'un phénomène technique
Le
contrôle de la chaîne communicationnelle
Internet
est le produit d'une société donnée
Portrait du temps
présent
L'individu
seul devant l'écran
La
confusion information/savoir
La foi, clic
ou déclic ?
L'évangile
en réseau
Internet,
miroir de l'Église
La
perversion ultime
Le positif d'Internet
La
diversité
La
communauté
Le
mouvement
Conclusion
Tout le monde a entendu parler d'Internet sous un jour favorable (multiplication de l'information, moyen de communication et de connaissance) ou défavorable (vitrine de mouvements révisionnistes ou explosion pornographique). Il s'agit donc de faire la part des choses entre un enthousiasme irresponsable ou un pessimisme tout aussi irresponsable au sens où il n'empêcherait pas l'existence d'Internet. Ce préambule étant posé pour nous situer d'entrée de jeu hors du débat des fanatiques de l'un ou l'autre bord.
L'on constate cependant, en effet, que le développement de la
Modernité s'accompagne en Occident avec une inquiétante régression
religieuse dans le sens de l'intégrisme (qu'il soit chrétien
ou autre) et politique dans le sens du fascisme sous toutes ses formes.
Et pour répondre à la question de savoir si Internet est
responsable de cette régression, il faut tout d'abord reprendre
la genèse du phénomène.
Et pourtant c'est lui qui invente la cybernétique (et tout les
cybersespaces, cybernautes actuels) dès 1942 puis dans son ouvrage
essentiel publié en 48 , il formule un idéal de société
que l'on pourrait définir ainsi "tout est communication", l'être
humain n'a pas de réalité en lui-même (ontologique)
il n'existe qu'à la mesure de ses capacités de communications
. Multiplier celles-ci revient à multiplier l'humain. La cybernétique
est littéralement la science du "contrôle" , la question cruciale
en est : comment contrôler (i.e. gouverner) une société
humaine pour en supprimer toute violence ? (c'est la guerre et la Bombe
qui sont en toile de fond). Cette utopie généreuse dans le
fond inspirera toutes les théories ultérieures de la Communication
et de la fameuse société de communication jusqu'à
aujourd'hui avec ses développements publicitaires, médiatique
et politique. Il s'agit donc d'une transformation en profondeur de notre
société, qui en imprègne tous les aspects à
la fois commerciaux, intellectuels ou spirituels : une véritable
clé de lecture de notre Modernité.
Que le web ait cependant un rôle d'accentuation de ces tendances, j'en conviens, dans la mesure où il offre effectivement une vitrine, qu'il est une moyen de diffusion rapide de toute information. D'autant que le fait de juxtaposer les informations revient à leur accorder d'une certaine façon la même importance. C'est à dire qu'en principe, l'on peut considérer comme équivalent le discours de n'importe quel gourou ou celui des plus hautes références morales. Si cela est vrai d'Internet, ce l'est aussi dans une autre mesure de l'ensemble de notre société médiatico-commercio-communicationnelle. C'est en ce sens qu'il ne suffit pas de soumettre Internet seulement à la critique théologique mais l'ensemble de notre fonctionnement social. Et c'est dans ce contexte qu'il faut comprendre l'interpellation de Régis DEBRAY "Dieu vs l'ordinateur" au sens où l'homme moderne doit lutter contre la communication. Paradoxal de la part d'un fervent adepte d'Internet ? Il me semble bien plus que le paradoxe se trouve au cœur même de l'utopie d'origine qui devait produire de l'humain en produisant de la communication et qui finalement supprime l'humain au profit de la communication, ce qui devait libérer l'homme l'aliène finalement. Mais ce paradoxe n'est malheureusement pas nouveau dans l'histoire.
Prochain numéro : pour bien comprendre cette évolution
des mentalités, il est nécessaire de brosser un rapide "portrait
du temps présent".
Parmi toutes les critiques que l'on peut faire à juste titre
d'Internet et plus globalement du phénomène de la communication,
l'on se limitera ici à en signaler deux sans doute parmi les plus
importantes : le néo-individualisme et la confusion du savoir et
de l'information.
Cependant l'individualisme contemporain a changé de nature. Il
ne s'agit plus d'une posture existentielle compatible avec une démarche
communautaire mais d'une séparation toujours grandissante de soi
d'avec les autres.
À l'idée de Nation, l'on préfère celle
de Société, à l'idée d'Église, l'on
préfère celle de communauté dans le sens où,
dans l'un et l'autre cas, l'on n'accepte plus les contraintes, les rites
identitaires, les codes et les formules toutes faites. L'adhésion
doit être aujourd'hui "libre" et toujours "à condition". Je
ne fais partie de l'Église qu'à mesure de la satisfaction
que j'en ai, idem de l'État dont je n'accepte les contraintes qu'en
raison des avantages que je peux en tirer. L'intérêt et le
souci de l'autre ont disparu, remplacés par le caritatif et le social,
dans toutes décision politique ou religieuse, l'intérêt
général tend à laisser la place à ceux des
corporations ou des petits groupes. Il s'agit là, à mon sens
d'une tendance lourde de notre époque à laquelle Internet
correspond, où plutôt qui donne sa forme actuelle au réseau
: celle d'un univers "fortement communicant mais faiblement rencontrant"
.
Une société où chacun est rivé devant l'écran,
face à la réalité mais mise en spectacle, face à
la connaissance universelle mais mise en forme, face à des interlocuteurs
invisibles . Capable de faire ses achats sans bouger de chez-lui, de se
divertir, de travailler etc… l'individu moderne est à l'abri du
monde et de ses "dangers". Au premier rang desquels la rencontre avec autrui,
l'échange d'idées, le besoin d'argumenter, de défendre
une position ou de faire droit à celle de l'autre. Il est incomparablement
plus facile d'exposer son idée sur le réseau dans la mesure
où si elle est critiquée par d'autres cela ne va entraîner
de remise en question. Mon idée est d'une certaine façon
mise en vitrine en attendant le chaland, elle devient d'ailleurs ainsi
une sorte de produit désincarné, coupée de son contexte.
L'on sait pourtant à quel point l'individu se construit par les
relations qu'il entretient, qu'elles soient conflictuelles ou amicales.
L'on pourrait presque aller jusqu'à dire qu'avec Internet l'on se
met volontairement en situation de naufragé sur une île déserte.
Dans une telle situation, l'on sait ce qui advient, névroses, angoisses
et dépression .
Dans le choix de l'information diffusée, le prestataire tient d'abord compte de sa clientèle. Le tatoo est utilisé en majorité par des jeunes urbains scolarisés ? donc on va fournir les informations censées passionner cette catégorie de la population, quitte à faire l'impasse sur les autres. L'on en arrive ainsi à une information à la carte. De plus, donner l'événement brut ne renseigne pas sur les causes et ne permet pas au récepteur de forger sa propre conviction. Sous couvert d'objectivité, la communication permet une manipulation fantastique.
Ce phénomène se retrouve bien évidemment sur Internet mais de manière spécifique. L'on peut y avoir accès à toutes les dépêches de presse des grandes agences. Mais à l'usage, l'internaute se limite à ses centres d'intérêts et compose lui-même son menu d'information, compose son propre journal avec les rubriques qu'il pense le concerner. Et les autres informations ? Oubliées, délaissées, perdues dans le flot incessant d'informations qui ne me concernent pas. Internet amplifie un mouvement général. Plus l'internaute est cultivé et ouvert sur le monde, plus Internet peut lui servir à se faire une idée de la réalité, il est inculte ou d'un horizon borné ? Plus Internet lui fournira une vision réduite et donc rassurante du monde. Le risque est réel d'un désintéressement des domaines "ennuyeux" tels la politique ou l'économie. L'on mesure tous les risques que comporte cette tendance à laisser à d'autres le soin de régler les affaires qui nous concernent. N'oublions pas de plus qu'il ne peut suffire d'être informé pour comprendre, de même qu'il ne suffit pas de lire un livre pour savoir vraiment de quoi l'on parle. Il faudrait en fait étudier comment l'on acquiert le savoir mais cette étude nous ferait sortir de notre cadre. Disons simplement, c'est important pour la suite, qu'un savoir réel ne s'acquiert que par la rencontre de l'apprenant soit avec un pédagogue capable de transmettre le savoir ou la passion d'apprendre soit avec l'objet de son étude par l'expérience ou la pratique.
Prochain article : la foi en un seul clic.
Le fait de ne pas savoir vraiment à quoi l'on adhère à
la commande d'études bibliques se retrouve dans bien des sites,
comme par exemple celui de l'Église du Christ (http://www.eglise-du-christ.org)
qui propose des cours par correspondance sans qu'à aucun moment
il soit possible d'avoir des informations précises sur l'Église
qui se trouve derrière le site. Il leur est naturellement facile
d'arguer qu'ils sont "chrétiens indifférents aux étiquettes"
et comme beaucoup d'autres de "diverses origines confessionnelles", on
aimerait alors trouver des noms, des lieux, bref un brin d'humanité
afin de savoir un peu mieux à qui l'on a à faire.
L'idée de Billy Graham selon laquelle il suffit de cliquer pour
se convertir à fait naturellement bien des émules, particulièrement
dans les sites d'influences charismatiques comme par exemple dans le domaine
francophone celui d'Agapé Médias (http://www.webcom.com/~nlnnet/agafranc/AGAFRANC.html,
le site également de Sport et Foi, consacré à la Coupe
du Monde…) qui à coté d'une présentation de ses ministères
offre une page "connaître Dieu personnellement" qui se conclue évidemment
par une prière à la suite de laquelle "Jésus viendra
dans votre vie".
Ces propositions correspondent au message prêché dans ce type d'Église, il me semble que leur point commun se trouve dans l'axiome selon lequel le simple contact avec l'Écriture suffit à la conversion. Comme s'il suffisait de consulter une page web, truffée de citations bibliques pour emporter la décision et la conviction. C'est le ressort initial des télévangélistes pour qui le simple fait d'entendre un message sous une forme convaincante va entraîner la conversion du téléspectateur avachi sur son sofa. Billy Graham et ses amis reproduisent sur Internet leur fonctionnement habituel et révèlent en même temps leurs conceptions spirituelles : le texte est à lui seul convaincant et l'Esprit entraîne quasi automatiquement la conversion, le texte devient ainsi une "technique", un automatisme .
Abstraction totale est faite de l'importance de la rencontre dans la
naissance de la foi ; considérer les textes bibliques comme arguments
suffisants revient à supprimer la folie de la croix c'est à
dire le fait que tout texte biblique reste lettre morte et stupidité
intellectuelle tant qu'il n'est pas occasion de partage avec l'autre .
L'illusion de ces sites réside dans le fait, d'une part, que la
simple diffusion du texte, suffit à provoquer la décision
de foi et d'autre part, que l'éthique, au sens de technique de comportement,
suffit à valider cette foi. Si ce type de message prend de l'ampleur,
c'est en raison de sa cohérence avec les mythes de la société
de communication. Cette dernière montre tout sans interprétation,
elle "montre tout ce qui est visible mais du coup l'on ne voit jamais rien,
du moins rien de ce qui est essentiel" .
Bien d'autres exemple abondent du fait qu'un site Internet n'est jamais
une nouveauté mais toujours le miroir de l'Église qui le
produit. Et plus rares encore sont pour le moment les expériences
vraiment originales qui renouvellent le message en tenant pleinement compte
des transformations structurelles de la nouvelle technique. Il ne s'agit
dans la plupart des cas que d'un retour des anciennes catégories
théologiques telles que l'apologétique (le site de la conférence
des évêques de France : http://www.cef.fr/),
le prophétisme apocalyptique (www.prophecysite.com),
la catéchèse, les manuels de confesseurs (comme par exemple
Le village chrétien : http://www.mygale.org/05/village/)
ou les recettes éthiques (http://www.christiananswers.net/french/home.html)
ou encore les avatars des télévangélistes (http://www.triumphant-church.com/home.html).
Tout cela s'apparente au fait de remplir de nouvelles outres avec du vieux
vin.
Il s'agit de Radio Islam (http://www.radioislam.org)
. À première vue, l'on s'attend à un site musulman,
voire islamiste et surprise qu'y trouve-t-on ? Une tribune à tous
les délires révisionnistes et fascistes de l'extrême-droite
française. Attaque contre la "juiverie internationale", défense
de Garaudy et Faurisson ce site n'a d'autre but que de montrer que "Le
Pen est l'ami des Arabes", en France et dans le monde, "leur meilleur allié
contre le "lobby juif". Particulièrement inquiétant est que
tout cela se place sous les auspices de la liberté d'expression
sur tous les sujets tabous. La liberté d'expression et les droits
de l'homme comme couverture de la haine raciale, antisémite et xénophobe.
Un tel site émet en français, en arabe et dans d'autres langues
encore. Installé à Atlanta, il ne peut être poursuivi
par les juridictions européennes.
Il s'agit d'un seul exemple de cette contradiction flagrante entre
d'une part l'évolution technologique et la régression mentale
et religieuse, la voie royale vers tous les intégrismes politiques
ou religieux. L'immonde est atteint quand les deux se mêlent.
Prochain articles : des lueurs d'espoir.
Tout responsable d'association sait qu'il ne suffit pas d'envoyer un mailing à tous les membres pour avoir une réponse de leur part. De même il ne suffit pas d'envoyer des messages, mêmes électroniques, pour faire vivre une communauté ecclésiale. Si nous avons pu faire le constat qu'Internet est un outil "fortement communiquant, faiblement rencontrant", c'est sans doute là que l'Église a un rôle à jouer. Tout d'abord de manière périphérique : il s'agit de développer la rencontre avec et entre tous ceux qui ne participent justement pas à la vogue du web.
Personnes âgées, jeunes qui n'ont pas la chance d'être dans un établissement scolaire branché, etc… tous risquent d'avoir l'impression d'être des laissés pour compte du développement de la communication. Cette même impression, qu'elle soit fondée ou non importe peu, est déjà à la base, me semble-t-il, du développement de la xénophobie dans nos campagnes : ce n'est pas tant l'étranger qui fait peur mais bien plus le sentiment de devenir soi-même étranger dans son propre pays lorsque celui-ci ne fait plus l'effort d'assurer la cohésion sociale. Cette "étrangeté à soi-même" vient bien sûr en grande part du développement technique, beaucoup ne se reconnaissent plus dans la société actuelle, les innovations ont été trop rapides et trop nombreuses dans les dernières années pour que l'on continue à s'y adapter. Il semble qu'un certain seuil de tolérance à l'égard du progrès technique ait été atteint ; le résultat en est le repliement sur soi, sur des valeurs dites traditionnelles, nationales ou religieuses.
La mission périphérique de l'Église au sein d'une société de communication serait ainsi d'abord de mettre en œuvre des stratégies de cohésion sociale. Que cela passe par les visites pastorales ou laïques, la création de lieux de paroles où l'on peut se réapproprier le monde ou encore apprendre à analyser les messages dont l'on est submergé. Avant de vouloir être présente sur Internet, l'Église doit rester fidèle à sa mission d'être porteuse d'une parole autre qui, parce qu'elle interpelle chacun, fait naître la parole de tous. Avant de surfer sur le web et de chercher à en faire un outil pour sa propagande , l'Église peut se préoccuper de ceux qui sont à coté du réseau et plus généralement de tous ceux qui sont à coté de l'évolution de notre société.
Développer toutes les possibilités de rencontres et de vie communautaire devrait être la première réaction d'une Église au sein de la société d'information, cela étant il lui appartient malgré tout de mêler sa voix au concert. Et là encore l'accent devrait être mis sur la correction du "faiblement rencontrant" : l'un des objectifs principaux d'un site ecclésial devrait justement être de favoriser la rencontre, même si elle n'est qu'électronique entre les internautes. Qu'il s'agisse de forums, de courriers ou de net-conférences, l'aspect circulation et échange d'idées et de pensées devrait être primordial. À une condition cependant : l'hétéronomie ou l'hétérodoxie.
À cette condition là, Internet peut changer fondamentalement
notre manière de faire de la théologie et même la pratique
pastorale. Trois éléments de réflexion à ce
propos : diversité, communauté, mouvement.
J'entend par hétéronomie également un autre aspect fondamental : la différence de niveau. Là où toute publication est forcément formatée pour un certain public, un site Internet donne la possibilité de varier les niveaux de lectures. Un bon exemple toujours dans le domaine suisse francophone est le site Île de Log (http://members.aol.com/IledeLog), site évangélique qui propose une accroche ludique, des approches plus rigoureuses et également des développements historiques et théologiques de bonne tenue. Différentes portes d'accès au site et à son contenu correspondent chacune à une disposition d'esprit particulière du visiteur. C'est ce dernier qui visiblement à été le critère déterminant de la conception du site ; l'on s'est d'abord préoccupé de l'autre et de ses attentes avant de s'attacher à soi et à son propre besoin de parler pour ne rien dire.
C'est le lecteur qui devient maître du jeu. Selon qu'il sera "surfeur" ou "chercheur", il doit pouvoir trouver ce qu'il cherche. D'autre part, la combinaison des différents moyens techniques permet de multiplier les approches. Photos, extraits musicaux, animations graphiques, autant d'informations qui s'adressent au lecteur dans sa globalité. Il n'est plus sollicité intellectuellement seulement mais aussi de manière sensible, ou affective.
La communauté ne correspond plus à un territoire mais
à des affinités. Celle ci ne se créent plus en raison
de l'attachement au nom du site mais à raison des connexions, des
relations qu'il propose.
Autrement dit ce n'est pas tant par rapport à la somme d'informations
que se crée la communauté mais bien plus à proportion
de la capacité du site à devenir un espace public, un lieu
de production commune de la pensée.
Dans ces conditions le statut du "pasteur" change profondément il n'est plus tant le berger, le guide spirituel ni même le prophète mais bien plutôt il devient "facilitateur" de parole, créateur de liens et de relations, organisateur du débat. Le site n'est pas un produit, il devient un lieu où des gens, la "communauté", passent du temps, nouent des relations, reviennent régulièrement, et bâtissent des projets.
Là encore l'hétéronomie ou hétérodoxie est fondamentale : il ne peut y avoir de véritable échange d'idées que si celles-ci sont différentes. Un site écclésial organisant un forum pour ses membres, dans le but de promouvoir ses idées propres, de donner ses réponses aux questions qu'il pose lui-même ne ferait qu'enfermer l'internaute dans une relation avec le même, en oubliant l'autre ou en dévalorisant l'autre, le différent.
Il devient également possible à tous de s'exprimer au moyen du réseau en créant son propre site, un aspect supplémentaire de cette réalité théologique toujours en train de se faire, au sens où la parole n'est plus simplement l'apanage des pasteurs ou théologiens mais appartient également à tous ceux qui pensent avoir quelque chose à dire.